Réforme du code électoral : La crise anglophone pour servir de passerelle

Pour quelques activistes, la problématique de la réforme du système électoral camerounais devrait être greffée à l’ordre du jour du dialogue visant à mettre un terme à la crise socio-politico – sécuritaire qui secoue la partie Ouest du pays.

Il fallait oser et il l’a fait. Chief Joseph Dion Ngute a donc fini de relayer l’appel au dialogue de Paul Biya auprès des populations du Nord-Ouest et du Sud- Ouest. À chacune des étapes de sa tournée dans les deux régions, le Premier ministre a rappelé que le chef de l’État est prêt pour débattre de vive voix de tous les thèmes, excepté celui sur la forme de l’État au Cameroun. À coup d’imagerie flexible et souriante, l’envoyé spécial du président de la République a montré comment ces débats annoncés devraient produire des effets positifs pour tous à plus ou moins long terme.

Vieilles attentes
Depuis lors, l’incantation aux « réformes » est devenue un incontournable du prêt-à-porter de la pensée politique nationale. «L’annonce d’un dialogue autour de la crise anglophone semble avoir électrisé de vieilles attentes», pense simplement Daniel Yapseu. Parmi celles qu’identifie le sociopolitiste, la réforme du code électoral actuellement en vigueur au Cameroun trône en tête de liste. Cette réforme, valide-t-on dans les états-majors de certaines formations politiques, «est sans doute le moyen de redonner au pays l’espoir perdu», selon la formule de Simon Forbin Nchinda. Présent sur le plateau de l’émission « C’ Politik » diffusée dans la soirée du 14 mai 2019 sur les antennes de la CRTV (Cameroon Radio Television), le député du Social Democratic Front (SDF) pense que la réforme du code électoral ne touche pas à la forme de l’État. Par contre, soutient le Parlementaire de la Mezam, «un débat sur les déchets de la loi électorale durant la palabre nationale pourrait faire apparaître une ligne directrice consensuelle qui fait défaut à la démocratie camerounaise».

Sur cette base, les uns et les autres poussent pour une négociation franche. Ils estiment que «c’est le moment !». Dans leurs rangs, il y a l’activiste de la société civile, Jean-Marc Bikoko. Son expectative table sur une exigence d’ici et maintenant, qui ne veut plus de grand projet ou de projection. « Il faut, dit-il, lors du dialogue, que la mise en place d’une coalition pluri- acteurs soit assurée, pour que tous les Camerounais exigent comme préalable à toute autre échéance électorale, la révision du code électoral ». Pour cela, il exhorte les organisateurs du dialogue à faire preuve d’honnêteté, de conviction, de quête d’élévation dans la réflexion, mais aussi de courtoisie.

Sur le sujet, Alice Sandio, la présidente de l’Alliance des forces progressistes (AFP) du Cameroun, entrevoit des assises œcuméniques engagées vers un objectif de bien commun. À l’en croire, lors du dialogue annoncé, «il est nécessaire de prendre de la hauteur et de parler du code électoral». «Et pour ce faire, ajoute la femme politique, il faut déléguer les tâches d’exécution et se dégager de cette intendance dans laquelle la vie politique et gouvernementale se confond tout entière avec l’image personnelle du président de la République, magnifiée par son rayonnement médiatique permanent».

Jean-René Meva’a Amougou

Insécurité à Bamenda 

2 soldats assassinés et 39 maisons incendiées

Le président de la République prescrit le dédommagement des victimes.

Des gendarmes à Bamenda

Deux soldats en civile, roulant en motocyclette vers Alachu, un quartier du village Mankon, dans l’arrondissement de Bamenda II, ont été sauvagement, froidement et lâchement assassiné à bout portant par des individus armés non identifiés, en mi-journée du 15 mai 2019. Une descente musclée des forces de défense et de sécurité sur les lieux tourne au vinaigre. Destruction des biens, incendie des maisons, arrestations, tirs nourris, voilà l’économie de cette intervention des forces de l’ordre qui a poussé la grande majorité de la population de ce bled à prendre la poudre d’escampette.

Le gouverneur de la région du Nord-ouest, sur instruction du président de la République, est descendu sur le théâtre des affrontements le 16 mai. C’était après une réunion de crise à la chefferie de Mankon en présence de Fon Angwafo III, par ailleurs premier vice – président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Vraisemblablement, la proximité du lieu de l’incident avec la chefferie de Mankon aurait poussé Fon Angwafo III à saisir le chef de l’État.

Selon le maire Balick Awa Fidelis de la commune de Bamenda II, trente-neuf maisons ont été brûlées. Cet incident a affecté environ 200 personnes. Si une enquête a été diligentée pour établir les responsabilités, une commission présidée par le préfet de la Mezam a été mise sur pied pour identifier les victimes et évaluer les dégâts en vue du dédommagement.

 

Jean-René Meva’a Amougou

 

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