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Sélections africaines: choix de cœur ou de raison pour les binationaux ?

Pendant l’Euro 2016, pas moins de 40 joueurs d’origine africaine ont compétitionné parmi les 24 pays représentés et qualifiés. Une «fuite des cerveaux» pour certains pays qui se voient donc privés de joueurs à fort potentiel.

La cyber empoignade entre le jeune goléador français Kylian Mbappe et Bénoit Assou Ekotto a mis au goût du jour le débat sur les choix occidentaux des binationaux africains. Désormais, il n’est pas aisé de rendre publique une telle décision pour les footballeurs d’origine africaine. Qu’il s’agisse d’une préférence occidentale ou d’une appartenance africaine, les footballeurs, professionnellement expatriés, démontrent de plus en plus leur intérêt pour les équipes fanions africaines.

L’équation est encore plus compliquée pour ceux des expatriés ayant déjà connu une expérience dans une sélection A occidentale. Dans un cas comme dans l’autre, ils arborent désormais le maillot national au Cameroun, à Madagascar, en RCA, en Côte d’Ivoire, au Nigéria… Assiste-t-on à la fin du bashing des sélections fanions africaines de football par les binationaux ? Nos équipes nationales sont-elles désormais mieux gérées ? Autant de questions qui émoustillent la curiosité de l’amateur de football face au phénomène.

Relancer une carrière
Dans le but de renforcer leurs équipes nationales, les fédérations africaines n’ont de cesse de se tourner vers les binationaux, ces joueurs possédant des origines sur le continent, qui ont grandi, ont été formés et qui ont eu une carrière internationale en Occident, mais qui, finalement, se retournent vers leurs terres natales, compte tenu de circonstances diverses. Si certains joueurs comme André Ayew ou Didier Drogba n’ont pas tellement hésité à porter les couleurs de leur pays d’origine, d’autres ont pris le temps d’y réfléchir.

Après une expérience mitigée en sélection étrangère et face à la concurrence d’une génération ayant toutes les faveurs, c’est le choix pragmatique qui s’impose à certains binationaux.

Ce pragmatisme leur permet d’entretenir une carrière internationale, indicateur indispensable pour être bien coté sur l’échiquier footballistique mondial. Cette carrière internationale offre également des challenges sportifs en même qu’elle procure la fierté de représenter son pays.

La raison !
Autrefois réservoir des sélections africaines, les binationaux sont un indicateur sérieux de l’attractivité, de la bonne gestion et de la qualité de jeu du football d’un pays. Ils peuvent également être l’arbre qui cache la forêt. Prenons l’hypothèse majeure, celle de l’appréciation positive. Avec des joueurs évoluant dans les meilleurs championnats en Occident, les sélections africaines attirent les sponsors et autres grands acteurs de la communication. Dans certaines sélections, les sponsors imposent l’arrivée de sélectionneurs et de joueurs d’une certaine tenue. C’est ce paradigme qui explique à la fois le choix des entraîneurs expatriés, la drague des joueurs binationaux…

Avoir la chance d’avoir une carrière internationale. C’est l’autre choix de la raison. Serge Aurier, Didier Drogba, Tameze, Assou Ekoto, Alexandre Song, Bakambu n’auraient peut-être jamais eu de chance d’être sélectionnés en équipe de France. Matip, Choupo et Boateng en Allemagne non plus.

Le cœur ou la raison ? À chacun sa formule pour aider le pays de ses racines!

Zacharie Roger Mbarga

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