Les raisons du désamour des entreprises publiques pour la BVMAC

La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) peine à avoir la cote auprès des entreprises publiques de la sous-région.

Le règlement de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) relatif à l’introduction en bourse des participations des États et de leurs démembrements dans les entreprises exerçant dans la CEMAC était pourtant clair. D’après le texte communautaire, «les États membres de la CEMAC avaient jusqu’au 19 février 2020 pour procéder à la cession partielle ou totale en bourse de leurs participations dans le capital d’entreprises publiques, parapubliques, ou issues de partenariat public-privé, notamment dans le cadre de la privatisation». À date, seule la Guinée Équatoriale a fait un geste dans ce sens. Trois de ses entreprises sont cotées à la bourse de Douala depuis le 31 janvier dernier.

Sur les raisons d’un tel désamour, alors même qu’un règlement communautaire en vigueur vise à dynamiser la Bvmac, les experts avancent plusieurs explications. Pour eux, la plus prégnante est liée aux exigences requises pour entrer en bourse. «L’entreprise doit être rentable, toute son information financière doit être disponible; il faut qu’elle ait dégagé des bénéfices sur les trois précédentes années; qu’elle ait distribué des dividendes au moins une fois… et les entreprises publiques remplissent rarement tous ces critères», indique, pour le déplorer, un haut responsable de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Selon ce dernier, «il y en a seulement quelques-unes, notamment celles qui ont des capitaux étrangers, qui peuvent atteindre un tel niveau de transparence». Mais à ce motif, il faut aussi ajouter le caractère non contraignant du règlement comme une des nombreuses raisons de la non-application du texte par les États membres.

TAA

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