Seedorf ne rate pas le coche

Après son échec, le Néerlandais s’est saisi du micro de la chaîne Canal 2 International pour se faire entendre.

C’est un véritable match de boxe médiatique! Au coin gauche du ring, Clarence Seedorf. A droite du ring, ceux qui traquent le moindre battement de cils de l’ancien milieu de terrain néerlandais. Au lendemain de l’élimination en 8e de finale de la Can 2019, le sélectionneur des Lions indomptables essuie une tempête de reproches. La dernière en date est consignée dans la Une du quotidien privé Mutations du 11 juillet dernier. «Clarence Seedorf, avis de recherche», brandit le journal. Deux jours plus tard, sur la chaîne de télévision privée camerounais Canal 2 International, le Néerlandais est venu répondre à ses détracteurs. Cette sortie a donné à voir une longue silhouette tonique, un sourire envahissant qui désamorce toute animosité, voire toute critique, dans un grand élan de bonne humeur. Affecté par l’échec des champions de Gabon 2017, d’autres coups sont assenés sur le crâne du coach des Lions indomptables. Pour ce dernier, pas question de laisser saigner les blessures, surtout qu’elles sont provoquées par quelques «aigris». Dans les rangs de ces derniers, l’on retrouve Petrus Boumal, recalé aux portes de l’expédition égyptienne.

Dans une interview accordée reprise sur le site SoFoot, le milieu de terrain fustige l’ingérence d’Eto’o qui pousse selon lui pour que ses proches soient sélectionnés, visant ouvertement Wilfried Kaptoum, le joueur du Betis: «Kaptoum, il ne joue pas à Séville, mais il est sélectionné parce que c’est le fils d’Eto’o. Même s’il ne joue pas, il est content d’être là, mais de toute façon, il ne peut pas revendiquer une place de titulaire». Avant d’ajouter qu’il n’était pas le seul à avoir cet avis sur l’ancien Barcelonais : «Oyongo, Anguissa, Fai Collins, eux aussi ils n’aiment pas Eto’o, ils ont bien compris qu’il fait trop de magouilles.» Clarence Seedorf en prend aussi pour son grade, le joueur affirmant d’une manière cinglante que «le coach est nul» , avant d’en remettre une couche sur son compatriote: «Tout ce qu’Eto’o touche, ça ne marche pas.»

Riposte
L’ancien cadre de la sélection néerlandaise encaisse avec douleur cette rancune. Utilisant à fond les caméras et les micros, il a répondu à son joueur dans un reportage diffusé dans le grand journal du soir de la télévision Canal 2 international le 9 juillet 2019. Il déplore l’attitude du joueur recalé au moment de sélectionner ceux qui devaient disputer la Can 2019. «Je peux comprendre la déception de certains recalés. Ils auraient dû réfléchir par deux fois avant de poser certains actes. Ce n’est pas moi la victime à la fin. Mais c’est le groupe. Et pourtant, depuis le stage à Madrid l’état d’esprit était magnifique. Jusqu’à Doha. Et malheureusement, on a un résultat décevant et les gens en profitent pour créer le doute et la discorde», regrette le technicien.

Clarence Seedorf espère que cet incident ne va pas plomber l’atmosphère au sein des Lions Indomptables. Il émet le vœu de voir les joueurs «rester unis et protéger ce qui a été fait jusqu’alors, ce qui a été bâti». Un nouvel état d’esprit, un esprit d’équipe, une sérénité qu’il revendique. «A mon arrivée, c’est exactement le contraire que j’ai trouvé : des problèmes de brassard, des crises d’égo et autres», rappelle-t-il pour illustrer le changement apporté dans le vestiaire des Lions indomptables du Cameroun.

«On a dû tout remettre à zéro en montrant à chaque joueur qu’il était important, en utilisant presque tout l’effectif pendant les différents matches malgré l’enjeu», ajoute-t-il avant de conclure par ces mots à l’endroit de Petrus Boumal: «c’est évident que depuis mon arrivée j’ai montré que je suis libre dans mes choix. Si c’est vrai qu’un joueur a fait des voices messages, c’est juste une preuve d’immaturité pour lui et son entourage».

Ongoung Zong Bella

 

Pape Diouf: «le football africain s’est appauvri dramatiquement»

Dans une tribune publiée sur le site internet du journal français Le Monde, l’ancien président de l’Olympique de Marseille (2005-2009) estime que «le côté chatoyant et spectaculaire du jeu a disparu», notamment à cause de l’arrivée de nombreux entraîneurs étrangers.

