Sur la pelouse : Lions indomptables « Le crime » a payé

Après s’être amusée avec les Ecureuils, la bande à Clarence Seedorf a été dévorée par les Aigles.

Phase de jeu Cameroun-Nigeria lors des 8e de finale

Adieu la Can 2019. Les Lions indomptables et le peuple camerounais tout entier ont prononcé ces mots en revivant toute l’horreur du coup fatal porté par les Super Eagles du Nigéria, samedi dernier au Stade d’Alexandrie. Le bilan est simple : l’équipe du Cameroun n’a pas été là où on l’attendait, confirmant ainsi ses limites dès que le niveau de l’adversité grimpe de plusieurs crans. Au premier abord, les choses vont de soi: «C’est la réalité du football; il fallait un vainqueur et un vaincu», accepte laborieusement Joseph-Antoine Bell, dans un commentaire d’après-match sur Eurosport. Cependant, l’ancien portier des Lions indomptables met en exergue des détails dans sa note : «Le nul contre le Bénin n’a certes pas à lui seul été le tournant, mais le symptôme de ce qui est arrivé aujourd’hui. Pour avoir bradé la première place, une simple arithmétique nous montrait déjà que ce calcul se révélerait funeste».

Analyses
Dans ces moments de larmes, un tel esprit de nuance peut rapidement passer pour un ronchonnement de grincheux. Mais il est à prendre en compte. «Car, dit Claude le Roy, cette équipe du Cameroun mérite aussi qu’on analyse froidement les ressorts de son élimination». S’exprimant chez nos confrères de BeinSport, l’ancien coach des Lions indomptables, pense surtout que Choupo Moting et ses coéquipiers ont abordé le match contre le Bénin avec les ingrédients de la désinvolture. Claude le Roy évoque notamment «un jeu peu flamboyant, voire frileux, une solidarité peu collective parfois illuminée par quelques talents offensifs». Et à revivre le match de poule Cameroun-Bénin, les poulains de Clarence Seedorf ont terminé la partie dans la monotonie, faisant bâiller d’ennui leurs supporters les plus acharnés. «Peu de rythme, d’envie et d’occasions malgré les 68% de possession de balle, la plus forte statistique mesurée au cours des matches du 1er tour», décrit le correspondant de lepoint.fr Guillaume Paret.

Le journaliste poursuit : «les élans offensifs du Cameroun étaient la conséquence des brèches béantes ouvertes par les Ecureuils, plutôt que le résultat d’un jeu patiemment construit… Comme si on s’amusait». Christian Bassogog l’a d’ailleurs reconnu sur la chaîne France 24 : «On n’a pas fait le match qu’il fallait face à une équipe qui a joué comme elle aime jouer, et nous, on n’était pas là. C’est ça le haut niveau. Qu’on soit champions du monde ou pas d’ailleurs, à partir du moment où on n’est pas là, avec les intentions, on ne peut rien espérer. Et heureusement que c’est comme ça. On prend une belle gifle ce soir».

A la fin, un mauvais match nul (0-0). «En tout cas, si la rencontre s’était terminée d’une manière beaucoup plus heureuse pour les Lions indomptables, ils auraient conservé leur première place», regrette Joseph-Antoine Bell. Dans le regard du consultant de RFI (Radio France internationale), il flotte l’impression que c’est le score du match contre les Ecureuils qui a relégué le Cameroun à la seconde place de sa poule. «L’équipe a raté l’occasion d’éviter le Nigéria en 8e de finales de ce tournoi. Or dans une compétition, un tel crime ça se paie», conclut Zinedine Zidane dans les colonnes de El Watan.

Jean-René Meva’a Amougou

Les Pharaons déchus de leur Can 

Les vices-champions d’Afrique en titre sont tombés face à l’Afrique du Sud (1-0), samedi au Caire. Coup de froid au sommet de la pyramide.

