Promotion de l’entreprenariat chez les jeunes : Le gouvernement et les JEC main dans la main

Ce qu’il faut retenir de la cérémonie protocolaire d’ouverture solennelle de la 10e édition des Journées de l’entreprenariat éthique au Cameroun. 

Photo de famille au sortir de la cérémonie d’ouverture

Le vendredi 30 novembre, le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) et son collègue des Postes et Télécommunications sont présents au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, à l’occasion de la célébration des 10 ans des Journées de l’entrepreneuriat éthique au Cameroun (JEC).

Cette circonstance est le prétexte pour Erika Lindou, promoteur de l’évènement, de dire aux jeunes Camerounais que la Fonction publique ne peut pas tous les embaucher. Dans cette enceinte bondée, l’on a vu des entrepreneurs de divers horizons. Cette information est confirmée par le Minpmeesa, le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, lors de son discours inaugural. En écoutant ledit discours, l’on apprend que l’État, aujourd’hui, ne peut être qu’un facilitateur. «Aujourd’hui l’offre d’emploi des secteurs stratégiques dans notre pays est de 2 sur 10. Que vont faire les 8 qui restent ? Ils doivent aller vers le secteur privé» indique le ministre. D’ores et déjà, de nombreux jeunes se sont engagés dans le secteur privé et récoltent les fruits. C’est le cas d’Arthur Zang «créateur du CARDIOPAD».

Les jeunes non diplômés ne sont pas épargnés dans le discours du Minpmeesa. «Ils peuvent s’inscrire à l’école de création des richesses qui a déjà montré ses preuves. C’est le cas des jeunes lauréats. Pour vous qui êtes déjà ici, vous devez être des modèles pour ceux qui sont encore dans la réflexion». Dans le discours susmentionné, il prend à témoin les pays développés, en particulier les États-Unis qui «se sont développés à travers des groupes privés, des lobbys». Le ministre veut voir tous les jeunes s’activer, innover «surtout dans le domaine numérique où tout reste à faire». Le gouvernement les accompagnera.

Le synopsis doit être revu au niveau du système éducatif, avec la valorisation de l’enseignement technique et professionnel, la création des établissements techniques et des lycées agricoles, afin que le pays puisse effectivement décoller économiquement. Les ministres présents expriment le souhait de voir les JEC se pérenniser. Ils félicitent par ailleurs les organisateurs dudit évènement pour cette initiative qui vise à promouvoir et à encourager les jeunes dans la prise de conscience et à la création des emplois. C’est à ce prix que le chômage sera réduit dans notre pays.

Une vingtaine d’étudiants de l’École de création des richesses ont reçu leurs parchemins des mains des autorités. Parmi eux, on retrouve un pharmacien qui a décidé de se former dans le but d’être un grand entrepreneur. «Nous formulons le vœu auprès des partenaires institutionnels, techniques et financiers que vous êtes, de continuer à apporter les soutiens multiformes à l’initiative des JEC», a déclaré Aline Gaëlle Ngnien, porte-parole de cette promotion.

L’ouverture symbolique des festivités s’est faite par la coupure du ruban aux encablures de 16 h. S’est suivie une visite des stands par les membres du gouvernement et des organisateurs. À chaque arrêt, le promoteur a reçu des félicitations, de quoi le galvaniser.

André Balla (stagiaire) 

JEC 2018 : Le génie camerounais en vitrine 

Visite guidée dans le village de la foire-exposition. 

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Lampe électrique (light), l’huile de NEEM (aux vertus miraculeuses), lait et céréale (TANTY), centres médicaux, transfert d’argent, gastronomie, agence de transfert d’argent YUP, les tableaux en bois, etc. Pas moins de 40 stands, et on a l’impression que le Cameroun peut tout fabriquer sur place. La foire est un grand succès. Sous un soleil ardent, le ministre des Petites et moyennes Entreprises et sa collègue des Postes et télécommunications visitent tous les stands de la foire.

À chaque arrêt, ils félicitent et encouragent les entrepreneurs à aller de l’avant. Une foire qui a commencé la veille. «Nous sommes heureux de vous voir auprès de nous messieurs les ministres. Nous avons des lampes light (électriques), et la production peut être optimale», explique Jean Marie Tazeunang, manager d’ARIANE TECSUN ENG. Les fabrications locales des produits commencent à être vulgarisées par le gouvernement, mais il faut de l’accompagnement. Ce qui permet au Pr Etoundi Ngoa de dire que «les lampes électriques qui coutaient 10000F vont voir leur prix baisser, parce qu’il y’a déjà la production locale. Cela va permettre d’orienter les économies ailleurs».

