Paul Biya : le destin de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’inscrit dans le cadre de notre République

  • Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
  • Monsieur le Premier Vice-Président du Sénat,
  • Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,
  • Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,
  • Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
  • Mesdames et Messieurs les Députés,
  • Mesdames, Messieurs,
  • Chers compatriotes,

Qu’il me soit tout d’abord permis de remercier Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale pour ses paroles de bienvenue et ses encouragements au début de ce nouveau mandat.

Je tiens à exprimer une fois encore devant vous ma reconnaissance au peuple camerounais de m’avoir renouvelé sa confiance. Celle-ci sera pour moi un soutien indispensable dans l’exercice des hautes responsabilités que j’aurai à assumer au cours des prochaines années.

Le serment que je viens de prêter « devant le peuple », selon les termes de l’article 7 de notre Constitution, en présence de ses représentants, revêt une haute valeur symbolique à un double titre :

  • il implique une fidélité absolue aux institutions de la République, à laquelle je ne saurais déroger ;
  • il a d’autre part valeur d’engagement personnel irrévocable à se conformer aux obligations qui sont celles du Chef de l’Etat, telles qu’elles sont définies par notre loi

Comme par le passé, ce sont ces principes qui guideront mon action au service du peuple camerounais au cours du septennat des « Grandes Opportunités » qui s’ouvre aujourd’hui.

  • Mesdames, Messieurs,

Avant d’en évoquer les perspectives, je souhaiterais que nous jetions ensemble un rapide regard en arrière, ce qui nous permettra de faire le point sur la situation présente.

Le septennat qui vient de s’achever ne s’est pas écoulé comme un

« long fleuve tranquille ».

Au plan de la sécurité, nous avons d’abord été confrontés aux attaques répétées du groupe terroriste Boko Haram, qui a semé la terreur et la désolation dans l’extrême-nord de notre pays. Nous avons fait face, de concert avec nos voisins et avec l’aide de nos partenaires traditionnels. Nos forces de défense et de sécurité, auxquelles je tiens ici à rendre, à nouveau, hommage, ont repoussé l’ennemi hors de nos frontières. Aujourd’hui, la situation est stabilisée mais nous restons vigilants et déterminés.

Par la suite, dans nos régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des forces négatives ont cru pouvoir profiter de revendications  d’ordre corporatiste pour essayer de mettre en œuvre un projet de sécession. Il s’en est suivi une succession d’actes de violence terroriste auxquels le gouvernement a répondu en prenant des mesures nécessaires pour préserver l’ordre public, ainsi que la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Il va sans dire que l’objectif des sécessionnistes porte atteinte à notre Constitution, qui consacre le caractère « indivisible » de notre République.

En revanche, le désir maintes fois exprimé, de nos populations d’être mieux associées à la gestion de leurs affaires locales, nous a conduits à prendre des mesures nécessaires pour accélérer le processus de décentralisation.

Ces tâches prioritaires ne nous ont pas détournés de la nécessité d’œuvrer à l’amélioration de notre économie, affectée par les effets de la crise économique et financière mondiale, ainsi que par la baisse des cours des matières premières.

Dans ce but, nous avons poursuivi la mise en œuvre de nos réformes structurelles et pris des mesures pour redresser notre situation budgétaire. Notre « résilience » a été saluée par le FMI avec lequel nous avons conclu, en 2017, un programme économique et financier appuyé sur une « facilité élargie de crédit ». Nos efforts expliquent sans aucun doute le retour progressif de notre croissance.

Parallèlement, tout en veillant à la soutenabilité de notre dette extérieure, nous avons donné une nouvelle impulsion à nos grands projets d’infrastructures concernant la production d’énergie, la distribution d’eau potable et la construction des routes. De nombreuses réalisations en portent témoignage.

Malgré les difficultés de la conjoncture, de nombreux chantiers ont été ouverts dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services sociaux. Il est indéniable que sur ce plan, des avancées notables ont été réalisées.

Nous avons, par ailleurs, continué le parachèvement de notre édifice institutionnel et démocratique, avec la mise en place effective du Sénat et du Conseil Constitutionnel.

