Les sélections africaines de football doivent se préparer au pire!

À un mois de la reprise de la campagne des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des nations 2022, quelle appréciation peut-on avoir de l’état physique des internationaux africains, mais surtout, quelle appréciation a-t-on du calendrier jusqu’à la Coupe du monde 2022 ?

sélections africaines de football

La survenue de la crise n’a pas que dysfonctionné les calendriers des compétitions en club. Toute l’infrastructure des sélections nationales est à revoir. Ce début de saison, les clubs ont connu une préparation peu optimale. Les staffs techniques ont misé sur des travaux spécifiques. Les confédérations, à l’instar de l’UEFA, ont en plus accompagné, en maintenant la dérogation spéciale des cinq changements en cours de match, permettant ainsi aux entraineurs de ménager les joueurs. Bien plus rares sont les équipes qui ont aligné le même onze plus de 2 fois, même si à ce niveau, on doit compter avec les infections et les calendriers de fin de saison dernière. Mais la logique est quasiment la même partout.

La nécessité d’une gestion spécifique et ciblée devra donc se poursuivre en équipe nationale. Pour les nations africaines, c’est un véritable challenge. Contrairement à l’Europe et aux Amériques, l’Afrique doit immédiatement entamer les qualifications à la Can 2022, afin de rattraper le calendrier. Bien plus, les éliminatoires de la Coupe du monde 2022 vont également démarrer dans les prochaines semaines.

La gestion physique des athlètes sera donc très importante dans les prochaines semaines, ce d’autant plus que les compétitions continentales en club débutent le mois prochain (la Champions League et l’Europa League en Europe notamment). Même situation pour l’Afrique. Le tour préliminaire de la Champions League africaine aura lieu du 20 au 22 novembre 2020 et les matchs retour du 27 au 29 du même mois.

Calendrier
Il faudra donc une continuité club-sélection dans la gestion physique des joueurs. Les fédérations africaines doivent pouvoir décrocher la collaboration franche de tous les clubs. Ceci à l’effet d’éviter que la préparation physique sur mesure de ce début de saison ne soit aspirée avant le mois de février, mois par essence où les clubs ont besoin que leurs athlètes soient au top de leur forme.

L’équation sera encore plus compliquée, car la campagne qui démarre risque déboucher sur une situation explosive. En 2022, les Africains devront disputer deux compétitions majeures: la Can et la Coupe du monde au Qatar. La pandémie a annulé les avancées de la CAF à ne plus disputer ces deux compétitions la même année. Pourtant, l’Afrique se mettra encore en conflit avec certains clubs pour libérer les joueurs africains afin qu’ils disputent la Can.

Le bras de fer risque de se reproduire. En 2022, la Coupe du monde, pour des raisons climatiques, se déroulera du 21 novembre au 18 décembre 2022. S’achemine-t-on vers un tournoi international dans lequel les compétiteurs africains arriveront avec des fatigues musculaires? Ou alors, les employeurs feront-ils encore plier les pays africains en brandissant l’argument de la rentabilisation de l’investissement que représente le joueur?

Un plaidoyer de la CAF envers ses consœurs continentales et la FIFA devrait sans délai s’engager pour anticiper cette situation. Affaire à suivre!

Rémy Biniou

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