Dans les couloirs des stands, quelques usagers ont dû se mettre de côté pour attendre le passage des membres du gouvernement. «Je suis venu de loin pour chercher un produit pour ma peau. J’attends que tous les stands soient ouverts. Heureusement pour moi que j’ai le prospectus de l’huile de NEEM» explique, tout enthousiasmée, une potentielle cliente rencontrée dans les allées de la foire. Les officiels partis, la foire retrouve immédiatement son ambiance de marché. La même atmosphère est ressentie à l’intérieur où se tiennent les ateliers de formation. Il fallait alors s’armer de patience pour être servi. Selon Thierry Nyamen, cette foire-exposition est une vitrine pour les entreprises nationales. C’est le lieu idoine où les membres du gouvernement, la population et les potentiels investisseurs peuvent se rencontrer. De plus, les produits sont typiquement camerounais.

Le jeune promoteur va profiter de cette tribune pour inviter la jeunesse à la prise de conscience parce que «le plus important c’est de croire en soi, c’est de voir l’avenir avec beaucoup d’optimisme. Un jeune qui n’a plus d’espoir est un jeune fini. Dès qu’on a de l’espoir, on assemble les idées. Un jeune doit chercher à être une solution même s’il ne fait pas partie du problème. Pleurer, gémir, crier c’est lâche», nous dit le directeur général de TANTY. C’est le même discours que tient Brunelle, jeune femme d’une vingtaine d’années, qui a réussi à ensacher le kilichi, cette viande prisée par beaucoup de Camerounais. «En tant que jeune, je produis le Kilichi 4.0, qui a une durée de conservation de 6 mois» nous a-t-elle expliqué. Au moment où nous partions du Palais des sports aux environs de 17 h 30, de nombreux visiteurs continuaient à franchir la porte d’entrée de la foire. Nul doute que la dernière journée sera encore plus mouvementée.

André Balla (stagiaire)

 

Jean Marie Tazeunang, manager d’Ariane Techsun

L’argent c’est le nerf de la guerre

 

Tout d’abord, j’apprécie le site, surtout l’architecture qui reflète exactement l’esprit de l’évènement. Aujourd’hui, la société Ariane Techsun, qui est partenaire des JEC, a exactement 10 ans, tout comme eux. Nous avons commencé ensemble, nous avons parcouru le même chemin. Je voudrais demander aux jeunes d’être patients, de savoir ce qu’ils veulent dans la vie. L’argent c’est le nerf de la guerre. Celui qui veut l’avoir doit produire de l’intelligence. Nous demandons à tous les jeunes de venir apprendre à créer. Nous offrons l’intelligence pour créer leurs entreprises. Ils ne doivent pas chercher le travail après les études. Nous les anciens sommes prêts à leur tenir la main pour financer leurs entreprises.

 

Wilfrid Kodiné, responsable du stand du MINPOSTEL

Faciliter l’insertion dans le domaine du numérique

Le ministère des Postes et Télécommunications est partenaire de cet évènement. Nous devons accompagner les entreprises dans le domaine du numérique, car la majorité des entreprises s’expriment mieux dans les plateformes numériques, à travers le réseau internet. Le MINPOSTEL pour sa part essaye de s’imprégner des activités qui sont menées. Il s’agit de voir dans quelle mesure faciliter leur insertion dans le domaine du numérique. Cela se fera avec l’accompagnement par ses structures sous tutelle notamment l’ANTIC, l’ART, la CAMPOST, qui déploient déjà des services dans le numérique, question de relever leur niveau de maturation.

 

Alain Cotel Kouam, directeur général de la Wood Art Entreprise

Il faut oser 

Je dirais tout simplement aux jeunes, comme le disent les autorités, d’oser, sinon on pourra regretter de n’avoir pas essayé. Si l’essai se solde par un échec, on sera au moins contant d’avoir essayé ! Il faut également savoir prendre le temps, sachant que si on veut aller plus vite que la nature, on sera amené à utiliser les moyens contournés et forcement on regrettera plus tard. Donc je dis aux jeunes d’oser. C’est ce que nous essayons de faire.

 

Images fortes des JEC 2018 au Palais des sports de Yaoundé

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