Union africaine : L’Afrique centrale à hauteur du perchoir

Le 34e sommet de l’Union africaine a pris fin ce dimanche 6 février, après deux jours de réunions. Un sommet un peu particulier puisqu’il était en ligne, pandémie de Covid-19 oblige. Félix Tshisekedi, le dirigeant congolais assure pour un an la présidence
de l’UA. Et les chefs d’Etat sont revenus sur plusieurs dossiers importants du continent et de l’organisation. Notamment: la poursuite de la mise en place de la réforme, le Covid-19, la sécurité du continent et la culture. Les assises ont également été marquées par la réélection et le renouvellement des structures de l’Union. Parmi les personnalités y afférentes figurent ceux originaires de l’Afrique centrale à qui l’organisation continentale devra compter dans l’exercice de ces missions.

Parmi ceux-ci, l’on peut citer le Tchadien Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de l’Union Africaine (UA). L’ancien Premier ministre a été réélu par 51 des 55 Etats membres, pour un mandat de quatre ans. Il est secondé par Monique Nsanzabaganwa, la vice gouverneure de la Banque nationale du Rwanda. Selon des nouvelles règles de gouvernance, les deux personnes à la tête de la commission africaine doivent respecter le principe de parité. Dans ce dossier, une évaluation est également menée sur les projets portés par l’Union sous-mandat de Moussa Faki Mahamat au cours des cinq dernières années. Interrogé sur les enjeux et l’avenir de l’Union, le consultant et diplomate Pierre Mbida, par ailleurs ministre plénipotentiaire, sous-directeur de l’Union africaine au Minrex, a donné quelques éclairages. Dans La foulée, il revient aussi sur les forces ayant favorisé la réélection de certains personnalités et les résultats attendus au cours de leur mandat.

 

Parcours et profils des plénipotentiaires de la sous-région au sein de l’organisation continentale.

Moussa Faki Mahamat

1- Le Tchadien Moussa Faki Mahamat réélu à la tête de l’UA
Seul candidat à sa succession, le Tchadien Moussa Faki Mahamat a été réélu, samedi 6 février, pour un mandat de quatre ans à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA), au premier jour d’un sommet virtuel de l’organisation continentale. L’ex-premier ministre du Tchad (2003-2005) a reçu le soutien de cinquante et un des cinquante-cinq Etats membres, a détaillé sur Twitter sa porte-parole, Ebba Kalondo.

2- la Rwandaise Monique Nsanzabaganwa, Vice-Présidente de la Commission de l’UA

Dr. Monique Nsanzabaganwa a été élue ce samedi au poste de Vice-Président de la Commission de l’Union Africaine. Elle a totalisé 42 voix sur 54. Elle était Vice-Gouverneure de la Banque Nationale du Rwanda. Elle a occupé plusieurs postes dans son pays. Elle a notamment été Ministre du Commerce et de l’Industrie, Secrétaire d’État chargée de la Planification Économique, etc. Dr Nsanzabaganwa a fait sa carrière dans le secteur public, renseigne sa fiche de candidature. Elle est connue pour avoir développé et dirigé des programmes favorisant l’inclusion financière et la prospérité économique du Rwanda. Elle va seconder Moussa Faki Mahamat qui a été réélu au poste de président de la Commission de l’Union Africaine pour un nouveau mandat de 4 ans.

Félix Tshisékédi

3- Félix Tshisékédi prend les commandes de la présidence
S’adressant à une assemblée virtuelle de chefs d’État et de gouvernement lors de ce sommet de deux jours, le président Tshisékédi a déclaré que ses priorités seraient de s’attaquer à la pandémie de la COVID-19, d’accélérer la mise en place de la zone de libre-échange du continent africain (ZLECAf) et de favoriser la paix et la sécurité sur le continent. La lutte contre le changement climatique, l’accélération de l’intégration régionale, l’investissement dans le capital humain, la promotion de la culture africaine et l’autonomisation des femmes et des jeunes retiendront également son attention.

4- Josefa Sacko, confiance renouvelée
Madame Josefa Leonel Correia Sacko, est une ressortissante angolaise. Elle est une agronome de premier plan en Afrique. Elle a été réélue Commissaire chargée de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable. Auparavant, elle était conseillère spéciale auprès de deux ministres en Angola.

Au ministère de l’Agriculture, Mme Sacko a supervisé la sécurité alimentaire, l’éradication de la faim et la réduction de la pauvreté. L’ancienne Secrétaire générale de l’Organisation interafricaine du café (OIAC) pendant plus 10 ans en Côte d’Ivoire où elle a représenté l’économie du café auprès de 25 pays africains producteurs de café. Parmi les autres partenariats notables sur lesquels elle a travaillé figurent les communautés économiques régionales (RECS), à savoir la SADC, le COMESA, la CEDEAO et la CAE.

Les élections pour les postes de la Santé, Affaires humanitaires et Développement social; et l’éducation, la science, la technologie et l’innovation ont été reportées à la prochaine réunion du Conseil exécutif.

 

 

Moussa Faki Mahamat

Ouvrier d’hier et de demain

Le Tchadien a achevé quatre années de présidence de la Commission de l’Union africaine (CUA) durant lesquelles il a presque fait l’unanimité.

Moussa Faki Mahamat

En janvier 2017, il a fallu pas moins de sept tours de scrutin à Moussa Faki Mahamat pour accéder au poste de président de la Commission de l’UA. Quatre ans plus tard, seul sur un boulevard, il décroche un second mandat. Quel bilan des projets portés par ce diplomate depuis son entrée à l’Union ?

Parmi les missions assignées à ce diplomate lors de son élection, figurait la réforme institutionnelle de l’organisation panafricaine sous la présidence Paul Kagamé, président du Rwanda. Cette réforme visait à rendre l’UA moins bureaucratique et plus efficace dans sa gestion. Durant son premier mandat, des progrès ont été accomplis avec notamment la restructuration de la Commission, l’institution d’un Sommet de coordination en lieu et place de deux sommets par an, la répartition des tâches entre la Commission et les Communautés Economiques Régionales (CER), le financement de l’organisation et la mise en œuvre des réformes budgétaires. Au plan sécuritaire, l’Union africaine s’est impliquée dans la résolution de nombreuses crises en Somalie, au Soudan du Sud, en République centrafricaine et au Soudan etc.

Aussi, la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) en mars 2018 à Kigali (Rwanda), son lancement en juin 2019 à Niamey (Niger), la nomination de son Secrétaire Général et son installation à Accra (Ghana) en août 2020, représentent un point positif majeur dans le bilan de Moussa Faki Mahamat. A ces succès, s’ajoute le lancement en janvier 2018 du Marché unique de transport aérien africain (Mutaa), initiative dénommée «ciel ouvert de l’Afrique» qui concourt à la création d’un marché unique et unifié, grâce à la libéralisation de l’espace aérien du continent.

Toutefois, l’autonomie financière de l’organisation garantissant sa souveraineté politique risque de plomber certaines missions essentielles. «La plupart des États membres ne paient pas à temps», note un rapport publié en juillet 2018 lors du Sommet de Nouakchott (Mauritanie) et cela à «un impact négatif sur la mise en œuvre des programmes et l’exécution des budgets». Avec un champ d’action limité, la Commission de l’Union africaine a eu du mal à mettre en œuvre son programme «Faire taire les armes» en 2020. Si elle compte désormais apporter des «solutions africaines» aux conflits sur le continent, la CUA a été mise à l’écart par les puissances occidentales en Libye.

Landry Kamdem

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