Révolution numérique : YooMee ouvre un autre horizon à l’éducation

Dans son rêve d’un Cameroun plus investi dans le digital, l’entreprise a présenté la « salle de classe numérique » le 20 juin 2019 à Yaoundé.

Le directeur général de Yoomee présentant la salle de classe numérique à Yaoundé

La «salle de classe numérique» ! Sophistiqué, extravagant ou onirique ? En tout cas, on est bien loin des tréteaux éducatifs d’autrefois. Plus que jamais, entre apprenants et enseignants, le numérique joue sa partie. A Yaoundé ce 20 juin 2019, Yoomee a invité du beau monde à découvrir «la salle de classe du futur». En quelques clics, l’enseignant tient sa place au centre exact de l’acte d’enseignement en lui permettant de prendre en compte, au plus juste, la singularité de chacune des intelligences qui lui est confiée. En quelques clics aussi, il tient son pouvoir et la justesse de ses choix en même temps qu’il gagne en inventivité pédagogique.

Face à lui, des élèves. Parce que l’affaire est construite autour des dispositifs utilisant les formidables capacités du numérique (tablettes, écran géant, contenus multimédia, conversion des PDF en fichier Flash, téléchargement, un accès au haut débit), ils apprennent plus facilement l’autonomie, le travail de groupe et gagnent énormément en calme et en concentration. L’ambiance est frappante : élèves dédoublant d’activité, avec, d’un côté, une activité réelle d’apprentissage, et, de l’autre, une activité écran plus ajustée aux exigences scolaires.

Nouvelles exigences
Pour Jules César Lengue, «l’idée défendue ici est que c’est une meilleure connaissance des nouvelles opportunités offertes par les nouveaux médias». Pour faire valider cette idée, le directeur général de Yoomee estime que «la nouvelle société numérique impose aux structures scolaires et universitaires d’opérer des mutations structurelles pour répondre aux nouvelles exigences économiques et sociales des pays émergents et en voie de développement comme le Cameroun». Alors, avise-t-il, «il devient indispensable d’imaginer de nouveaux modèles d’apprentissage, en rupture avec les anciens modèles de formation qui ne seront plus à même de répondre à la demande».

Du neuf avec du vieux
Face à la presse, Jules César Lengue souligne la continuité qui existe entre les outils numériques et d’autres outils, tels que la lecture et l’écriture, dont il ne fait pas doute qu’ils sont de puissants leviers pédagogiques. En clair, «la salle de classe numérique» concentre, développe des outils déjà existants, et en invente d’autres, prenant ainsi sa place dans la nouvelle approche promue par les pouvoirs publics. Pour reprendre la formulation du patron de Yoomee, «la salle de classe numérique est juste un environnement technique comportant en lui des savoirs hérités qui, en étant amplifiés, permettent à d’autres savoirs de se créer».

Observations
A l’assistance de poser de nombreuses questions. Educateurs et parents procèdent l’analyse du dispositif. Leurs attentes font apparaître des besoins transversaux : le besoin de renforcement des infrastructures techniques dans les établissements (wifi, salles informatiques), partenariats avec les collectivités locales et le renforcement des compétences des utilisateurs. Dans les observations des uns et des autres, le défi technique est placé dans l’indexation et l’identification des programmes pertinents, combinant moteur de recherche, intelligence artificielle et recherche.

A tout cela, Mazouzi Oualid répond : «L’effet principal des technologies, dans le tandem enseignement-apprentissage, se manifeste dans des environnements pédagogiques nouveaux, plus proches de la manière dont l’individu apprend. La technologie permet d’apprendre avec les autres, d’inter-apprendre et donc de multiplier les approches : individuelle, mutualiste ou collaborative. Ce n’est pas la technologie elle-même, mais l’application de la technologie, qui a le potentiel d’affecter l’apprentissage».

Dans une explication plus élaborée, le représentant de du Marocain DBM (partenaire de Yoomee) formalise le contexte de l’innovation proposée. Il s’attarde notamment sur les construits théoriques et techniques de l’offre présentée. «Le temps humain n’a cessé de se transformer : les vies s’allongent, les études aussi, le temps de travail se resserre, les possibilités d’activité n’ont jamais été si nombreuses, et notamment les activités éducatives», dit-il. Dans cette tendance, une chose devient difficile : la facilitation de l’apprentissage. La perspective proposée par Yoomee s’inscrit clairement sur un ensemble porté par l’extraordinaire potentialité communicationnelle du numérique. En toile de fond, une idée fermement défendue: «le digital peut instituer en même temps un nouveau savoir et un nouveau rapport au savoir».

Jean René Meva’a Amougou

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