Ainsi, contre vents et marées, nous avons maintenu notre cap vers l’émergence.

Ce rapide bilan, qui est loin d’être exhaustif, montre bien que notre pays est en pleine transformation et qu’il avance résolument dans la voie du progrès.

  • Mesdames, Messieurs,

D’une façon générale, au cours du septennat qui s’annonce, nous veillerons à consolider nos acquis, tout en explorant les pistes nouvelles, nous permettant de saisir toutes les opportunités d’un monde en constante évolution.

Dans cet esprit, il va de soi que nous allons poursuivre nos réformes structurelles afin de renforcer notre équilibre budgétaire et de conforter la soutenabilité de notre dette. Des finances saines sont en effet la condition de l’attractivité d’une économie et, donc, de son aptitude à accueillir les investissements.

A ce propos, je voudrais appeler votre attention sur les changements qui sont en cours au niveau international et qui ne manqueront pas d’avoir des répercussions sur notre pays.

Les règles qui régissaient la mondialisation des échanges depuis plusieurs décennies sont remises en cause. Les tendances au protectionnisme, voire à l’isolationnisme gagnent du terrain. Il y a là le risque clair d’un effet déstabilisateur pour de nombreux pays, en particulier pour ceux en développement comme le nôtre. Nous allons de plus en plus subir  les effets des changements climatiques qui impacteront la vie de nos concitoyens, notamment ceux du monde rural.

Dans ce contexte, il me semble opportun de nous attacher à développer les secteurs de notre économie qui pourront réduire sensiblement nos importations de biens et services. Cette politique présentera l’avantage de nous permettre de rééquilibrer notre balance commerciale chroniquement déficitaire.

Par ailleurs, nous allons réaliser une véritable « révolution agricole » en modernisant nos moyens de production et en transformant davantage nos produits agricoles. Cela devrait aller de pair avec la mise à disposition de nouveaux équipements, magasins de stockage et routes d’accès. Ainsi pourrait se conforter notre statut de grenier de l’Afrique Centrale.

Une économie moderne ne saurait se concevoir sans l’existence d’un secteur industriel performant. Nous disposons d’un Plan Directeur d’Industrialisation qui définit les contours et le contenu d’un projet d’envergure dans ce domaine. Sa réalisation sera une des tâches prioritaires du septennat.

L’industrie, comme l’agriculture, exigent un apport d’énergie stable et suffisant. Nous avons entrepris des efforts importants dans ce secteur depuis un certain temps déjà. Les barrages et les centrales hydroélectriques que nous avons construits devraient nous permettre, à plus ou moins brève échéance, de répondre pleinement aux exigences de notre économie et aux préoccupations de nos populations en la matière.

Mais nous ne nous arrêterons pas là. Nous continuerons d’exploiter tous les sites et cours d’eau disponibles afin de faire du Cameroun un grand producteur d’électricité dans notre continent. Nous ne délaisserons pas pour autant les zones rurales en les dotant progressivement de centrales solaires.

De la même façon, nous continuerons à développer nos infrastructures de transport (routes, ports, aéroports) au bénéfice de notre économie, mais aussi pour faciliter les communications avec nos voisins.

D’autre part, conscients que la finalité de la démocratie est d’apporter au plus grand nombre des conditions de vie aussi bonnes que possible et une véritable égalité des chances, je persisterai à consacrer tous mes efforts :

  • à favoriser la relance de la croissance économique, créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes, et susceptible d’améliorer le pouvoir d’achat ;
  • à promouvoir le rôle des femmes dans notre société ;
  • à faciliter l’intégration sociale des jeunes en développant encore davantage notre système éducatif, à tous les niveaux, et en mettant l’accent sur la professionnalisation ;
  • à lutter contre l’exclusion, notamment par une meilleure protection des personnes vivant avec un handicap ;
  • à améliorer l’accès aux services publics de l’eau potable et de l’électricité ;
  • à renforcer notre système de santé, en ouvrant de nouveaux hôpitaux et en finalisant un dispositif de sécurité sociale efficace ;
  • à mettre en valeur une politique d’habitat social digne de ce nom ;
  • à valoriser notre patrimoine culturel ;
  • et enfin à apporter au secteur sportif le soutien qu’il mérite, pour que les efforts que nous avons consentis pour accueillir la CAN 2019 reçoivent leur juste récompense.
  • Mesdames, Messieurs,

Les grands défis que nécessite l’accès à l’émergence de notre économie, que j’ai rappelés, et les engagements que j’ai pris pour améliorer la qualité de la vie des Camerounais, supposent en premier lieu que des conditions adéquates de stabilité et de sécurité soient réunies. Je puis vous donner l’assurance que je ferai en sorte que ce soit le cas.

