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Phase répressive dans le transport urbain : le sauve-qui-peut des chauffeurs de taxis

L’intervention musclée de la mairie de la ville a aussi des conséquences sur les Yaoundéens obligés de payer ces derniers jours un lourd tribut du fait de la rareté des véhicules jaunes.

 

Partir du carrefour Coron pour le carrefour Mvan coûte désormais 200 FCFA ; alors que le tarif habituel jusqu’il y a peu était de 100 FCFA. La politique du ramassage est devenue celle du «plus offrant» à Yaoundé. «Le client chanceux est pris à 200 FCFA. Le prix sur ce tronçon est désormais passé à 300 FCFA», explique un habitué.

Résoudre cette situation nécessite donc de passer par certains exercices humains. Après avoir passé plus de deux heures au carrefour Mvog-Mbi à attendre en vain le taxi, Fritz et Jeanne décident de faire chemin ensemble. Discutant et explorant les voies et moyens d’amitié, ils se souviennent d’un moyen de locomotion vieux comme le monde: la marche à pied. Celle-ci étant également une manière de mieux faire connaissance, ils finissent par s’échanger plusieurs mots et fous rires jusqu’au lieu-dit «Brasseries», où, Dieu exauce enfin leur prière. Sauf que ce n’est pas un taxi, mais une moto pour Mvan à 1000 FCFA. La distance est de moins de 3 km, sachant qu’habituellement, il ne faut débourser que 100 FCFA à moto. C’est à ce prix exorbitant qu’il faut dorénavant rallier le centre-ville de la capitale politique et vice-versa.

La ville de Yaoundé est centripète au niveau administratif. D’où la forte concentration humaine au centre-ville à certaines heures. Entre 15h et 21h, élèves, étudiants, fonctionnaires, commerçants et autres ne parvenaient pas à rejoindre aisément leurs domiciles, du fait des embouteillages au cœur de la cité. Mais, aujourd’hui, la situation semble un peu plus difficile. Avec la rareté des véhicules de couleur jaune, les Yaoundéens ont beaucoup de mal à regagner leurs domiciles. «Depuis plus d’une semaine, j’éprouve des difficultés pour trouver le taxi afin de regagner mon quartier Ngona situé à la limite de la commune de Nkolafamba, donc à plus de 15 km du centre-ville. Je passe plus de 3 heures de temps à la montée SNI pour trouver le taxi qui me dépose à Nkoabang», explique Christian Fouda, cadre au ministère du Tourisme et des Loisirs.

Bonnes affaires
Pourtant, le malaise n’est pas le même chez tous les usagers de la route. De leur côté, automobilistes et policiers poussent un ouf de soulagement. Les conducteurs de taxis en règle s’en frottent les mains. «Depuis la semaine dernière, je fais une recette d’enfer. Il y a moins de taxis et là, le travail est rentable», se satisfait, Ali taximan dans la ville.

Cette situation prête à confusion et fait débat. Pour certaines personnes, c’est dame pluie qui en est responsable, alors que pour d’autres, la rareté des taxis est un phénomène normal. À la question de savoir pourquoi cet état de choses, un agent de la mairie sous anonymat s’explique. A l’en croire, cette situation est liée à la répression engagée contre des taxis non conformes par la Communauté urbaine de Yaoundé, appuyée par les mairies d’arrondissements. Cette dernière, précise-t-il, est entrée en croisade contre les taxis ne remplissant pas des normes élémentaires leurs permettant de circuler en toute quiétude. Pour rouler actuellement, ajoute-t-il, il faut montrer patte blanche. C’est-à-dire qu’il faut disposer d’un numéro au niveau des portières, ainsi que de la couleur jaune homologuée, conclut-il.

André Gromyko Balla

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