Rentrée scolaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest: l’immonde parfait

Face à la montée inquiétante de la déscolarisation dans les deux régions, les autorités s’activent à la détection et à la fermeture des établissements parallèles créés par des séparatistes.

Il y a ceux qui attendent ce jour de rentrée avec impatience et ceux qui auraient bien poursuivi leurs vacances. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’ambiance est tantôt à l’excitation, tantôt à l’inquiétude. Excitation d’abord. Selon les autorités locales, cette rentrée ne se ferait pas dans des conditions optimales, mais dans des conditions convenables. Elles sont d’autant plus convenables que, dans une sortie sur les ondes de la CRTV-Radio le 2 septembre 2022, Laurent Serge Etoundi Ngoa a annoncé la mort des «écoles communautaires mises sur pied par les sécessionnistes». «Le phénomène a été pratiquement éradiqué», a assuré le ministre de l’Éducation de base (Minedub).

Si l’on s’en tient aux chiffres énoncés le 8 juillet 2022 par Balungeli Confiance Ebune (lors de la 4e session du comité de pilotage du Plan présidentiel de reconstruction et du développement des régions du Nord-Ouedt et du Sud-Ouest), «près de 20 centres et 30 écoles et réhabilitées accueillant plus de 7 000 élèves». En effet, d’après le ministre, directeur de cabinet du Premier ministre, «la rentrée 2022/2023 peut s’envisager avec sérénité».

Et puis, il y a de l’inquiétude. Dans un reportage diffusé par Deutsche Welle (DW) le 3 septembre dernier, Tumenta Kennedy, membre de la société civile dans le Nord-Ouest du pays, rappelle qu’ «il y a eu une réunion de sécurité durant laquelle il a été décidé que les forces de l’ordre devaient être déployées pour sécuriser les écoles publiques et privées». La DW signale même que la rentrée scolaire est marquée par l’incendie de plus de 200 écoles et de menaces proférées contre des enseignants. «Ces attaques sont inacceptables», a déclaré dans un communiqué Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, «Les écoles sont des lieux d’apprentissage où les enfants doivent se sentir en sécurité et protégés». Toujours selon l’organisation de protection de l’enfance, il y a eu 35 attaques d’écoles dans cette région instable en 2019, 17 en 2020.

Jean René Meva’a Amougou

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