L’objectif de l’émergence doit être érigé en grande cause nationale qui mobilise l’ensemble de nos concitoyens afin de faire du Cameroun un pays moderne et socialement avancé.

Les agents du service public, comme du secteur privé, ont à cet égard un rôle important à jouer. Je connais leurs difficultés. Je prendrai les mesures nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de travail afin de leur permettre de mieux participer au progrès de notre pays.

Avant de conclure, je veux souligner que je me suis attentivement penché sur les frustrations et les aspirations de la grande majorité de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Un bon nombre de réponses à ces préoccupations et à ces aspirations sera apporté dans le cadre de l’accélération du processus de décentralisation en cours. Dans les meilleurs délais possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie.

Quant à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, elle continuera à être mise en œuvre par la commission qui y est dédiée.

Ces actions et d’autres seront prises pour régler nombre de problèmes qui sont à l’origine des frustrations et des insatisfactions qui se sont manifestées ces derniers temps. Nous espérons que cela permettra de rétablir le calme indispensable au retour à des activités économiques et sociales normales. J’ai l’intime conviction que l’écrasante majorité de nos compatriotes des deux régions concernées aspirent à retrouver rapidement la paix au sein de la communauté nationale.

Malheureusement, nombre d’entre eux, en raison de la menace que les sécessionnistes continuent de faire peser sur cette partie de notre pays, n’ont pu exercer leur droit de vote à la récente élection présidentielle et, donc, exprimer leur attachement à notre unité nationale. Je leur demande de ne pas perdre espoir et d’accorder tout le soutien possible à l’action des autorités en vue du rétablissement de la paix. Ils savent mieux que personne ce que serait leur existence sous le joug d’extrémistes qui font régner la terreur et la désolation dans leurs régions depuis quelques mois.

A ces entrepreneurs de guerre, qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. J’en appelle tout particulièrement aux jeunes qui se sont laissé entraîner dans une aventure sans lendemain.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le destin de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’inscrit dans le cadre de notre République. Fort du soutien du peuple camerounais tout entier et persuadé qu’il existe une issue honorable, dans l’intérêt de tous, je ferai en sorte que le calme et la sérénité reviennent dans les deux régions concernées, dans le respect des institutions dont je suis le garant.

M’adressant maintenant à mes jeunes compatriotes, je voudrais vous dire de ne pas perdre espoir, j’ai compris votre aspiration profonde à des changements qui vous ouvrent les portes de l’avenir et permettent votre plein épanouissement.

J’ai tout aussi compris votre désir de mieux participer à la prise des décisions qui engagent l’avenir de notre pays. J’en tiendrai compte en ayant à l’esprit que le Cameroun de demain se fera avec vous.

En étant uni, notre pays, fier de ses avancées démocratiques, économiques et sociales, s’engagera avec confiance dans le progrès et la modernité.

C’est pourquoi je demande, ici et maintenant, au peuple camerounais dont je connais le patriotisme, de m’aider à continuer dans la paix l’œuvre de construction nationale.

Vive la République ! Vive le Cameroun !

Version Anglaise 

  • The President of the National Assembly,
  • The First-Vice President of the Senate,
  • The President of the Constitutional Council,
  • The First President of the Supreme Court,
  • Honourable Members of the Senate,
  • Honourable Members of the National Assembly,
  • Ladies and Gentlemen,
  • Dear Compatriots,

Allow me, first of all, to thank the President of the National Assembly for his words of welcome and his encouragement as I begin this new term of office.

