Tokna Sports : L’identité massa via le sport à Yaoundé

Pérenniser leurs valeurs culturelles matérielles et immatérielles, raffermir la cohésion sociale entre les peuples, tels sont des objectifs poursuivis par le mouvement Tokna Sports à travers ses activités sportives.

Le Cameroun est une Afrique en miniature. Ce n’est point un slogan creux, au regard de la mosaïque des cultures dont il regorge. Pas très connu du public, la communauté massa fait pourtant partie de l’une de ces richesses culturelles. C’est un peuple très dynamique et partagé entre deux pays, le Tchad et le Cameroun. Il vit sur les deux rives du Logone depuis des siècles. Pour des raisons de modernité, le vent d’urbanisation et la découverte, il ne vit pas dans son milieu naturel. Les mouvements migratoires, ont fragilisé le ciment culturel du peuple massa. Dans le souci de perpétuer ses valeurs culturelles matérielles et immatérielles est née l’association Tokna Massana. «La prise de conscience a conduit à la création d’un mouvement qui puisse rassembler les massa autour de leur culture. C’est ainsi qu’en 2003 est née l’association Tokna Massana, mais en réalité, c’est une association qui était destinée à rassembler les massa tous les deux ans autour d’un festival des arts et de la culture massa. La première édition a eu lieu à Yagoua en 2003, et tous les deux ans les massas se regroupaient soit au Tchad, soit au Cameroun pour célébrer leur culture», explique Jean Pierre Maktouandi Coordonnateur de Tokna Sports.

Selon le Coordonnateur, cette association présentait des failles et beaucoup de dysfonctionnements. Raison pour laquelle dès son arrivée en 2017 à la veille de l’édition 2019, il va proposer des solutions dans l’optique de redynamiser le mouvement. «Je suis arrivé dans un contexte difficile, parce qu’il y avait un véritable problème d’organisation. L’association est subdivisée en région et sous-région. On a la région du grand Sud au sein de laquelle se trouve la sous-région de Yaoundé. Les dysfonctionnements nous ont permis de mener des réflexions sur les voies et moyens pouvant permettre de redynamiser l’association. Après réflexion, on a relancé les activités, on a essayé d’équiper les groupes de danses, et à trois mois de l’édition de 2019, et ne sachant pas exactement ce qui devrait être fait nous avons eu l’idée originale d’organiser des levées de fonds, ça été une réussite, nous avons pu faire participer pour la première fois de manière structurée et organisée la sous-région de Yaoundé à l’édition du festival de 2019», fait savoir Jean Pierre Maktouandi.

Sortir de la monotonie
L’association Tokna Massana ne rassemblant ses enfants que tous les deux ans, ne contribuait pas efficacement à faire asseoir les bases culturelles. C’est pour sortir de cette monotonie que le mouvement sportif Tokna Sports voit le jour. «Nous avons trouvé que c’était assez monotone d’attendre deux ans pour aller au festival en se préparant juste par des petites animations culturelles, il fallait trouver quelque chose qui puisse donner plus de vie à la sous-région, d’où l’idée de Tokna Sports. L’originalité de cette idée est que nous voulons promouvoir la culture par le sport, mais également la cohésion», raconte le coordonnateur. Et le responsable d’ajouter : «Nous ne nous enfermons pas, il n’y a pas de repli identitaire, parce qu’au sein de notre mouvement, nous avons des frères camerounais qui viennent des autres aires culturels, mais le fond est que pendant l’activité sportive nous faisons promouvoir les variétés, les danses patrimoniales. Il ne s’agit pas uniquement des danses patrimoniales de chez nous, nous dansons également les rythmes d’ailleurs, on ne cherche pas à s’enfermer, nous sommes ouverts aux autres à partir du moment où nous formons un groupe hétéroclite. Nous avons les frères qui sont des moundang, on a des frères beti, il y a une dame qui pour venir chez nous on l’a baptisé Tapta Claire». Mais ce n’est pas tout, confie le coordonnateur qui fait dans la même veine savoir que Tokna Sports «a également une sœur mbamoise, on a Monsieur Bessala qui est un éton, notre beau-frère. Le mouvement s’inscrit dans une logique du vivre ensemble».

Olivier Mbessité

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