Travaux publics au Cameroun : Un mémento pour la maturation des projets d’infrastructures

Le document de référence guide les organismes privés dans la conception et la réalisation des travaux sur le terrain.

Un guide pour des travaux publics bien maîtrisés

Un guide de maturation technique des projets d’infrastructures au Cameroun, voilà qui va désormais permettre d’avoir une bonne lisibilité et une maîtrise de la réalisation des travaux de construction d’ouvrages dans le pays. Présenté ce 11 juillet 2019 à Yaoundé, le document, conçu par la Direction générale des études techniques du ministère des Travaux publics (Mintp), s’inscrit dans la poursuite de l’amélioration des actions engagées. Il vise à proposer une check-list des normes et/ou indicateurs objectivement vérifiables de maturation d’un projet, selon la nature, en contexte camerounais, en vue de sa bonne réalisation et de l’exploitation optimale des investissements publics. À en croire Awoh Dang Denis, inspecteur général en charge des questions techniques au Mintp, «c’est davantage un instrument de travail didactique élaboré pour éclairer les intervenants du secteur des travaux publics».

Utilité
«Avec ce guide, ajoute Marie Louise Nga Messanga, chacun sait désormais son rôle dans ce processus. Pour l’étape de la préparation, il revient au maître d’œuvre de mettre à disposition les études prévisionnelles attestant de la rentabilité ou de la fonctionnalité probante du produit de l’investissement». En filigrane, le chef de la Cellule des pièces graphiques au Mintp parle de la vérification de la maturité des projets d’investissement public. «Elle s’opère au moyen de plusieurs outils: la déclaration d’utilité publique; l’attestation de disponibilité du site; le décret d’expropriation ou tout autre acte d’acquisition du terrain; le rapport des indemnisations; etc.», liste-t-elle.

Du non reluisant constat de l’augmentation du nombre des chantiers abandonnés, «des malfaçons dans la construction des édifices et des mauvaises performances liées à l’exploitabilité des projets, une analyse situationnelle plus poussée a permis d’élaborer ce document», explique Awoh Dang Denis.

Ce processus est inspiré du décret fixant les règles régissant le processus de maturation des projets d’investissement public signé le 21 juin 2018. Au sens de l’article 4 de ce décret, «le processus de maturation des projets d’investissement public doit être mis en œuvre de manière à couvrir tout le champ des anticipations et autres mesures préalables, dont la prise en compte est indispensable pour assurer le succès du projet».

Il est à rappeler qu’en 2010, année de début de la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire avait mis sur pied un guide de maturation des projets d’investissement public. Mais son efficacité a toujours été relative. En 2013 par exemple, seuls 35 % des 156 projets et programmes inscrits dans le budget d’investissement public étaient matures. 4906 milliards FCFA issus des emprunts extérieurs du Cameroun étaient oisifs dans les guichets des bailleurs de fonds en octobre 2017. Ce montant qui représente les soldes engagés non décaissés (Send’s) n’avait pas été transféré dans les comptes des projets parce que ceux-ci n’avaient pas atteint la phase de maturation.

Bobo Ousmanou

 

Axe routier Ngaoundéré – Garoua

Dans l’urgence d’une fin de calvaire

Pour la DGTI du Mintp, la mise en service de ce linéaire de 252 km résonne comme un impératif catégorique.

Sur le chantier de l’axe routier Ngaoundéré-Garoua

«Les travaux accusent un retard considérable par rapport aux délais prescrits dans le cahier de charges ».Il a fallu une descente de la DGTI sur le chantier d’entretien confortatif de la route Ngaoundéré-Garoua les 26 et 27 juin dernier pour l’établir. La même occasion a permis d’identifier les causes de ce revers. «Il y a le manque de matériel adéquat pour réaliser les travaux, la faible mobilisation du personnel sur le chantier, le manque de personnel qualifié et le retard dans le paiement des décomptes», explique-t-on au Mintp. Au final, il y a urgence, car «cette situation désagréable pénalise non seulement les usagers de la Nationale N° 1 qui passent près de cinq heures de route pour parcourir environ 215 kilomètres, mais également l’État, à travers le ministère des Travaux publics, qui souhaite voir ses projets se réaliser à temps».

