INTÉGRATION RÉGIONALEMAIN COURANTE

Revalorisation des prévisions de croissance en zone Cemac

«S’agissant de 2018, les prévisions de croissance ont été révisées à la hausse +2,5% (contre une prévision initiale de +1,9)». Telle est la teneur du communique final du conseil d’administration de la Beac tenu le 4 juillet 2018, à Yaoundé. Cette projection est réaffirmée ce 25 juillet 2018 par son Comité de politique monétaire (CPM). Tenu à N’djamena au Tchad, le CPM prédit que d’un taux nul en 2017, la croissance devrait se situer à 2,5% cette année.

La banque centrale projette par ailleurs un taux d’inflation de 1,6% contre 0,9% un an plutôt; une réduction du solde budgétaire (hors dons) à 0,3% du PIB contre 4% en 2017 tandis que celui du compte courant (hors dons) se creuserait à 4,8% du PIB, contre 4,3% l’année dernière et une augmentation du taux de couverture extérieure de la monnaie à 60,7% contre 57,5% en 2017.

Le conseil d’administration de la Beac fait le pari d’une «reprise de l’activité économique mondiale», marquée notamment par «une augmentation relative des cours des principaux produits de base exportés par les pays de la Cemac», à laquelle il faut ajouter la hausse de la production pétrolière dans les pays de la Cemac.

Piège
Les supports de cette certitude sont: l’augmentation des ressources publiques attendues issue de l’embellie de la production pétrolière ; la reprise éventuelle de l’investissement public du fait de la disponibilité des nouvelles ressources provenant du frémissement positif du pétrole sur le marché international, l’aboutissement des réformes mises en œuvre par les Etats en vue d’assainir leurs fichiers soldes.

La «budgétisation» de ces ressources non encore perçues démontre bien de la tentation des Etats à sombrer à nouveau dans un nouveau cycle de dépendance au pétrole. Pour l’expert financier Roger Ngaya, «les économies de la Cemac resteront encore dépendantes de la manne pétrolière». «Le pétrole représente 70% des exportations de la Cemac et plus d’un tiers des recettes budgétaires. Il est clair que les résultats macroéconomiques actuels en sont l’émanation», estime-t-il.

Zacharie Roger Mbarga

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