Travail décent : Mieux étoffer la notion en Afrique

Pour la décennie 2020-2030, l’OIT tient à Abidjan un conclave de haut niveau. Enjeu : remettre à plat quelques textes pour leur donner réellement un sens.

Outre le renforcement du poids de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le continent, la 14e réunion régionale africaine du Bureau international du travail (BIT) se propose du 3 au 6 décembre 2019 de réclamer que les normes édictées par les deux institutions soient obligatoires. À Abidjan (Côte d’Ivoire), les grandes lignes de l’agenda 2020-2030  constituent une référence substantielle au contenu du travail des experts conviés. En effet, explique François Murangira, les mandants tripartites (gouvernements, employeurs et travailleurs) sont dans la capitale ivoirienne pour bâtir « une nouvelle gouvernance en matière de travail décent ». Pour le Directeur du Bureau de pays de l’OIT pour le Cameroun, la Guinée Equatoriale et Sao Tomé-et-Principe, plusieurs thématiques pendantes sont sur la table. A Yaoundé, le 29 novembre 2019, au cours d’un atelier d’appropriation par les journalistes de l’ordre du jour des travaux d’Abidjan, le Rwandais constate que telle qu’elle avait été formulée à l’origine, ladite notion n’avait pas été correctement été assimilée par les États africains.

Les raisons expliquant le choix d’une telle approche sont évidentes.  Dans une société mondialisée caractérisée par l’extrême pluralisme des valeurs et les amples variations des opportunités économiques, la force normative des principes, ici ceux qui doivent s’appliquer à l’organisation du travail et à la conception de l’emploi, peut uniquement découler d’une référence à une vie bonne qui reste entièrement formelle et doit être spécifiée différemment dans des environnements différents. « Vu le contexte, il est urgent que les politiques publiques et les négociations tripartites  se basent sur un ensemble d’instruments légaux qui réduisent à la fois la possibilité des variations extrêmes du marché du travail, et qui garantissent que la relation de travail ne se réalise pas au détriment de l’employé dans le processus de négociation et dans la relation de travail elle-même », dit  François Murangira.

Sur cette base, dit-il, plusieurs choses méritent d’être étoffées à Abidjan. Il s’agit notamment de « la réglementation des heures de travail, comme la fixation d’une durée maximale de la journée et de la semaine de travail, la régulation du recrutement de la main-d’œuvre, la lutte contre le chômage, la garantie d’un salaire assurant des conditions d’existence convenables, la protection des travailleurs par rapport aux maladies générales ou professionnelles et les accidents du travail, la protection des enfants, des adolescents et des femmes, les pensions de vieillesse et d’invalidité, la défense des intérêts des travailleurs quand ils sont employés dans des pays étrangers, l’affirmation du principe “à travail égal, salaire égal”, l’affirmation du principe de la liberté syndicale, l’organisation d’une formation professionnelle et technique et d’autres mesures analogues ».

 Jean-René Meva’a Amougou

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