Prise en charge de la Covid-19 : L’avis des malades et la vie des médecins

Dans la lutte contre le coronavirus, le personnel sanitaire et les patients atteints du coronavirus veulent guérir ensemble.

Le personnel soignant et un malade: guérir ensemble

Coronavirus, trop rapide, trop mortel. Sur fond de drame sanitaire à l’échelle mondiale, le Cameroun semble arriver à une nouvelle heure de vérité. Dans la vague, la dernière info s’ouvre sur Marie Françoise Ewolo. Atteinte de la Covid-19, la journaliste en service à la Cameroon Radio and Television (CRTV) est un spécimen qui fait valider deux éléments.

Le premier: la réalité de la maladie. «Redoublez d’attention. Ce virus est une réalité. Il est parmi nous. Invisible. Mais terrible quand il s’infiltre en vous», avise la présentatrice vedette du journal de 13 heures sur les ondes de l’antenne radio du média à capitaux publics. Par ce message porté sur les réseaux sociaux en fin de semaine dernière, Marie Françoise Ewolo avertit l’opinion de tous les dangers de la pandémie et prévient que tout relâchement pourrait reporter la fin de celle-ci. Globalement, c’est un message adressé à ceux qui se précipitent dans une fuite en avant, ou qui s’enferment dans une escalade du déni.

Second élément: le rôle des personnels sanitaires. «Le personnel médical qui s’occupe de moi est d’une abnégation et d’une attention exemplaires. Et surtout d’une patience incommensurable. Ils sont une force dans la bataille… J’ai découvert des Camerounais merveilleux. Charmants. Le capitaine de l’équipe de prise en charge des malades de la Covid-19, le Pr Eugène Sobngwui», relate l’ancienne «covidée».

Il y a quelque temps, Dieudonné Ivaha Diboua répandait la même idée. «Les médecins ont manifesté une réactivité et un dévouement entiers, de façon responsable et cohérente», exposait le gouverneur de la région du Littoral, autre rescapé de la Covid-19. Et comme pour davantage desserrer le doute sur le dynamisme et l’adaptabilité des personnels médicaux par rapport à la pandémie, le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) se fendait en hommages après la prise en charge d’Anicet Ekane: «Le parti en saisit l’occasion pour remercier sincèrement l’ensemble du personnel médical qui s’est spontanément penché sur le cas de son président avec professionnalisme et dévouement».

Cris
Dans le fond et dans la forme, ce verbatim évalue ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas, comme le relève Antony Essaka, président de «Horizon Bien-être», une ONG camerounaise spécialisée dans l’évaluation des performances sanitaires. «À la veille de la pandémie, la popularité des personnels soignants n’était pas très haute quand même. Ils ont abordé cette crise dans une position déjà difficile.

Aujourd’hui, fort heureusement, grâce au personnel médical sur le terrain, le front sanitaire n’a pas été enfoncé», lit-on dans son rapport publié le 10 mai 2020. Le document enchaine: «Dans l’opinion publique, le sentiment dominant reste que des fautes sont commises par le personnel médical chargé de diagnostiquer ou de traiter la Covid-19». Sur ce dernier aspect, l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) n’est pas resté aphone.

Au terme de son conseil extraordinaire tenu le 15 mai 2020 à Yaoundé, la corporation a dit toute son indignation. «Le Conseil constate avec grande préoccupation et réprobation la nouvelle tendance qui s’installe, marquée par des violences verbales et physiques perpétrées à l’endroit du personnel soignant (médecins, infirmiers et collaborateurs en plein exercice de leur fonction et sur le lieu de leur travail, violences souvent accompagnées de dégâts matériels non négligeables», expose le communiqué final des travaux.

Jean-René Meva’a Amougou

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