Les résultats de cette 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) sont étonnants et contradictoires. Faut-il les attribuer, comme beaucoup le font, à un «progrès d’ensemble» du football africain et à l’émergence des «petits», comme Madagascar et le Bénin, qualifiés pour les quarts de finale ? Ce serait oublier qu’en même temps, le jeu d’attaque et d’entreprise a cruellement fait défaut aux nations majeures du continent.

Jusqu’ici –l’Algérie peut-être mise à part–, on a vu se généraliser des tactiques très convenues, reposant avant tout sur des défenses renforcées. Ce procédé a contribué à mettre en relief le nivellement par le bas des valeurs, qui caractérise aujourd’hui le football africain. Celui-ci s’est appauvri dramatiquement et le côté chatoyant et spectaculaire du jeu a disparu. Les attaquants, s’ils existent encore, usent d’expédients plutôt que de créativité pour exploiter la moindre erreur commise par les défenses adverses.

La déconfiture des grandes nations et, généralement, leurs piètres prestations ont eu pour effet de mettre le paradis à la portée de tous. Mais elles ont aussi largement participé à installer l’ennui. Sur les stades égyptiens n’ont pas jailli la lumière et les fulgurances, caractéristiques du football africain.

Applaudir les « petits »
L’importation massive des procédés qui ont cours hors des frontières africaines n’est pas étrangère à ce déplorable état de fait. Les nombreux entraîneurs et techniciens engagés souvent à prix d’or et venus des pays «majeurs» d’autres continents ont inculqué aux joueurs la religion du résultat à tout prix, quitte à annihiler leurs qualités naturelles. Ils font école.
Pour s’en convaincre, Il suffit d’écouter les commentaires lénifiants d’après match. On célèbre immanquablement, non pas le but inscrit, mais celui qu’on n’a pas pris, non pas le panache de l’équipe, mais l’abnégation et la solidarité de tous. C’est la pente regrettable et sinueuse que prend le football continental. Du reste, ce n’est pas un hasard si aucun des cinq représentants de l’Afrique n’a dépassé le premier tour lors du dernier Mondial 2018 en Russie.

Les dirigeants et responsables sont évidemment fautifs. Que ce soit au niveau des associations ou de la Confédération africaine de football (CAF), seuls comptent les intérêts particuliers des uns et des autres. La VAR (assistance vidéo à l’arbitrage), nouveau gadget adopté par la CAF, fera partie du jeu à compter des quarts de finale programmés pour ce mercredi. Ce n’est pas avec elle q ue la compétition va s’illuminer et permettre au football d’Afrique de reprendre du souffle. Seul un retour aux vertus locales serait source de progrès. En attendant, contentons-nous d’applaudir les «petits».

 

Source : lemonde.fr

Autre choc…

L’élimination de la Guinée Bissau en 8e de finale à la Can 2019 irrite toujours le premier responsable de la Fédération (Féguifoot) Mamadou Antonio Souaré. Malgré des déclarations jugées diffamatoires par le sélectionneur Paul Put, il a envie de continuer l’aventure avec le Syli national.

Entamée depuis la Can 2019, la guerre de communication continue entre Antonio Souaré et Paul Put. Quelques jours après la cuisante défaite face à l’Algérie, le président de la Féguifoot a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a dénoncé certains faits.

«Il parait, je ne peux confirmer que ses membres du staff ont racketté sur les primes de match. Il y a des gens qui sont prêts à témoigner auxquels il a dit que si ces gens ne paient pas ici à Conakry, qu’ils payeront en Belgique. C’est une menace très grave, si cela s’est avéré, il ne pourra jamais plus entraîner dans sa vie», a-t-il laissé entendre.

Une véritable hécatombe et le sélectionneur est sévèrement critiqué. Réponse du berger à la bergère, Paul Put réponds à travers un courrier adressé à la presse locale. «Beaucoup de mensonges circulent sur moi pour me salir. Je tiens vigoureusement à démentir ces mensonges honteux. Du début de ma carrière d’entraîneur à aujourd’hui, je n’ai jamais, au grand jamais, touché un centime avec mes joueurs. Je n’ai jamais racketté ni un joueur, ni un membre de mon staff. D’ailleurs, j’ai reçu plusieurs messages de soutien de mon staff et de mes joueurs. Tout ceci est fait pour nuire à mon image, pour me pousser à bout», a-t-il écrit.

Malgré cette rocambolesque affaire, Paul Put est décidé à poursuivre à la tête de la sélection guinéenne. «On est en train de construire une équipe. L’objectif était de qualifier, on est qualifiés après avoir passé le premier tour. On va continuer à travailler. Parque le travail n’est pas encore fini. On va encore améliorer des choses pour construire une équipe», a-t-il conclu.

Ongoung Zong Bella

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