Prétentions du Cameroun à la Cop 27: 58 milliards de dollars, pas moins !

Pour les autorités camerounaises, c’est le prix de leur engagement dans la lutte contre les changements climatiques. Les fonds doivent servir à couvrir les interventions d’adaptation et d’atténuation.

 

La Banque mondiale a signifié le 4 novembre dernier au cours d’un point de presse à Yaoundé, sa disposition à soutenir les prétentions du Cameroun à la Cop 27. Sous certaines conditions. «Les besoins de financement s’élèvent à 58 milliards de dollars selon les Contributions déterminées au niveau national (CDN)», confirme Sylvain Kakou, représentant régional de l’institution de Bretton Woods au Cameroun. Il s’agit de permettre aux autorités camerounaises, de «couvrir les interventions d’adaptation et d’atténuation au cours des dix prochaines années», a notamment évoqué Nabil Chaherli. L’économiste en chef à la Banque mondiale pour le Cameroun s’est dit optimiste au vu des nombreux progrès déjà enregistrés au niveau national. Mais pour pouvoir obtenir satisfaction à la Cop 27, Nabil Chaherli prévient qu’il faudra «agir vite et mieux pour une action climatique à fort impact».

Avancées au Cameroun
Les avancées du Cameroun ont été recensées au moment de la présentation au siège de la Banque mondiale à Yaoundé, du Nouveau Rapport national sur le climat et le développement. Le communiqué de presse produit à cette occasion renseigne que «le Cameroun a accompli des progrès dans le développement de politiques climatiques alignées sur la Stratégie nationale de développement (SND30). Notamment à travers une série de réformes visant à créer un environnement encourageant la croissance économique, l’amélioration de la gouvernance et des institutions, la décentralisation».

L’institution bancaire mondiale confirme ainsi l’engagement du Cameroun «à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 35% d’ici à 2030». On peut en outre mettre sur le compte du gouvernement camerounais les initiatives relatives à la reforestation, ainsi qu’à la modification du mix énergétique intégrant les sources renouvelables. Un projet à fort impact est également en cours de mise en œuvre. Il s’agit du Projet d’investissement et de développement des marchés agricoles (Pidma). Il permet déjà aux populations «de se tourner vers des pratiques agricoles climato-intelligentes. Lesquelles leur donnent la possibilité de transformer la production vivrière de manioc, de maïs et de sorgho, en une agriculture commerciale durable», se réjouit-on.

Autant d’initiatives camerounaises appelées à se poursuivre et à se densifier, selon le souhait de la Banque mondiale. En termes, entre autres, «d’adoption d’une loi exigeant des institutions publiques qu’elles intègrent le changement climatique dans leurs instruments de politique et de planification, ainsi que dans leur processus budgétaire». Ces initiatives justifient pour l’essentiel le besoin financier exprimé par le Cameroun. Le Gabon et le Congo n’étant pas en reste en la matière. On parle par exemple du «Gabon vert et bleu, mais aussi du Projet d’appui à la gestion durable des zones humides critiques du Gabon (PAZH). Le Congo, pour sa part, se satisfait déjà de la mise en œuvre du Projet de diversification forestière et économique (PFDE). Il faudra toutefois faire plus. La Banque mondiale a déjà balisé le terrain.

 

TAA

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