État des lieux
Sur la foi du rapport de la visite mentionnée supra, il appert que des travaux sont nettement à la traîne. Toutefois, sur ce tracé, subdivisé en 3 lots, il y a des points qui suggèrent la satisfaction du Mintp. Celui-ci parle du premier (12 kilomètres entre Ngaoundéré, au lieudit Rond-point central Sonel-Dang) où le travail financé à hauteur de 3 904 202 585 FCFA s’exécute grâce à l’entreprise ESICO-BTP Cameroun. Ici, le taux d’avancement global des travaux à la fin du mois de juin 2019 est estimé à 50,59% avec une consommation de délais de 104,29%, pour un taux de paiement des décomptes de 60,53%. Un ordre de service valant constat de défaillance avait été notifié le 18 juin 2019, à travers la mairie de Ngaoundéré 3e, à l’entreprise.

Le lot 2, exécuté par l’entreprise Croisière BTP SARL, va de la Fin falaise (fin des travaux d’urgence) au pont Kéroua sur 38,5 kilomètres, et du pont Kéroua au pont Sala sur 81,50 kilomètres, pour un montant de 5 300 338 140 FCFA. Là, les travaux sont exécutés à 55,81% avec une consommation de délais de 102,50% et un taux de paiement des décomptes de 63,73%. La campagne de traitement des nids de poule se poursuit. Les réparations ont été faites sur 90 km de chaussée, soit 75% du linéaire total. Le dalot situé au point kilométrique 18+454 est au niveau du ferraillage des pieds droits. Un avenant pour l’exécution de 29% de travaux supplémentaires a été notifié à l’entreprise.

Le lot 3 va de Pont Sala jusqu’à la ville de Garoua, sur un linéaire de 120 kilomètres. Les travaux sont réalisés par l’entreprise SOTCOCOG Cameroun, pour un montant de 5 631 826 820 FCFA. Le taux d’exécution des travaux est estimé à 41,90%, avec une consommation des délais de 106,30% et un taux de paiement des décomptes 57,29%. Le traitement des nids de poule sur la chaussée se poursuit et 70 km de chaussée ont été traités, soit 60% du linéaire total. La réfection de la couche de base en 0/31,5 du poste de péage de Djéfatou est achevée et il ne reste qu’à poser les pavés.

Ongoung Zong Bella

Nationale N°7

Le satisfecit du Mintp

En visite sur le tronçon Edéa-Kribi le 25 juin dernier, Emmanuel Nganou Djoumessi a pu apprécier le déroulement des travaux en régie.

 

On dit « travaux en régie » pour parler de travaux effectués par les équipes de la Brigade nationale des travaux y afférents du Mintp. Sur l’axe routier Edea-Kribi (116,2 km), lesdits travaux consistent principalement à effectuer des réparations de la couche de roulement, dans le but de maintenir un niveau de circulation qui garantit à la fois sécurité et confort aux usagers. Concrètement, il s’agit principalement d’effectuer des réparations de la couche de roulement par bouchage des nids de poules, des ornières. On a également réparation des fissures à l’enrobée d’émulsion de bitume à 65%, contenu dans la minicentrale récemment acquise par le Mintp.

Issus à la fois du Mintp et du Parc national de Matériels de Génie civil, 14 personnels ont été formés et déployés sur le terrain pour cette opération. Cette formation portait sur l’utilisation de la minicentrale et à l’exécution de certains types de travaux. «Les avantages sont nombreux. Il y a l’urgence et le coût. Il est à relever que le Mintp se lance dans les travaux en régie, utilisant ses propres équipements, ses propres ressources humaines, mais il ne s’agit pas ici de se substituer aux entreprises. Il s’agit de faire juste le minimum des travaux qu’il faille faire en urgence avec les ressources humaines et logistiques du ministère. Le tout est de réussir aujourd’hui à s’autonomiser au moindre coût pour ces travaux d’urgence parce qu’il va falloir réaliser plus et bien plus avec peu», a déclaré le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, peu avant la remise des attestations aux personnels formés à l’utilisation de ces engins.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *