Réformes économiques : La Cemac évalue le Cameroun

Une équipe de la surveillance multilatérale de la Commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale séjourne dans le pays du 4 au 13 février. Jean Claude Ngeumeni, directeur de la surveillance multilatérale et chef de cette mission, s’explique.

 

Vous conduisez une équipe qui va séjourner pendant plus d’une semaine au Cameroun. Quels sont les objectifs de cette mission?
Nous sommes au Cameroun dans le cadre d’une mission de la Cemac sur la surveillance multilatérale. Qui dit surveillance multilatérale dit surveillance des politiques macroéconomiques et budgétaires. Dans le cadre de notre mission, nous aurons à examiner la situation macroéconomique et financière du Cameroun en 2018 et les perspectives pour 2019 et 2020, évaluer l’état de conformité du Cameroun aux nouveaux critères de convergences de la Cemac, évaluer les dispositions prises au niveau national pour une conclusion satisfaisante des revues restantes du Programme économique et financier du Cameroun avec le Fonds monétaire internationale (FMI), examiner l’état de mise œuvre des divers piliers des réformes économiques et financières de la Cemac ; en bref, évaluer l’état de mise en œuvre des différentes réformes structurelles engagées.

Au cours de la séance de travail que nous avons eue ce matin (04 février, NDLR), nous avons partagé les objectifs de la mission. Nous avons évoqué les points qui feront l’objet d’une attention particulière au cours de la mission. Notamment les mesures qui sont mises en œuvre pour renforcer la mobilisation des recettes hors pétroles, les mesures qui sont mises en œuvre pour améliorer et rationaliser la qualité de la dépense publique, des mesures qui sont prises pour renforcer l’état de mise en œuvre des réformes structurelles engagées, les mesures qui visent une meilleure mise en œuvre du budget d’investissement public.

Cette évaluation va se faire sur la base du nouveau dispositif surveillance multilatérale entré en vigueur en 2017. Quel est sa particularité ?
Ce nouveau dispositif vise à amener les nouveaux états membres à la mise en œuvre de politiques budgétaires contra cycliques. Lorsque le dispositif avait été adopté. Il avait été demandé à l’ensemble des États de transmettre à la Commission de la Cemac, leur programme triennal de convergence. Nous sommes satisfaits du fait que le Cameroun a transmis à la Commission de la Cemac, en décembre 2018, son programme triennal de convergence pour la période 2019-2021.

Concrètement, comment va se dérouler cette mission?
Nous aurons des rencontres avec diverses administrations et structures concernées. Notamment les administrations relevant des ministères des Finances, de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Nous aurons des rencontres avec les partenaires au développement notamment la représentante résidente du FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, la coopération française, la Banque africaine de développement, etc.

Nous aurons également des rencontres avec les acteurs de la société civile, du secteur privé. Tout cela pour nous permettre d’avoir une meilleure appréhension de la santé macroéconomique et financière du Cameroun.

 

Frais de séjours

Casse-tête pour la libre circulation 

En Afrique, le coût de la carte de séjour augmente tout en restant avantageuse pour les expatriés occidentaux.

L’Union africaine a du pain sur la planche. Son projet de libre circulation des personnes est sur le point de rencontrer des obstacles structurels à l’instar de la carte de séjour. Une manne pour les caisses de l’émi-immigration des États, mais surtout un indicateur du caractère extraverti du continent noir.

En Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, les frais d’établissement de la carte de séjour se chiffrent à plusieurs milliards de dollars par an. Au Gabon, on estime les recettes à près de 10 milliards de dollars par an et le pays compte à peine 2 millions d’habitants. Au Cameroun, la loi de finances dispose que le montant du droit de timbre pour l’établissement d’une carte de séjour est de 200 000 (deux cent mille francs CFA) pour les ressortissants français et 250.000 (deux cent cinquante mille francs) pour les autres nationalités. La carte de séjour a une validité de deux (2) ans renouvelable.

