Réfugiés et demandeurs d’asile : Le Cameroun dans un vaste programme

Au titre des prolongations de la 56e Journée de l’Afrique, le pays a exposé sa palette de solutions durables à la problématique des flux humains nationaux et étrangers.

Réfugiés centrafricains à Garoua Boulaï

Les chiffres que dévoile le ministère de l’Administration territoriale (Minat) ce 28 mai 2019 parlent d’eux-mêmes. En territoire camerounais se trouvent près de 350 000réfugiés (dont 100 000 Nigérians fuyant les exactions de la secte Boko-Haram, regroupés essentiellement dans les zones du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga, Logone et Chari dans la région de l’Extrême-Nord) et 250 000 Centrafricains regroupés dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Les statistiques du Minat font également état de prés de 152 000 déplacés internes dans le contexte de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Solutions
À ces situations préoccupantes, le gouvernement apporte une réponse multisectorielle, reconnait le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR).L’organisme onusien se félicite des efforts des autorités locales dans la mise sur pied de plusieurs instruments de gestions des flux humains issus des pays voisins. L’on cite par exemple, le Comité interministériel ad hoc. Mis en place depuis le 13 mars 2014, il est placé sous la supervision du Minat. Il y a également la gestion politique des réfugiés sous la tutelle du ministère des Relations extérieures ; la signature des accords tripartites de rapatriement, dont celui signé avec l’État du Nigéria le 2 mars 2017 ; la signature prochaine de l’accord avec la Centrafrique. Pour la question des déplacés internes dans la crise anglophone, les efforts du gouvernement vont avec le plan d’assistance humanitaire, lancé le 20 juin 2018.

Engagement
De l’avis des observateurs, ces actions témoignent de son engagement au respect des conventions internationales relatives aux réfugiés dont le Cameroun est signataire. Il s’agit de la Convention de Vienne de 1951 et de la Convention de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de 1969. Ces deux instruments juridiques internationaux sont confortés par la loi de 2005 sur le statut des réfugiés et le décret d’application portant organisation et fonctionnement des organes de gestion du statut de réfugiés au Cameroun.

C’est d’ailleurs une précision que la représentante du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies au Cameroun apportera dans les échanges. Elle insistera sur la signature de l’accord de siège par le Cameroun, habilitant le HCR sur son territoire. Elle rappellera aussi le strict rôle de supervision qui est celui du HCR dans l’administration des camps de réfugiés et dans les modalités liées à leur rapatriement ou leur réinstallation.

Reste une question centrale : l’Afrique d’aujourd’hui est-elle encore hospitalière comme celle d’hier ? Selon certains, « l’ère où l’étranger était un hôte est révolue ». L’étranger est devenu un ennemi, un objet de tous les soupçons, de toutes les politiques de tri et de classification à la frontière. L’hôte n’est plus la bienvenue. Et si cet hôte fait désormais problème, c’est à cause de la massification du phénomène dû aux conflits et crises sociopolitiques internes aux États, aux persécutions, à l’insécurité alimentaire et aux changements climatiques ».

Benoît Arsène Abéga (stagiaire)

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