 

Mohamed Salah et ses coéquipiers ont été étourdis par la charge d’une équipe des Bafana Bafana sans complexe. Sur un contre-éclair, le Strasbourgeois Mothiba a parfaitement servi Thembinkosi Lorch, qui n’a pas manqué de sang froid pour ouvrir le score (85e). Globalement dominatrice l’Egypte a pêché aux abords de la surface de réparation sud-africaine. Mais ce sont bien les Bafana-Bafana qui se sont procurés les meilleures occasions tout au long de la rencontre. Leur abnégation a fini par payer.
Vainqueur de trois des quatre éditions organisées à l’ombre des pyramides, l’Egypte laissera 2019 aux autres, l’Algérie, le Sénégal et le Nigeria, trois favoris qui ont dû se réjouir des sorties précoces des hôtes mais également du Maroc et du Cameroun tenant du titre.

Les Pharaons quittent la compétition, la tête basse, dans un scénario rare : ils n’avaient perdu qu’une seule fois un match à élimination directe devant leur public dans la compétition, en demi-finales face au Zaïre en 1974. Au milieu de la nuit, l’influent Hani Abou Rida, membre du conseil de la FIFA, a acté cette déroute historique en quittant son poste de patron de la Fédération (EFA) et en limogeant l’ensemble du staff technique, dont le sélectionneur mexicain Javier Aguirre. Cette décision répond à «une obligation morale» selon Abou Rida. «L’équipe technique et administrative a été renvoyée dans sa totalité après avoir déçu les supporters du football égyptien», a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse au soir du 6 juillet 2019 au Caire.

Tous les membres du conseil d’administration de la fédération ont également été invités à présenter leur démission. Certains ont rapidement répondu à cet appel, selon des communiqués de la fédération égyptienne de football (EFA). Selon cette instance, Abou Rida reste néanmoins à son poste de président du comité d’organisation de la Can, au nom de «la responsabilité nationale», a ajouté l’EFA dans son communiqué.

Jean-René Meva’a Amougou

Clarence Seedorf

Partira, partira pas ?

A Alexandrie le 6 juillet 2019, le coach néerlandais des Lions indomptables évite de s’étendre sur son bail à la tête de l’équipe.

 

En conférence de presse après la défaite contre le Nigéria, le sélectionneur camerounais Clarence Seedorf laisse un flou quant à son avenir avec les Lions Indomptables. «Mon contrat? Vous aurez besoin de quelques jours pour connaître la réponse» a-t-il répondu. «Je suis vraiment désolé pour mes joueurs car ils ont travaillé durs et ont beaucoup donné. J’espère que le peuple camerounais sera content de l’expérience en elle-même» a-t-il conclu.

Devenu sélectionneur des Lions indomptables en août 2018 à la surprise générale, Clarence Seedorf a connu des débuts pour le moins contrastés avec l’équipe. Rattrapé par les ambitions d’un pays dont la quête de gloire est sans répit, le public estime que «le Néerlandais n’a pas assouvi les attentes de tout un peuple». «J’avoue que je suis surpris. Seedorf a une expérience d’entraîneur très légère: il n’est jamais resté plus de six mois en fonction, que ce soit à Milan, à Shenzhen ou au Deportivo La Corogne. Il n’a jamais eu de résultats très probants», s’agaçait par exemple Patrick Mboma, Ballon d’Or africain et double vainqueur de la CAN en 2000 et 2002 avec les Lions Indomptables, dans les colonnes de So Foot.

La colère est d’autant plus vive que, bien que démenties par la Fécafoot (Fédération camerounaise de football), des révélations de Jeune Afrique à propos du salaire de l’intéressé et de son adjoint continuent de faire des vagues au sein de l’opinion nationale. «Avec 96000€ par mois, soit environ 62 millions 880 mille francs CFA, le duo Clarence Seedorf-Patrick Kluivert entraîneurs des Lions Indomptables du Cameroun arrive en deuxième position des sélectionneurs les plus chers du continent, parmi ceux présents à la Can Egypte 2019», révèle l’hebdomadaire panafricain.

 

Jean René Meva’a Amougou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *