Risque d’essoufflement du 2ème poumon de la planète : des millions d’Africains menacés de pauvreté climatique

Le Rapport national de la Banque mondiale sur le climat et le développement, publié ce 4 novembre 2022, mis en lumière cette réalité au Cameroun. Les dommages se révèlent à l’échelle de l’ensemble du Bassin du Congo.

 

Il existe un péril climatique réel pour des millions d’habitants du Bassin du Congo. Celui-ci «abrite 70% des forêts du continent, représentant le plus important puits de carbone au monde, puisqu’on estime que ses forêts stockent entre 25 et 30 milliards de tonnes de carbone». Le poumon de l’Afrique est également aux dires d’Ousmane Diagana, « l’un des principaux foyers de biodiversité sur la planète ». Pourtant, « il s’épuise rapidement », déplore le vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’ouest et du centre. Le haut responsable international l’a fait savoir dans une publication intitulée « Loin de la théorie, le changement climatique est déjà une réalité accablante en Afrique ». Son constat est en totalité repris et corroboré par la représentation de l’institution de Bretton Woods à Yaoundé. Elle indique « des pertes d’1,

Le « Nouveau Rapport national sur le climat et le développement » donne encore plus d’indications en termes d’ampleur et d’impact dans notre pays. Le document est public depuis le 4 novembre dernier à la diligence de la Banque mondiale. Pile au moment où doit se tenir du 6 au 18 novembre prochain à Charm El-Cheikh en Égypte, la 27ème Conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques (Cop 27). Le plaidoyer à ces assises des six pays du Bassin du Congo s’en sort ainsi renforcé. Car c’est la planète toute entière qui est menacée, du fait d’un péril de grande ampleur annoncée sur son deuxième poumon vert.

Cameroun
La réalité climatique au Cameroun donne une idée assez précise de la dimension du problème posé par le dérèglement du temps dans le Bassin du Congo. À en croire Abdoulaye Seck, « 1,3 millions de personnes de plus pourraient basculer dans la pauvreté ». Le pire ici est que « les premières victimes sont les populations les plus vulnérables, car leurs moyens de subsistance et leurs foyers sont gravement affectés », explique le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun. L’autre réalité préoccupante est que «la pauvreté climatique est appelée à augmenter, en particulier dans les zones rurales et dans les régions de l’Ouest et du Nord», apprend-on.

Grâce à l’institution bancaire mondiale, on sait aussi que 2 millions de personnes vivent déjà dans des zones touchées par la sécheresse. À l’Extrême-Nord notamment où «l’insécurité alimentaire touche environ 16% de la population», croit savoir la Banque mondiale. Elle annonce en plus « un déclin de 13 % d’ici à 2050, du secteur agricole qui sera le secteur le plus durablement impacté ». Et toujours au tableau des récriminations à sensible au cours de la Cop 27 à Charm El-Cheikh, l’institution internationale anticipe pour les prochaines années «des dommages causés par des inondations de l’ordre de 800 millions de dollars chaque année». Si rien n’est fait, «l’économie du pays pourrait perdre 10% de son PIB d’ici 2050», mentionne le communiqué de presse. Des arguments que les plénipotentiaires du Cameroun ne manqueront pas de mettre en avant.

Congo et Gabon
Le Congo est justement considéré comme un puits de carbone important. «Il absorbe 1,5% des émissions mondiales annuelles de CO2 et il est classé 169ème sur 182 pays pour ce qui est de sa vulnérabilité et de son niveau de préparation et d’adaptation aux changements climatiques». La Banque mondiale affirme aussi qu’« en 2019 et 2020, plus de 370 000 Congolais ont été touchés par les inondations ».

Quant au Gabon, l’institution de Bretton Woods relève surtout « que plus de 60% des forêts font l’objet de concessions d’exploitation ». Quand on sait par ailleurs que «le couvert forestier gabonais représente 88% de la superficie du pays», il y a tout lieu de s’inquiéter. En partie pour la population d’éléphants d’Afrique désormais désignée comme « une espèce en danger critique », précise encore la Banque mondiale. Sans être exhaustif.

 

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