I also wish, before you, once again, to thank the Cameroonian people for having renewed their trust in me. Such trust will represent an invaluable support to me in the discharge of the weighty responsibilities awaiting me in the years ahead.

The oath I have just taken “before the people”, in accordance with the provisions of Article 7 of our Constitution, in the presence of their representatives, is of a highly symbolic significance on two counts:

  • it is an expression of absolute loyalty to the institutions of the Republic from which I cannot derogate; and
  • it is an irrevocable personal commitment to performing the duties of Head of State as set forth in our

As in the past, these principles will guide my action in serving the Cameroonian people during the seven-year term of “Great Opportunities” beginning today.

 

  • Ladies and Gentlemen,

Before outlining our prospects, I would like us to take a quick look back so that we can take stock of the present situation.

The seven-year term that has just ended was not a bed of roses.

Security wise, we first had to deal with repeated attacks by the terrorist group, Boko Haram, which spread terror and desolation in the far-north of our country. Together with our neighbours, and with the help of our traditional partners, we responded strongly. Our defence and security forces, to whom I once more pay tribute, chased the enemy out of our borders. The situation is now stable, but we remain vigilant and determined.

Then, in the North-West and South-West Regions, negative forces thought they could take advantage of socio-professional grievances to try to roll out a secessionist agenda. This was followed by successive acts of terrorist violence to which the Government responded by taking the necessary measures to ensure public law and order, as well the safety of people and their property.

It is obvious that the secessionist ambition undermines our Constitution which establishes the “indivisible” nature of our Republic.

On the other hand, our population’s repeated desire to be more closely involved in the management of their local affairs prompted us to take necessary measures to fast-track the decentralization process.

These priority tasks did not distract us from the need to work towards improving our economy, adversely impacted by the global economic and financial crisis, as well as falling commodity prices.

To that end, we continued implementing our structural reforms and taking measures to improve our fiscal situation. Our “resilience” was hailed by the IMF with which we concluded, in 2017, an economic and financial

programme backed by an “extended credit facility”. It is clear that these efforts account for our progressive return to growth.

At the same time, while ensuring the sustainability of our external debt, we gave a fresh impetus to our major infrastructure projects regarding power generation, drinking water supply and road construction. This is evident in the many achievements recorded.

Despite the adverse economic situation, many projects were initiated in the health, education and social services sectors. Unquestionably, considerable progress has been achieved in this regard.

Furthermore, we pursued efforts to complete the building of our institutional and democratic edifice with the effective setting up of the Senate and the Constitutional Council.

Against all odds, we have, thus, stayed the course towards emergence.

This quick review, which is far from exhaustive, clearly shows that our country is undergoing transformation and that it is resolutely set on the path of progress.

  • Ladies and Gentlemen,

Overall, during the seven-year term which is starting, we will strive to consolidate our achievements, while exploring new avenues that will enable us to make use of all the opportunities offered by an ever-changing world.

In this light, we will naturally pursue our structural reforms to  consolidate our fiscal balance and bolster our debt sustainability. A healthy financial situation is a sine qua non for economic and, hence, investment attractiveness.

In this regard, I would like to draw your attention to ongoing changes taking place on the world scene and which are bound to have an impact on our country.

The decades-old rules which have governed globalization of trade are being challenged. Indeed, protectionist and even isolationist tendencies are

gaining ground. These trends portray the obvious risk of a destabilizing effect on many countries, particularly developing countries like ours. We will increasingly suffer the effects of climate change which will impact the lives of our fellow citizens, notably rural dwellers.

In this regard, I think it is worthwhile for us to strive to develop the sectors of our economy that could significantly reduce our imports of goods and services. Such policy will have the advantage of enabling us to balance our chronic trade deficit.

Moreover, we will stage a veritable “agricultural revolution” by modernizing our production tools and further processing our agricultural products. This should be accompanied by the acquisition of new equipment and the construction of warehouses and access roads. Our status as breadbasket of Central Africa could thus be consolidated.

There can be no modern economy without an efficient industrial sector. We have an Industrialization Master Plan that presents the outline and content of a major project in this area. Its implementation will be among the priority tasks to be performed during the seven-year term.

