Phase 1 du Resilac au Cameroun: le redressement en marche à l’Extrême-Nord

Les communes de Mindif, Dargala, Mora et Koza retrouvent des couleurs au plan économique et social. Le point était fait ce 27 octobre 2022. A l’occasion du 4ème Comité de pilotage national du projet couplé avec la clôture de cette première phase.

 

 

Le Redressement économique et social inclusif au Lac Tchad (Resilac) poursuit son bonhomme de chemin. Avec des résultats probants déjà enregistrés à l’Extrême-Nord au Cameroun. Notamment dans le domaine associatif, de l’agriculture, de la pisciculture ou encore de l’insertion socioprofessionnelle des femmes et des jeunes. Le quatrième Comité de pilotage national du projet tenu le 27 octobre dernier en a convenu. Il était couplé avec la clôture de la première phase du Resilac dans notre pays. Sous la conduite de Charles Assamba Ongodo, directeur de la Coopération et de l’Intégration régionale au Minepat et président du Comité de pilotage national. Et en présence de Helene Roceray, coordinatrice régionale du projet Resilac, par ailleurs représentante du Consortium d’ONG de mise en œuvre. Lequel est constitué de Action contre la faim, le chef de file, de Care international et du Groupe URD.

Les travaux de Yaoundé ont par ailleurs enregistré la présence du coordonnateur national du projet et des principaux bailleurs de fonds. À savoir l’Union européenne (UE) et l’Agence française de développement (AFD). Les participants ont également eu droit aux témoignages sur les acquis de la phase 1, des communes bénéficiaires de Mindif, Dargala, Mora et Koza. Le président du Conseil régional de l’Extrême-Nord, Daniel Kalbassou, a aussi joint sa voix au concert de louanges.

 

Bilan national

Au terme de la première phase du Resilac, on retient du bilan dressé par le président du Comité de pilotage nationale du projet, plusieurs indicateurs. «Le projet prévu pour une durée de quatre ans a démarré en 2018 et devait initialement s’achever en 2021. Mais il a bénéficié d’une extension et a conduit à la clôture des activités en octobre 2022. Il s’inscrivait dans la logique d’accompagnement du gouvernement dans la mise en œuvre de ses politiques publiques au travers de la SND30».

Ainsi, «le projet Resilac au Cameroun a contribué au redressement économique et au renforcement de la résilience sociale des communautés cibles de  Mindif, Dargala, Mora et Koza». Charles Assamba Ongodo précise alors que «plusieurs activités ont été mises en œuvre dont la mobilisation de 1046 jeunes qui ont participé à la création des ouvrages communautaires par l’approche des travaux d’intérêt communautaire. Ces jeunes ont réussi à mobiliser leur épargne et ont effectivement lancé leurs activités génératrices revenus. Il s’agit des activités agricoles, d’élevage, des petits commerces, la couture et la pisciculture».

Par ailleurs, «les associations villageoises constituées de 4767 membres dont les trois quarts sont des femmes, ont réussi à mobiliser à date près de 150 millions FCFA. Ces ressources viennent renforcer la pérennisation de 183 microprojets collectifs». Le président du Copil se félicite également de ce que «les techniques de culture et des pratiques innovantes ont été enseignées dans le cadre des champs d’écoles paysans. Sans oublier les appuis à la structuration des organisations à base communautaire ayant participé à l’élaboration et à la signature de 28 conventions sur la gestion des ressources naturelles, etc».

Au plan régional

Dans sa dimension régionale, «le Resilac contribue aujourd’hui à la résilience des populations de 13 territoires et de plus de 250 villages autour de la région du Lac Tchad». Sur la foi des déclarations de Helene Roceray, «plus de 150 000 personnes ont été touchées par l’approche territoriale, à travers des activités de cohésion sociale, de relance économique et de renforcement des acteurs locaux». De telle sorte qu’«à ce jour, plus de 5700 personnes d’organisation de la société civile ou à base communautaire ont déjà bénéficié de formations».

Selon la coordinatrice régionale du projet, l’idée est de «renforcer le milieu associatif et l’engagement citoyen». À travers notamment un «soutien psycho-social à plus de 19 000 personnes afin de les aider à retrouver leur bien-être et leur capacité à se projeter sans l’avenir». Le représentante du Consortium des ONG de mise en œuvre relève également avec satisfaction, le fait que «plus de 3400 jeunes ont participé à la réhabilitation et à la création d’actif communautaires, et un grand nombre d’entre eux sont soutenus dans leur insertion économique».

Au final «12 000 producteurs (rices) et éleveurs (ses) ont désormais accès à des terres restaurées et à des zones pastorales réhabilités. Et enfin, plus de 1000 représentantes et représentants d’institutions publiques ont bénéficié de formations pour améliorer et renforcer la gestion concertée de leur territoire», a-t-on aussi appris.

 

Contours

«Le Resilac est un projet financé d’une part par l’UE à travers le Fonds fiduciaires d’urgence, et d’autre part l’AFD pour un coût global de 36,1 millions d’euros. Soit 5 millions d’euros pour l’AFD». À en croire Charles Assamba Ongodo, il est mis sur pied à l’initiative de plusieurs ONG internationales. Leur action «s’est enrichie du concours d’ONG nationale dont le Comité diocésain de développement ou encore Action pour un développement autogéré et Association des jeunes pour un développement participatif, etc». De façon à apporter avec efficacité «une réponse adéquate aux besoins des populations et localités les plus impactés par la crise conjoncturelle et structurelle, ainsi qu’aux changements climatiques en cours dans les pays du pourtour du Lac Tchad (Tchad, Niger, Nigéria et Cameroun)», a expliqué le président du Comité de pilotage.

Théodore Ayissi Ayissi

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