Situation sociopolitique au Cameroun : Le temps de la diplomatie des phrases simples et revisitées

Autour de ce qui se passe au pays de Paul Biya, la France, la Russie et la Chine agitent des mots pour étaler leurs positions respectives.

S.E. Anatoliy Gennadrevitch Bashkine                                                                           S.E. Christophe Guilhou

Entre distanciation et détachement, élégance et neutralité, S.E. Anatoliy Gennadrevitch Bashkine a choisi une prose très lisse, au sortir de l’audience que lui a accordée Lejeune Mbella Mbella, le 4 mars dernier à Yaoundé. Face à la presse, l’on a reconnu, dans la déclaration de son ambassadeur, la position de la Russie par rapport aux «affaires du Cameroun».

S’agissant des crises sécuritaires qui secouent son pays d’accueil, le diplomate russe à Yaoundé a réaffirmé «la souveraineté et l’indivisibilité de l’État du Cameroun ainsi que le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un autre État». Dans une note officielle, S.E. Anatoliy Gennadrevitch Bashkine a félicité le gouvernement camerounais pour «les efforts dans le cadre de la recherche des solutions aux différentes crises sécuritaires auxquelles le pays est confronté».

De son côté, S.E. Christophe Guilhou a fait usage d’un discours sans complexe, le 5 mars 2020. Longuement reçu par le président Paul Biya au Palais de l’Unité, l’ambassadeur de France au Cameroun a indiqué qu’il est de bon ton que, dans la posture de bons amis qu’ils sont, le Cameroun et la France se disent «la vérité».

Bien avant, précisément le 15 mai 2019 à Yaoundé, S.E. Wang Ying Wu confiait à la presse que le Cameroun est capable de gérer ses problèmes internes. «Nous pensons que la communauté internationale doit respecter la souveraineté du Cameroun», avait alors déclaré l’ambassadeur de Chine au Cameroun.

Approches
Que dire après de tels énoncés? «Entre la Russie, la Chine et la France, la dynamique est expectative», répond Daniel Nkomba. L’internationaliste camerounais estime qu’après tout, c’est ainsi que les grandes puissances s’affrontent, «par des phrases simples ou revisitées, mais toujours par des phrases». «C’est leur instinct primal», appuie Claire Ngounang, une autre internationaliste camerounaise. De son point de vue, hors prise, ces pays mènent un combat.

«Sur le fond des événements qui se déroulent actuellement au Cameroun, il est difficile de ne pas se faire cette idée; ce d’autant plus que d’un côté comme de l’autre, chaque formule est considérée comme l’expression d’un credo politique des pays nostalgiques de la superpuissance, ou qui rêverait de la restaurer ou la consolider», ajuste l’universitaire.

 

Jean-René Meva’a Amougou

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