Prise en charge des patients Covid-19 : Orca victime de ses malades

Sur la foi de témoignages de quelques anciens pensionnaires du Centre spécialisé de prise en charge du coronavirus, des malades alités font de cette unité un mouroir via les réseaux sociaux.

Il n’a suffi que d’une vidéo sur les réseaux sociaux pour ruiner une bonne partie de l’opération de communication animée par Manaouda Malachie le 25 mars 2021, sur le site du Centre spécialisé de prise (CSP) en charge Covid-19, au lieu-dit ancien Orca à Yaoundé. Tourné dans la cour de la morgue d’un hôpital du pays, le document d’un peu plus de 3 minutes ne suggère rien d’autre que, dans les unités de prise en charge des personnes atteintes de coronavirus, un boulevard du fait divers s’est ouvert. «Il ne se passe pas de jour ici à Orca sans un lot de bizarreries, de cocasseries même», pointe un riverain ce 1er avril 2021.

Menaces
Si en ces lieux, certaines familles jouent la carte de la discrétion, d’autres préfèrent des levées de corps sans fin bercées de temps à autres par des invectives en direction des préposés de morgue et de l’ensemble du personnel de service. «Il y en a même qui grommellent des menaces de saccage de la salle funéraire», renseigne un autre riverain. Et lorsque Dr Bonaventure Hollong déclare que «sur plus entre juin 2020 et mars 2021, le Centre a enregistré 1508 patients et pour 119 décès», la critique est tout aussi percutante sur la toile. Dans les forums, on commence à voir la proximité temporelle qui existe entre le moment d’admission des patients au CSP Orca et la survenance de leurs décès. Défenseur de cette position, Simon Elemva surfe sur le fait que «ces chiffres présentés par le directeur du centre spécialisé sont d’une utilité prédictive puisqu’ils fournissent une indication grossière mais précieuse de la dynamique des décès».

Bouche-à-oreille
En écoutant les uns et les autres qui prétendent «bien suivre» les dépouilles de leurs parents, il se révèle que beaucoup sont servis par le bouche-à-oreille. «Il y a le bouche à oreille classique -difficilement analysable – qui émane de l’entourage, de la famille, et le numérique sur les réseaux sociaux. Sur Internet, on partage davantage ses mauvaises expériences ; de l’ordre de cinq critiques négatives pour une positive», détaille Clotaire K., une ancienne malade venue remercier le personnel médical du CSP Orca. Sur le coup, des questions s’amorcent. Globalement, elles explorent un panorama au centre duquel se trouve la divulgation des informations purement médicales sur la place publique. « Disposant d’un téléphone, il y a des patients qui, à partir de leurs lits au CSP Orca, postent une information sur la toile. J’en connais. Et puis, il ne faut pas l’oublier : l’épidémie de coronavirus apparaît comme la première pandémie de l’ère des réseaux sociaux numériques. Elle apporte une nouvelle illustration du phénomène avec des dimensions pour certaines inédites », glisse Jeanine E.

Au sujet de la plausibilité d’une telle déclaration, l’on se fait difficilement un doute. Le 25 mars 2021, Dr. Manaouda Malachie, a fait observer qu’à leur admission, les patients ne conservent que le nécessaire de toilette, outre leurs téléphones, tablettes, livres pour se distraire. «Le ministre a bien parlé de téléphones et de tablettes. Ces équipements numériques, sous d’autres cieux ont créé la ‘’Corona-panique’’ à partir des rumeurs déstabilisatrices et la désinformation massive qu’ils véhiculent», soutient Jeanine E.

Ongoung Zong Bella

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