Perturbation du 11 février 2019 : Les sécessionnistes anglophones divisés 

Les uns ambitionnent de se déployer «de façon spéciale» ce jour consacré à la fête de la jeunesse au Cameroun. Les autres s’opposent et luttent contre le dumping social pour conserver le lien avec les classes populaires. 

À quelques jours de la 53e édition de la Fête de la jeunesse au Cameroun, prévue pour le 11 février 2019, les milices séparatistes anglophones s’avancent fracturées. La conduite à tenir ce jour-là est le sujet qui envenime, depuis le 24 janvier dernier, la rixe entre deux camps. D’un côté la SCAF (The Southern Cameron activistes front), et de l’autre le Morisc (Mouvement for the Restoration of the Independence of the Southern Cameroon). Le plaidoyer de chacun des deux mouvements sécessionnistes ne cesse de mettre en lumière les positionnements contradictoires autour du 11 février 2019. Les désaccords qui subsistent parmi leurs cadres respectifs renforcent une impression de flottement sur la période allant du 5 au 14 février. Dans un communiqué consultable sur les réseaux sociaux, Mark Bareta de la SCAF indique clairement que la milice qu’il coordonne projette un assaut sur les institutions de la République du Cameroun dans ces deux régions.

À la suite de la réunion du comité directeur tenue le 30 janvier à Washington DC, Ntumfoyn Boh Herbert (porte-parole du Morisc) tente de construire une union alternative avec les populations. De cet objectif prioritaire, l’ancien journaliste tire les conséquences programmatiques. Sans nier la centralité des villes mortes dans la démarche «ambazonienne», Ntumfoyn Boh Herbert s’insurge contre les conditions dans lesquelles elles sont mises à exécution. Selon lui, la Morisc n’entrevoit pas de profit que peut tirer la République virtuelle d’Ambazonie d’une si longue période de villes mortes et «refuse d’endosser une action qui va infliger des souffrances et morts additionnels non mérités». Il ajoute : «même si elle est bien appliquée, elle va non seulement causer d’autres torts aux civils ambazoniens mais aussi engendrer plus de morts parmi les volontaires autodéfenseurs (milice Ndlr) et partant elle ne va pas faire avancer d’un pas la cause de l’indépendance».

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