Ti-î Festival: Coup d’essai coup de maître

La culture centrafricaine en vitrine au Cameroun

La République centrafricaine (RCA) est une mine d’or au cœur de la sous-région Afrique centrale. Sur l’étendue de ses 622 984 km2, le pays regorge d’immenses richesses minières qui suscitent des convoitises et engendrent de multiples crises depuis des décennies. A cause des conflits armés, sa culture, chère à ses 4,8 millions d’habitants, est en voie de disparition. Pour la faire revivre, Idylle Mamba, finaliste du Prix découverte RFI 2014, organise régulièrement des rencontres culturelles entre musiciens modernes et traditionnels de son pays natal. La dernière initiative en date, c’est le Ti-î Festival tenu les 2 et 3 décembre 2017 au stade de Youpwe dans l’arrondissement de Douala 2e au Cameroun où vit la jeune femme depuis très longtemps. Au-delà de la promotion de la culture centrafricaine, le festival avait également pour but de rassembler tous les centrafricains autour d’un seul objectif : la paix.

La première édition du festival de promotion de la culture centrafricaine en terre camerounaise a drainé du beau monde en début de ce mois.

La première édition du festival de promotion de la culture centrafricaine en terre camerounaise a drainé du beau monde en début de ce mois.

Un après-midi ensoleillé au couleur du drapeau national. Ce samedi 2 décembre est un jour spécial pour les acteurs culturels centrafricains. Venus en majorité de la Centrafrique, ils sont là pour prendre part à la première édition du Ti-î Festival (notre festival) organisé par leur compatriote Idylle Mamba, finaliste du Prix découverte RFI 2014. Objectifs: contribuer à la réconciliation nationale dans leur pays et faire connaître les artistes musiciens centrafricains hors des frontières nationales.

Le mouvement est porté par Duké’Ziki, la structure de management de la chanteuse Idylle Mamba qui veut dire «laboratoire de la musique et de l’art». Elle est spécialisée dans la promotion, la création et le développement culturel. Le Ti-î Festival se veut ambassadeur itinérant de la culture centrafricaine sous toutes ses formes : musique, danse, humour, théâtre et jeux traditionnels centrafricains.

Satisfaction

Le sketch présenté par le groupe d’humoristes «Les perroquets de Bangui», les prestations du groupe de rock «Les pionniers» et plusieurs autres artistes ont animé durant deux jours la grande place du festival. Une ambiance qui a consolé le cœur meurtri d’Idylle: «Si j’ose vous dire que je fais de la musique pour raconter et partager mes émotions les plus folles, vous souriez peut être. Si j’essaie de vous expliquer que la seule manière de faire partir la haine, la souffrance intérieure et le racisme est la musique, vous serez scandalisés. Si j’ose vous dire que je suis simple, naturelle, vous douterez de moi. Alors, je suis tout simplement Idylle Mamba, je suis d’ici, de là, d’ailleurs et de partout à la fois».

Cette première expérience a reçu le soutien du gouvernement centrafricain, qui a envoyé une forte délégation de 42 membres. Celle-ci était accompagnée des médias nationaux. Le ballet national, qui ouvre le bal des prestations, sera suivi de plusieurs autres activités rappelant la belle époque. Le consul général de la RCA à Douala s’est fait représenter par Figama Christian, son attaché de sécurité. «Ça nous fait plaisir de voir ça ici au Cameroun. Après la célébration de la fête de l’indépendance qui s’est passée hier, je remercie le Cameroun par rapport au soutien. Vous êtes toujours là pour nous soutenir et c’est un plaisir pour nous», se réjouit le représentant du diplomate centrafricain.

Intégration

Journaliste Chef de bureau Douala

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