Présidentielle 2018, rentrée scolaire : Des viatiques pour une nouvelle orientation sécuritaire

A Yaoundé, le 13 août 2018, officiels et experts de défense et de sécurité ont élaboré un socle stratégique adapté au contexte du pays. 

Joseph Beti Assomo, le maître de la défense

«Réunion spéciale d’évaluation sécuritaire en prélude au rendez-vous du 07 octobre 2018». A lui seul, l’intitulé résume tout l’esprit des stratèges du pays qui, en cette période électorale, entendent formaliser clairement un continuum de plus en plus évident entre sécurité extérieure et intérieure. Pour ce faire, Paul Biya, le président de la République, a instruit un débat plus substantiel entre forces de défense et de sécurité, eu égard au contexte précaire dans certaines zones du pays.

Débat ultrasensible

Que les discussions modérées par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), soient menées dans un strict huis clos, cela découle de leur importance. En fait, «ladite concertation interministérielle était hautement stratégique», indique le colonel Didier Badjeck, joint au téléphone. Par cet argument, le chef de la division de la communication du Mindef laisse deviner l’adoption, par les participants, d’une nouvelle approche sécuritaire inspirée, à la fois, par l’élection présidentielle du 07 octobre prochain et la rentrée scolaire.

Elargissement

«Il s’agit là, observe Maximilien Joël Lissouck, de deux viatiques inscrits dans un agenda social et politique qui oblige la simplification de l’actuel millefeuille sécuritaire». A en croire ce chercheur au Centre de recherche et d’études politiques et stratégiques (CREPS) de l’Université de Yaoundé II, «à défaut de la défense pleinement opérationnelle, ces deux éléments nécessitent des synergies et rendements d’échelle potentiels avec les autres corps de sécurité afin de resserrer l’étau avant, pendant et après leurs dates respectives».

De l’avis d’André Biyiha, consultant en questions de sécurité intérieure à l’Ecole internationale de guerre de Yaoundé, «le mouvement de fond qui transparaît dans la perspective de cet agenda consiste à développer des relations élargies avec des partenaires variés sur le plan de la défense et de la sécurité». Tout pour expliquer l’implication d’experts ex¬térieurs à l’appareil de défense. Certaines indiscrétions assurent qu’en ajoutant aux quatre grandes fonctions stratégiques (dissuasion, protection, prévention, intervention), ces derniers vont devoir accompagner la nouvelle organisation de la sécurité nationale dans les domaines de la connaissance, l’anticipation et le renseignement.

Jean-René Meva’a Amougou

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