Taxer le numérique : Une si bonne idée?

En vue d’accroitre la pression fiscale, plusieurs pays africains taxent le numérique, freinant sa dynamique.

Le numérique a de belles perspectives en Afrique. Dans le domaine des fintech (financial technologies), les solutions numériques connaissent un boom sur le continent, révolutionnant les habitudes économiques. En juillet 2018, le magazine en ligne Jeune Afrique indiquait les données suivantes: en Afrique, on dénombre 104,5 millions de comptes de Mobile money en 2017 (+20,9 % par rapport à 2016) pour une valeur des transactions estimée à 5,3 milliards de dollars. 34 % du total des comptes se trouvait au sud du Sahara, et au total, on comptabilise 57 opérateurs de services. Dans les succursales bancaires et distributeurs automatiques, il y a eu 13 fois plus d’agents de services financiers mobiles actifs.

Au regard des retards que le numérique pourrait permettre à l’Afrique de franchir, l’économiste en chef de la Banque mondiale Albert Zeufack ne trouve pas constructif et stratégique de taxer le numérique. Il affirme que «la taxation du numérique est une question importante et nouvelle. Nous avons 3 ou 4 pays africains maintenant qui ont déjà commencé à taxer les transactions numériques.

Notre avis c’est que les pays africains sont dans une situation dans laquelle il faut accroitre la pression fiscale. L’aide au développement est en train de baisser et la dette devient de plus en plus chère. Il est donc important de lever les ressources en interne pour financer le développement. Mais il est important de distinguer les secteurs et activités à taxer. Il faut absolument éviter d’étouffer l’innovation en empêchant au numérique de jouer le rôle que nous lui vouons dans la croissance africaine dans le futur. Il y a d’autres poches de taxation dans les pays, et qui sont sous exploitées: le foncier, l’immobilier et l’exploitation des ressources naturelles. Il y a même l’équilibrage des incitations fiscales».

 

ZRM

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