Travail domestique : Une régulation en vue

Une révision du statut a des bonnes, boys et autres nounous. C’est ce qu’a annoncé Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale (MINTSS), le 19 novembre dernier à Yaoundé.

Une attitude du MINTSS pendant les travaux

Selon une étude technique d’Horizon Femmes, malgré l’augmentation du nombre de travailleurs domestiques au Cameroun (65 416 en 2016 à plus de 120 000 en 2019), les conditions de travail de ceux-ci sont toujours précaires. À en croire la même étude, c’est le contrat verbal qui prime entre employeurs et employés; le temps de travail est fortement élevé (49 h/semaine); les salaires sont extrêmement bas (68,1% touchant moins du SMIG) et parfois inexistants dans 16% des cas, avec des travailleurs qui ont un salaire moyen de 26 597 FCFA. Comble de tout, constate Horizon Femmes, les travailleurs domestiques sont exclus du système de sécurité sociale tout en étant fréquemment victimes de violences et d’abus.

Ça va changer
Au terme de la 21e session de la Commission nationale consultative du travail tenue le 19 novembre 2019 à Yaoundé, l’on a appris qu’une révision du statut des bonnes et boys est sur la bonne voie. Un projet de décret allant dans ce sens est déjà élaboré, affirme-t-on au MINTSS. Grosso modo, le document (riche de 35 articles) prévoit la mise en adéquation du dispositif existant en matière d’emploi des travailleurs domestiques, avec l’évolution du cadre juridique du droit du travail au Cameroun. Là aussi, des innovations sont annoncées. Elles touchent principalement les conditions de travail (durée, heures supplémentaires, repos hebdomadaire, congé annuel, prime de pénibilité, protection du travailleur domestique contre les violences et le harcèlement en milieu de travail…), la classification professionnelle et les salaires.

Au-delà, les travaux de la 21e session de la Commission nationale consultative du travail ont laissé présager des ajustements sur le Code du travail camerounais. Sur le fond, a-t-on appris de sources autorisées au MINTSS, le tout porte sur la correction les difficultés constatées, tant dans la mise en application de certaines dispositions du Code actuel que de son adaptabilité avec les normes et les recommandations internationales du travail édictées par l’OIT et l’Ohada avant son examen au parlement. Au MINTSS, l’on réfléchit en termes d’innovations. Celles-ci portent notamment sur 6 leviers: les principes et droits fondamentaux au travail; la formation et l’orientation professionnelles; les personnes handicapées; la protection contre le VIH-SIDA, ainsi que les maladies graves et le harcèlement sexuel ou moral dans le double volet des principes à respecter et les sanctions en cas de violation.

Jean-René Meva’a Amougou

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