Pont sur la Sanaga à Natchtigal : Le raccourci Nord-Sud

À en croire Emmanuel Nganou Djoumessi, l’infrastructure dessine déjà la nouvelle formule du voyage entre les parties méridionale et septentrionale du Cameroun.

Le pont sur le fleuve Sanaga à Nachtigal, ce 15 novembre 2019

«Nous gagnons près de 200 km de distance entre Yaoundé et Ngaoundéré». Sûrement, c’est la partie intéressante du discours que tient Emmanuel Nganou Djoumessi sur le site de construction du pont sur le fleuve Sanaga à Nachtigal, ce 15 novembre 2019. Selon le ministre des Travaux publics (MINTP), l’ouvrage, dont la livraison est programmée pour février 2020, tient déjà lieu de symbole de «rapprochement entre les régions septentrionales et méridionales de notre pays». Plus technique, Frank Casteleyn, directeur général de Razel Cameroun, peut se réjouir de voir ainsi l’action du pouvoir exécutif mise en récit. «C’est un grand ouvrage. Si les routes pour accéder au Nord font de grands contournements, c’était historiquement pour éviter de construire ce pont sur la Sanaga. Aujourd’hui, on est capable de le faire. Ça ouvre un nouveau corridor», dit-il.

Au cœur de ce plan, on trouve la réduction du long trajet d’aujourd’hui. En effet, en voiture, le voyage Yaoundé-Ngaoundéré avoisinait les 12 heures sur 832 km. Au-delà, les usagers étaient involontairement conviés à un périple en traversant les villes de Bertoua, Garoua-Boulaï et Meiganga. Avec la mise en service du pont sur la Sanaga, annonce-t-on au MINTP, le parcours devient plus direct (Yaoundé-Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré), long de 664,5 km, soit une réduction de distance de 178,5 km.

Plus qu’une affaire de mots
Sur le plan concret, le chantier commence à s’imposer comme une construction technique à longue portée. Ce 15 novembre 2019, son taux de réalisation est évalué à 77,3 %. L’un des six lots de ce projet est achevé depuis plusieurs semaines. Il s’agit de Yoko-Lena (44,9 km-lot 4). La section Batchenga-Ntui (21,3 km-lot 1) est réalisée à 67,80 % et devrait être livrée en mars 2020. Le tronçon Léna-Sengbé-Tibati (135 km-lots 5 et 6) affichait un taux de réalisation de 40,47 % en début octobre.

Les lots 2 et 3, qui concernent la section Ntui-Mankim-Yoko, longue de près de 180 km, sont source de préoccupations. Les travaux, confiés à l’entreprise portugaise Elevolution Engenharia (Elevo), piétinent. Le 4 octobre dernier, le MINTP a même dû résilier le contrat d’Elevo sur le lot 2 (Ntui-Mankim) de 96,7 km de longueur.

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