Plan de réponse humanitaire en Centrafrique : 401 millions de dollars à mobiliser en 2020

«2,6 millions de personnes ont besoin d’assistance et de protection humanitaires, ce qui représente plus de la moitié de la population».

C’est le constat alarmant fait par la communauté humanitaire opérant en Centrafrique. Face à ce qui apparaît alors comme étant une grave crise humanitaire, le gouvernement centrafricain et l’Équipe humanitaire pays ont procédé, le 21 janvier dernier à Bangui, au lancement officiel du Plan de réponse humanitaire 2020 (PRH). Destiné exclusivement «à répondre aux problèmes critiques liés au bien-être physique et mental, aux conditions de vie et à la protection des plus vulnérables», le PRH exige, pour être efficace, une mobilisation de 401 millions de dollars américains, selon le communiqué rendu public à l’issue de la cérémonie de lancement dudit plan. 1,6 million de personnes extrêmement vulnérables sont ainsi ciblées par la communauté humanitaire et devraient être prises en charge au cours de l’année en cours. Toutefois, «si l’assistance n’est pas fournie à grande échelle, la situation humanitaire déjà critique va se dégrader», prévient Denise Brown, coordonnatrice humanitaire en Centrafrique.

La somme de 401 millions de dollars à mobiliser en 2020 ne relève pas de la fantaisie. Bien au contraire, elle repose sur une analyse commune des besoins humanitaires recensés en Centrafrique. Malgré la persistance de la crise et les contraintes sécuritaires et logistiques qui continuent d’entraver l’accès aux personnes vulnérables, le PRH devrait quand même pouvoir donner lieu à des interventions vitales. En 2019 par exemple, le Plan de réponse humanitaire a permis, grâce à la générosité des donateurs, de recueillir plus de 300 millions de dollars et de porter assistance à 1,1 million de personnes. Certaines d’entre elles avaient notamment besoin d’une assistance immédiate de survie.

Au cours de la même année malheureusement, 306 incidents ont été enregistrés qui ont coûté la vie à cinq travailleurs humanitaires et au cours desquels une quarantaine a été blessée. Un bilan qui rend en tout cas compte des conditions difficiles dans lesquelles sont conduites les missions humanitaires en RCA, mais qui les rend d’autant plus nécessaires. Saluant alors leur sacrifice et leur courage, Denise Brown, coordonnatrice humanitaire en Centrafrique, a tout de même tenu à exhorter ces différents acteurs humanitaires «à poursuivre leurs efforts afin d’alléger les souffrances de ceux qui ont besoin d’une aide humanitaire».

Théodore Ayissi Ayissi (stagiaire)

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