Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : Les trois ans de crise sous le scalpel de l’ONU

D’après l’organisation planétaire, ce qui se passe dans la partie anglophone du Cameroun reste toujours préoccupant.

La crise anglophone à ses débuts.

Le 12 juin dernier, François Louncény Fall a rendu le 18e rapport sur «la situation en Afrique centrale et les activités du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale». Devant le Conseil de sécurité, le représentaient spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies en Afrique centrale s’est étendu sur la partie anglophone du Cameroun. «Les conditions de sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun ont continué de se détériorer, selon les informations faisant état d’attaques lancées contre des civils, notamment des exécutions extrajudiciaires, tortures, arrestations arbitraires, destructions de biens, représailles, enlèvements, viols et autres formes de violence sexuelle, touchant de manière disproportionnée les femmes et les enfants», a résumé le patron du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (Unoca).

Dans sa présentation, François Louncény Fall a déploré «la persistance des déplacements forcés, des violations des droits humains et des atteintes à ces droits, ainsi que des attaques contre le personnel humanitaire et les civils». Illustré par de nombreuses remontées d’informations de terrain, son récit a servi de grille chiffrée des déplacements de citoyens, tant en interne qu’en externe. Selon l’orateur, au mois d’avril 2020, le tableau montrait 679 000 personnes déplacées et 58 000 autres personnes réfugiées au Nigéria voisin.

D’après François Louncény Fall, les situations sanitaire et scolaire suscitent encore des inquiétudes. «Plus d’un tiers des établissements sanitaires ont été fortement touchés, ce qui a perturbé l’administration de vaccins, de soins de prévention de la rougeole et d’autres traitements essentiels, notamment dans le domaine des services de santé sexuelle et procréative, essentiels pour les femmes… Plus de 70% des enfants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’étaient toujours pas scolarisés au dernier trimestre de 2020», a-t-il exposé.

Grand dialogue
En souscrivant aux assises organisées du 30 septembre au 4 octobre 2019 à Yaoundé, le chef de l’Unoca a surtout relevé les avancées dans la mise en œuvre des recommandations de cette grand-messe instruite par Paul Biya. «Je me félicite de la création d’un comité chargé de suivre les recommandations issues du dialogue national, dirigé par le Premier ministre, et j’encourage le comité à appliquer sans délai ces recommandations afin de remédier aux grands problèmes soulevés à l’occasion du dialogue», indique François Louncény Fall. «Pour obtenir des résultats tangibles, il faudra que le gouvernement, les acteurs politiques et les parties prenantes concernées, notamment la diaspora, redoublent d’efforts et d’engagement», conclut-il. D’où l’éloge pour le lancement, le 3 avril 2020, du programme présidentiel pour la reconstruction et le développement des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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