En Côte d’Ivoire, la grille tarifaire de l’office national d’identification suit la même logique. Un résident hors CEDEAO doit débourser 300 000 francs CFA. Un résident français se procure le titre de séjour contre la somme de 150 000. Tandis qu’un religieux et coopérant français doit se munir de 35 000. Les ressortissants des pays de la CEDEAO sont exonérés, car la libre circulation, et le libre établissement des citoyens de ce regroupement régional sont une réalité. En Côte d’Ivoire et dans le reste de l’espace CEDEAO, la carte de séjour est biométrique. Sa validité est de 5 ans.

Incongruité
Les pays africains déroulent mieux le tapis rouge à la main-d’œuvre étrangère. Et pourtant celle-ci est réputée plus chère. Si dans l’espace francophone, c’est la France qui est indexée, l’espace anglophone et lusophone montrerait le même scénario. La libre circulation recherche justement 3 enjeux : le libre établissement des travailleurs, c’est-à-dire la main d’œuvre, la circulation préférentielle des investisseurs, des prestataires de services et de leur capital, et enfin le libre apprentissage des étudiants et enseignants.

Au moment où le continent africain est lancé dans l’intensification des échanges, il est temps d’interroger ces contradictions du libre mouvement des personnes en Afrique. Après la démonstration marocaine, qui a établi que la migration sur le continent représente 3 fois plus celle irrégulière et régulière vers l’Europe, le rapport de la Cnuced a achevé de convaincre sur l’intérêt de faciliter les mouvements des personnes. Selon ce rapport, les mouvements en Afrique sont des traits d’union économiques et commerciaux. C’est aussi des canaux de rétrocession de fonds et des vecteurs de réinvestissements dans les pays d’origine. Le rapport de la Banque africaine de développement sur les perspectives économiques en Afrique a démontré qu’une Afrique décloisonnée verrait son PIB croitre de 134 milliards de dollars.

Zacharie Roger Mbarga

Banque mondiale

Une Africaine l’orge la présidence

Il s’agit de l’ancienne ministre des finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala.

 

La succession du président démissionnaire de la Banque mondiale Jim Yong Kim est désormais ouverte. Alors que le secteur financier mondial traverse toujours le choc, des candidats fourbissent leurs armes pour occuper le strapontin. C’est le cas de la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigéria et ancienne directrice de la Banque mondiale. En 2012, l’économiste et championne africaine de la lutte anti-corruption s’était déjà portée candidate au poste de Président de la Banque mondiale. Elle avait perdu contre le Président Kim.

En marge du Forum économique mondial de Davos, elle affirme être intéressée par l’opportunité mais pause des préalables. Elle ne fera acte de candidature que si les circonstances sont réunies et qu’elle se sent soutenue. «Non je n’ai pas déclaré ma candidature. Mais je serai candidate si je suis nominée. Je sais que, parce que j’étais dans la course en 2012, beaucoup de gens me posent la question» a-t-elle récemment confié à CNN.

Conditions
C’est le soutien que son ambition pourrait recueillir qui décidera celle qui a toujours lutté contre l’endettement improductif des États Africains. Le principal soutien est au sein de la banque mondiale étant entendu que les candidats au poste de président de la Banque mondiale sont nominés par les directeurs exécutifs. L’autre soutien pourrait être celui du continent africain. En travaillant pour une candidature africaine à la banque mondiale comme ce fut le cas de Mushikiwabo à la francophonie, il y a de fortes chances que Ngozi Okonjo-Iweala soit plus qu’une figurante à l’élection en perspective.

Cette issue reste toutefois difficile, le Président Buhari en campagne de réélection, n’a pas encore actionné l’outil diplomatique auprès de ses pairs Africains et l’Union Africaine ne s’est toujours pas saisi du dossier. Qui plus est, la banque mondiale est le symbole de l’hégémonie des États Unis d’Amérique. En règle générale, le pays a une très grande influence sur la désignation du président de l’institution.

 

Zacharie Roger Mbarga

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