Société civile : Patchwork rebelle… mais constructif avec Elecam

Dans les rangs, avis favorable est donné à la main tendue des pouvoirs publics. Mais l’ADN reste intact.

Jean Marc Bikoko

Elections Cameroon (Elecam) annonce une réunion d’information des observateurs sur l’état des préparatifs du double scrutin législatif et municipal. Selon le communiqué commis par l’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun, le conclave a lieu ce 5 février 2020 à Yaoundé. S’ils avouent leur satisfaction que cela intervienne à quelques jours du vote, les acteurs de la société civile espèrent contribuer à ce souci d’élaboration d’un cadre de travail pour une élection pacifique le 9 février prochain. Au moins, avise Jean Marc Bikoko, «cette arène doit être accessible à tous les citoyens et ouvertes à la délibération publique ; elle ne doit ni exclure ni avoir un fonctionnement secret». Selon le point focal de l’Ong internationale Dynamique citoyenne, «le plus important n’est pas de savoir si le concept est pertinent mais de comprendre quelles actions sont menées en son nom et comment elles sont conçues, mises en œuvre, et avec quels résultats».

De son côté, Bertin Kouma dit affûter l’agenda de l’Ong «Cameroun 2035» qu’il dirige dans la perspective du 9 février 2020. Il se montre davantage galvanisé à cause du fait que «de nouvelles figures du rapport entre l’État et la société civile ont fait leur apparition au Cameroun». De son point de vue, la préparation de cette échéance politique s’inscrit selon un schéma qui laisse entrevoir une logique de construction qui, procédant par tâtonnements, a évolué en une ces derniers mois, «d’une conception de l’État dirigiste et autoritaire à la disqualification de celui-ci au profit de la société civile».

Très vite, les relevés empiriques laissent transparaître l’ampleur des défis à relever : accès à l’information, libre expression, participation aux opérations de vote, liberté de réunion, protestation pacifique. En prélude au double scrutin législatif et municipal, Jean Marc Bikoko maintient que «ce sont là des espaces d’action de la société civile et qui sont des conditions indispensables à une politique de développement et de paix efficace et durable». Le syndicaliste sait par ailleurs que de fortes attentes ont été placées par les populations sur la société civile au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2018. Sur la base de ce cliché, Bertin Kouma se veut constructif : «pendant ces élections, nous, organisations de la société civile, souhaitons lancer un cri d’alarme pour défendre les valeurs qui nous animent et qui constituent le socle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Ces valeurs sont : la liberté de critiquer, de manifester, de penser autrement, de proposer des alternatives».

Ongoung Zong Bella

Photoshop

L’allié… peu discret des candidats

Sur leurs affiches, ils ont gommé leurs défauts pour se rendre toujours plus beaux.

 

«Montre-moi ton affiche, je te dirai qui tu es» «Qui dit nouvelle campagne dit guerre de communication et des images». Durant la campagne électorale qui s’achève cette semaine, les deux adages se sont encore appliqués. Cette année, l’on a vu les candidats et leurs équipes de se lâcher… Parfois un peu trop. Au lieu-dit Poste centrale à Yaoundé, on n’a jamais vraiment su si ces murs tapissés d’affiches électorales avaient une quelconque incidence dans le choix de chacun. Toujours étant, comme le disent les spécialistes: plus tu es vu, plus tu infuses dans l’esprit des gens. En tout cas, «la campagne électorale qui s’achève cette semaine aura montré les principaux candidats faisant preuve d’audace dans leur communication au grand public», analyse Brandon Etoundi.

Le stratège événementiel, chargé de décrypter pour Intégration le cru 2020 fait savoir que «les affiches de cette année sont le résultat d’un conséquent travail de retouches». Il ajoute : «Elles se ressemblent, se confondent toutes, abordant le visage retouché du candidat, le slogan générique et puis c’est tout». En fait, le grand ami des candidats dans la conception de leurs affiches a été Photoshop. Couleurs légèrement saturées, jeu «fabuleux» entre ombre et lumière, les jolies cravates bien mises, rides supprimées ou au contraire soulignées, mèche bien ordonnée et visage aminci, le logiciel a pu faire des miracles. «Ce n’est pas du tout du travail d’amateur, rétorque-t-on du côté d’un studio pro de la retouche photo à l’Avenue Kennedy à Yaoundé. On travaille souvent sur ce genre de photos et la conclusion ici c’est que ce travail n’est pas du tout grossier, au contraire il est très recherché, tout est très travaillé».

Pour tout comprendre, c’est le culte de l’image du candidat qui oriente le choix dans la création des affiches… et l’on en arrive au travers d’aujourd’hui où l’on s’affiche au lieu de communiquer. Petite excuse : «vouloir changer, moderniser, la politique et reconquérir les citoyens, passe aussi par l’image et la maîtrise des outils de communication. S’afficher comme il y a 20 ans, c’est assez contradictoire», démontre Brandon Etoundi.

OZB

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