Industry and agriculture require stable and sufficient power supply. We have been making significant efforts in this sector for some time now. The hydropower dams and plants that we have constructed should enable us, sooner or later, to fully meet the demands of our economy and our population’s energy needs.

However, we will not stop at that. We will continue to exploit all the available sites and rivers in order to transform Cameroon into a major electricity producer on our continent. We will also pay attention to rural areas by progressively providing them with solar energy plants.

Similarly, we will continue to develop our transport infrastructure (roads, ports, airports) to boost our economy and facilitate communication with our neighbours.

Bearing in mind that the ultimate goal of democracy is to provide the greatest number of people with the best living conditions possible and real equal opportunities, I will continue to devote all my efforts to:

  • fostering economic growth that creates jobs, particularly for youths, and which can increase purchasing power;
  • promoting the role of women in our society;
  • facilitating the social integration of youths by further developing our educational system at all levels and focusing on professionalization;
  • fighting against exclusion, notably by providing better protection to persons with disabilities;
  • improving access to public drinking water and electricity utilities;
  • enhancing our health system by building new hospitals and finalizing an efficient social security system;
  • developing a worthwhile social housing policy;
  • developing our cultural heritage;
  • and, lastly, providing the sports sector with the support that it deserves, in the hope that the efforts that we have made to host AFCON 2019 will be rightly

 

  • Ladies and Gentlemen,

The major challenges that must be met to ensure the emergence of our economy, which I have mentioned, and the commitments that I have made to improve the quality of life for Cameroonians, require, first of all, the creation of conditions conducive to stability and security. Rest assured that I will see to it that it so happens.

The goal of achieving emergence must become a major national cause rallying all our fellow citizens in order transform Cameroon into a modern and socially advanced country.

Public servants and private sector workers have a vital role to play in this regard. I am aware of their difficulties. I will take the necessary measures to improve their working conditions, in order to enable them  contribute more to our country’s progress.

Before concluding, I want to stress that I deeply reflected over the frustrations and aspirations of the vast majority of our compatriots in the North-West and South-West Regions. A good number of these concerns and aspirations will be addressed as part of current efforts to accelerate the decentralization process. Measures will be taken as soon as possible to broaden the powers of local authorities in order to provide them with the means for greater autonomy.

Bilingualism and multiculturalism will continue to be promoted by the commission set up to that end.

These actions and others will be undertaken to resolve the many problems that are at the root of the frustrations and dissatisfaction that have been expressed in recent times. It is our hope that this will restore calm that is indispensable for a return to normalcy and usual economic activity. I am deeply convinced that the overwhelming majority of our compatriots in the two regions concerned aspire to a rapid return to peace within the national community.

Unfortunately, as a result of the threats that the secessionists keep brandishing in this part of our country, many of them were unable to exercise their right to vote during the recent presidential election and thereby express their attachment to our national unity. I call on them not to lose hope and to lend all possible support to the action of the authorities aimed at restoring peace. They know, better than anyone, what their life would be like under the yoke of extremists who have been spreading terror and desolation in their regions for some months now.

These war-mongers who are jeopardizing our national unity and preaching secession should know that they will face not only the full force of the law, but also the determination of our defence and security forces. I am calling on them to lay down their arms and get back on the right track. I am appealing particularly to youths who got involved in a futile adventure.

I have no doubt whatsoever that the destiny of our compatriots in the North-West and South-West lies within our Republic. With the support of the Cameroonian people as a whole and convinced that there is an honourable way out in everyone’s interest, I will strive to restore peace and calm in the

two regions concerned, with due respect for the institutions of which I am guarantor.

Turning to my young compatriots now, I would like to ask you not to lose hope. I have understood your deep aspiration for change that will open the door to the future and enable your complete personal fulfilment. I have also understood your desire for greater participation in taking decisions that concern the destiny of our country. I will take this into account bearing in mind that tomorrow’s Cameroon will be built with your input.

By staying united and proud of its democratic, economic and social advances, our country will confidently embrace progress and modernity.

That is why, here and now, I am calling on the Cameroonian people, who I know to be patriotic, to help me to continue the task of nation-building in peace.

Long-live the Republic! Long-live Cameroon!

 

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