Poutine et Jinping défient les valeurs «universelles» !

Les dynamiques géostratégiques et géoéconomiques de la scène internationale semblent dessiner une nouvelle carte géopolitique.

Les jeux de sanctions et de contre-publicités en mondovision entre certaines puissances conditionnent et structurent l’actualité. La Chine et la Russie, nouveaux parias de l·a scène internationale mais partenaires incontournables des puissances occidentales, nivellent le rapport de forces international. Voire le domine désormais.

En effet, le vent de libéralisme post guerre froide est en net recul. Porteuse des valeurs de libéralisme politique et économique (démocratie pluraliste, droit de l’homme, économie de marché…), la doctrine de la mondialisation connait de plus en plus une domestication tropicalisée de ces grandes valeurs modernes et universalisantes voire civilisantes. Or, l’autodétermination de certains peuples s’est parfois incompatible voire contradictoire à ces cultures. La Chine et la Russie aujourd’hui en sont de parfaites illustrations.

 

Quelle démocratie ?

es réélections en une seule semaine de Vladimir Poutine et de Xi Jinping ont été moins observées et commentées qu’à l’accoutumée. Si Vladimir Poutine rempilait pour un quatrième mandat non consécutif, Xi Jinping, lui, avait modifié la constitution pour un troisième mandat consécutif. La démocratie pluraliste et supposément rotative à l’occidentale a sensiblement connu une contre-révolution. La notion d’alternance n’est plus une conditionnalité. Jusqu’ici aucune puissance n’avait encore clairement pris fait et cause pour sa suppression.

La Chine de Xi Jinping tord le cou à une idée reçue. Celle de lier systématiquement la bonne gouvernance et l’amélioration des conditions de vie des populations à la limitation de mandats. Que nenni ! Le Chinois aujourd’hui se pense comme le rival de l’Américain et le supérieur à l’Européen. Il vénère sa culture et espère que son dirigeant politique en chef poursuive à faire de lui le premier citoyen du monde. La Chine est aujourd’hui le laboratoire du monde.

Idem pour une immense frange de Russes. Le Russe, lui, sait qu’il doit à poutine le retour de sa nation comme grande puissance. Même si une infime partie est attirée par les bonnes vertus du voisin européen, elle ne refuse pas d’être associée à l’offensive diplomatique russe sur la scène internationale. Cela ramène la démocratie à sa simple définition: une odyssée entre un peuple et son système politique. Seules prouesses et le livrable managérial conditionnent le jeu de l’alternance. Les réactions mesurées des occidentaux à ces deux évènements illustrent bien l’essoufflement du courent libéral.

 

Guerre économique !

La Russie n’est toujours pas sortie de sa montagne de sanctions économiques qu’elle est déjà dans une bataille d’expulsion de diplomates avec les occidentaux. La Chine, elle, n’a toujours pas oublié le discours de l’ex-secrétaire d’Etat Américain a l’université George Mason. En chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson déclarait alors: «l’approche chinoise encourage la dépendance via des contrats opaques, des prêts prédateurs qui engluent les pays dans la dette».

Le problème de fond pour les Occidentaux est de constater la dépendance croissante de leurs industries électroniques, sidérurgique et bientôt agroalimentaire envers la Chine. Puisque le pays se positionne stratégiquement sur les matières premières africaines ainsi que sur la construction et le financement des infrastructures et projets de développement. La désindustrialisation en occident et leur relocalisation en Chine est un autre facteur de dénigrement tout comme la longue illisibilité du Yuan Chinois.

Dans ce contexte de grande rivalité économique, on sera donc surpris de la dénonciation de l’Alena par les Etats Unis d’Amérique. L’administration précédente l’avait conçu pour freiner les velléités chinoises. Libéralisme de raison ou de saison ? L’occident voit peut être naitre à ses cotes les germes de son renversement idéologique.

 

Zacharie Roger Mbarga

 

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