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Sécurité dans le secteur des transports : les «benskineurs» s’arriment aux injonctions du Minat

En dépit des délais courts de trente jours, les conducteurs des engins à deux roues se ruent dans les communes d’arrondissement pour obtenir les pièces exigées par le ministre de l’Administration territoriale (Minat).

Pas d’affrontement en vue entre le Minat et les mototaxis

Réputés grincheux et irrespectueux, les benskineurs semblent avoir inventé une manière de se conformer à la loi. À la mairie de Yaoundé II (Tsinga), l’on observe un fort engouement des mototaxis. Ils se bousculent pour se faire recenser. «La semaine prochaine, dès mardi, on va lancer la formation pour l’obtention du permis de conduire qui coûte 30.000 FCFA. Pour l’instant, c’est le recensement. La carte grise coûte 20.000 FCFA et on les identifie à 7500 FCFA. Après cette phase, lors des formations, ils devront se munir de la somme de 3000 franc CFA. Un partenaire viendra de Douala pour la formation», précise Oumarou Mbappa, président des mototaxis à la mairie de Yaoundé II.

Ruée
Ce 4 octobre 2023, l’on observe la mobilisation des syndicats et associations. «Le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé II a fait appel à tous les présidents des syndicats et associations des motos taximen pour rendre effective la décision du Minat. Question de lancer le processus d’enrôlement ou d’identification des conducteurs de motos pour que tout le monde soit à jour», fait savoir Samuel Wanga, président du syndicat national des conducteurs professionnels de bus et des camions du Cameroun. Pour les retardataires, une semaine leur est accordée pour le recensement. Passé ce délai, «nous allons passer à la phase de la répression», martèle-t-il.

Plaintes
Selon David Etoundi, le processus d’identification des mototaxis relève de la compétence des communes. Et jusqu’ici, tout se passe bien puisqu’il porte le gilet communal et la plaque communale. Quant à la formation pour l’obtention du permis de conduire, il trouve que le temps est court. «On ne peut avoir un permis de conduire en 30 jours», affirme le moto-taximan, très remonté. Il exhorte le Minat à laisser les mairies de chaque arrondissement «continuer d’encadrer le secteur des mototaxis et le suivi des syndicats qui les accompagnent dans cette sensibilisation», poursuit-il. Une position balayée du revers de la main par Samuel Wanga, président qui estime que «le délai n’est jamais court puisque c’est la troisième sortie du Minat sur le sujet. Il accorde du temps et va parfois jusqu’à le renouveler. La phase de la sensibilisation est terminée, c’est la phase de la répression», tranche-t-il.
Un avis partagé par Patrice Samen, président des syndicats des chauffeurs professionnels du Cameroun. Il va même plus loin. «Ceux qui disent que les délais sont courts sont de mauvaise foi, puisque ça fait plus de dix ans que les autorités rappellent aux uns et aux autres de se faire identifier. Avec la tolérance administrative, beaucoup sont restés hors-la-loi», regrette-il.

L’épée de Damoclès plane sur la tête des conducteurs de mototaxis de Yaoundé. Après la sortie musclée du ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, le 26 septembre dernier. Sur un ton ferme, il rappelle lors du point de presse de circonstance que «le maintien de l’ordre, il faut le bien le comprendre, c’est le moulinex et les malfaiteurs pour nous ce sont les condiments. Lorsqu’on met les arachides, le djansang, l’ail dans le moulinex, c’est la patte qui en sort, il faut bien le retenir».

En effet, pour rester dans le contexte, le Minat exige des conducteurs de motos de se faire identifier pour endiguer l’insécurité galopante dans le secteur des transports. Avec le même ton injonctif, il demande à chacun une carte nationale d’identité, le permis de conduire, la carte grise et la plaque d’immatriculation Cemac.

Olivier Mbessité

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