Problème anglophone au Cameroun : Une conférence internationale sur le Noso à Washington

Organisée par la Coalition pour le dialogue et les négociations, la rencontre se tient du 19 au 21 mars 2020 dans la capitale des États-Unis.

Au cours de la seconde moitié du mois prochain, la situation sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sera au centre des débats. Pendant trois jours au Walter E. Washington Convention Center sis à Washington D.C., une rencontre baptisée «Conférence internationale sur le conflit armé au Sud-Cameroun» est prévue. Aux manettes de cette initiative se trouve la Coalition pour le dialogue et les négociations (CDN). Sur son site internet ce 15 février 2020, ce lobby, réputé proche du Congrès américain, liste deux objectifs: «engager tous les segments et professionnels d’origine du sud du Cameroun pour établir l’opinion majoritaire sur la voie d’une solution négociée permanente; et élaborer un cadre détaillé pour une reconstruction post-conflit robuste».

Parce qu’elle entend se positionner comme «un vrai partenaire» pour un retour à une paix durablement installée dans la partie anglophone du Cameroun, CDN dit avoir déjà balisé la scène. Comme précisé sur son site internet, la Conférence comprend sept groupes de travail. Chaque groupe est divisé en sous-groupes composés d’experts techniques du monde entier qui travailleront pour fournir des recommandations clés dans chaque domaine spécifique. Les délégués à la conférence se joindront à un groupe de travail particulier basé sur l’expertise et l’expérience.

Prendront part aux travaux des Camerounais résidant dans la zone anglophone du pays, des hommes et femmes d’affaires renommés du Sud du Cameroun, des représentants des institutions multilatérales et gouvernements étrangers, des représentants des autorités traditionnelles et des organismes religieux locaux, des chefs des partis politiques du sud du Cameroun, des leaders d’opinion reconnus et des délégations de la diaspora anglophone. Plusieurs personnalités prendront la parole. CDN confirme, entre autres, les présences de Herman Cohen (ancien sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines), Adotei Akwei (directeur adjoint du plaidoyer et des relations gouvernementales chez Amnesty International), Ayah Paul Abine (ancien juge à la Cour suprême du Cameroun), John Wirba (homme politique camerounais)…

Poing pour poing
CDN justifie sa démarche. «Depuis l’éclatement du conflit au Cameroun, des dirigeants éminents tels que Son Éminence le cardinal Christian Tumi et le juge Ayah Paul Abine ont appelé à une conférence réunissant tous les Camerounais du Sud pour échanger des vues et établir une position dominante. Le gouvernement du Cameroun a malheureusement empêché la tenue de la Conférence générale anglophone. Alors que le conflit s’intensifie, il est clair qu’une telle conférence unissant les Camerounais du Sud ne peut pas avoir lieu au Cameroun d’où la nécessité d’avoir une conférence à l’étranger dans un pays partenaire», y lit-on. Bien plus, le lobby qui confesse évoluer en marge des faux-semblants, estime que les choses méritent d’être dites clairement: «Les Camerounais du Sud sont citoyens des anciens Cameroun du Sud britannique, actuellement les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de la République du Cameroun, parfois appelés “anglophones” ou “ambazoniens”. La Coalition a décidé d’utiliser l’appellation reconnue des Nations Unies: Southern Cameroons ou Southern Cameroonians».
Au moment où nous allions sous presse, Yaoundé n’avait pas officiellement fait part de sa position sur le sujet.

Jean-René Meva’a Amougou

 

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