DOSSIERPANORAMA

Revue et perspectives de la presse nationale

De concert avec le monde, le Cameroun a abrité la 31e édition de la journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai dernier. Des personnalités et des organismes en ont profité pour évaluer la santé de la presse au Cameroun et les conditions de travail des travailleurs de ce secteur. La synthèse des discours du ministre de la communication et du REPAC.

La 3 mai dernier était l’occasion de dresser une esquisse  de bilan de la presse nationale abordant ainsi les questions d’éthique et de déontologie  de la presse, ses avancées, ses malheurs, l’écart disproportionnel existant entre la définition de la liberté de la presse  et son application au quotidien et la recrudescence des maux jamais traités, 31 ans plus tard. Le thème « journalisme sous le prisme du numérique » se conjugue pleinement au contexte de digitalisation des métiers. Cas du journalisme.  La déclaration du réseau des patrons de presse du Cameroun (REPAC) présente l’état de la presse nationale, qui selon lui «s’est davantage dégradé ». Dégradation qui se justifie par les questions de financement public qui chutent au fil des temps, l’accès à la commande publique et au paiement des prestations et les problèmes de diffusion. Par ailleurs, leur déclaration pointe du doigt les menaces qu’encourent les acteurs des médias dans l’exercice de leur métier : «La recrudescence de la violence des «Forces de maintien de l’ordre» et quelques fois la «justice» sur les pratiquants du métier, quelques fois poussées par les puissances politiques et financières, participent à ternir l’image de marque du Cameroun».

Réné Emmanuel Sadi, le ministre de la communication a aussi fait mention de l’état de la presse nationale. Selon lui, l’occasion est choisie en faveur des femmes et des hommes de médias «de marquer un temps d’arrêt, pour mener des réflexions autour de la pratique responsable du journalisme d’une manière générale, et singulièrement, de leurs conditions de travail». Ensuite, a-t-il songé (Hum) présenter l’apport du numérique dans la pratique du métier et ses aléas sur le traitement, la diffusion et l’interprétation des informations par les canaux numériques et les défis naissants. Le ministre de la communication révèle le cachet politique, celle  du président Paul Biya «qui a institué à la fois la liberté d’entreprendre et la liberté de publier», attributs de la démocratisation de la presse au Cameroun. Réné Emmanuel Sadi  approuve la pratique du métier du journalisme au Cameroun qui s’appuie sur le respect des vertus de cette liberté tant des entreprises que des acteurs eux-mêmes. «Les femmes et hommes de médias au Cameroun, exercent leur métier au quotidien en toute liberté en toute indépendance» dit-il.

On ne saurait faire mention des mérites sans évoquer les dysfonctionnements observés au cours des derniers temps. Notamment, «la récurrence des cas de diffamation, d’injures et d’autres atteintes injustifiées à l’honneur et à la dignité (…) la montée en puissance des discours de haine, d’incitation à la violence et d’hostilité contre la patrie» a-t-il énuméré. En outre, peut-on retrouver les atteintes à la vie privée et aux bonnes mœurs, les appels à l’insurrection populaire et à la sédition. Des actes qui portent à tort «la profession, aux droits de la personne humaine et à l’image du Cameroun à travers le monde  propagées au moyen des réseaux sociaux». Réné Emmanuel Sadi ne semble pas apprécier la question économique de la presse qu’il qualifie de précaire (Madame, qu’est ce qui est précaire ????). Néanmoins, il assure apporter une évolution durable des équilibres d’exploitation des entreprises médiatiques nationales. S’agissant de la thématique de cette édition, il invite les médias classiques à conjuguer avec les innovations du numérique mais aussi à considérer une éducation des médias à la citoyenneté et à la maîtrise des risques de celle-ci.

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Presvualie Ngo Nwaha (Stagiaire)

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