Parlement panafricain: Continuité et consolidation

La sixième session récemment ouverte a enregistré la réélection de son Président Roger Nkodo Dang et l’adhésion du Maroc.

Les représentants marocains prêtant serment devant le Président réélu.

La vraie fausse inconnue de la sixième session du parlement panafricain était l’élection du président de l’institution. Habituée du jeu démocratique, la représentation continentale n’a pas renoncé à sa tradition. Au terme du scrutin moyennement couru, le président sortant Roger Nkodo Dang en sort vainqueur avec 133 voix devant le zimbabwéen Chief Fortune Charumbira 47 voix et l’égyptien Mostafa El Gendy 44 voix. Une issue louable pour l’élu qui n’a pas manqué d’en faire l’éloge «j’espère que ceci est une leçon pour les Africains à travers le continent.

Les processus démocratiques doivent être adoptés et appréciés. Les parlementaires de l’ensemble du continent présents ici ont voté librement et c’est un signe que nous sommes sur la bonne voie pour embrasser les processus démocratiques à travers la tenue des élections. Que cela ne finisse pas ici, mais que ce soit une pratique et une culture continentale», a dit Nkodo Dang qui a par la suite appelé les Africains à l’unité «pour réaliser des lendemains meilleurs et ramené de l’espoir sur le continent».

Les autres membres du bureau sont Stephen Julius Masele de la Tanzanie (Afrique de l’Est), Haïdara Aichata Cissé du Mali (Afrique de l’Ouest) et Bouras Djamal de l’Algérie (Afrique du Nord) en tant que premier, deuxième et troisième vice-présidents respectivement.  La région de l’Afrique australe n’a pas de vice-président car le caucus (délégation régionale) n’a pas encore nommé de candidat. Une nouvelle élection pour l’Afrique australe devrait se tenir et désignera par le fait même le 4ème vice-président.
Le bureau du parlement panafricain sera donc renouvelé à 80%.

Cette tendance sera globalement confirmée par la nouvelle ossature de l’institution. Vipya Harawa, le greffier du Parlement, a assuré que le pourcentage de renouvellement oscillerait entre les 70 et 75%. Et il prédit de l’animation pour ces trois prochaines années. En effet, on pourrait le confirmer lorsqu’on constate l’arrivée dans cette institution des personnalités telles que Julius Malema et Mandlesizwe Mandela.

Ces députés sud-africains sont connus pour leur caractère bien trempé et sont le visage de la vitalité du parlement de la Nation arc en ciel. Plusieurs pays ont opéré un véritable turn over de leurs représentants. Une volonté de dynamiser le parlement? Ce qui est certain c’est que l’exaspération s’était emparée d’une bonne frange de parlementaires lors de la récente session. Ce fut le cas de Corneille Padonou du Bénin.

Ce dernier s’offusquait de ce que, «à chaque fois qu’on est ici, on s’agite sur la même préoccupation. Si on ne peut pas légiférer, ce n’est pas la peine d’être là». Floyd Shivambu, député sud-africain, avait, lui, assené : «il n’y a rien qui mérite d’être salué à propos du Parlement dans sa forme actuelle. Par définition, un parlement est supposé être un organe législatif. Mais ce forum n’est pas un parlement, c’est simplement une plateforme de discussion qui n’a pas de pouvoir législatif. C’est de l’argent et du temps perdus».

De toute évidence, le président réélu qui connait bien ce dossier devra batailler afin de donner une nouvelle dimension au plaidoyer pour lui faire franchir un nouveau cap. Et c’est précisément des ratifications et du dépôt des instruments dont il est question. Inciter les Etats à cela est un travail de l’ensemble des parlementaires qui en sont justement les doubles représentants.

Adhésion

La 6ème session est également celle de l’arrivée du Maroc au parlement panafricain. Parachevant son adhésion aux institutions panafricaines, le royaume chérifien a désigné 5 représentants au parlement panafricain. Ils ont prêté serment en bonne et due forme lors de la plénière à Midrand (Afrique du Sud).

Issu de la majorité au pouvoir et de l’opposition, le contingent des parlementaires marocains se compose de Noureddine Karbal, élu casablancais du PJD, Meryem Ouahssata, parlementaire du PAM élue sur la liste nationale, Abdellatif Abdouh, figure de l’Istiqlal à Marrakech, Mohamed Zekrani de l’Union constitutionnelle (UC) et Yhafdah Ben Mbarek, membre de la chambre des Conseillers élu sous les couleurs du Mouvement populaire.

 

Commission de la Cemac : Le collège des commissaires fait le point à Douala

Ils ont passé en revue les dossiers brulants de l’institution communautaire le 9 mai 2018 dans la capitale économique sous la présidence du Pr. Daniel Ona Ondo.

 

Depuis leur prise de fonction, le Pr. Daniel Ona Ondo et son équipe sont à pied d’œuvre. En effet, le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et ses collaborateurs recherchent les meilleures stratégies pour relancer les activités de la Commission après la présentation du programme quinquennal du gouvernement, de leur feuille de route et l’adoption du budget 2018 de l’institution communautaire.

Pendant environ 5 heures d’horloge, ils ont aussi fait le point des activités majeures menées en avril dernier, notamment la réunion des ministres de la Zone-Franc à Brazzaville, les réunions du Printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington et celle du COPEL-PIR avec l’Union Européenne à Bruxelles.

Les commissaires ont également examiné les suites à donner aux principales recommandations issues de ces importantes assises. Sur le plan économique, ils ont constaté l’amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques de la zone Cemac, bien que la situation demeure encore fragile. Dans la même veine, les Républiques du Congo et de la Guinée Equatoriale sont encouragées à conclure rapidement des programmes de reformes économiques avec le FMI tel que voulu par les chefs de l’Etat de la Cemac.

En adoptant la politique de l’austérité budgétaire ,compte tenu de la situation économique assez difficile dans la sous région( budget 2018 de la Cemac, chiffré en recettes et en dépenses à soixante dix neuf milliards neuf cent soixante douze millions cent treize mille (79.972.113.000) FCFA, soit une baisse de 30, 44% par rapport à l’année précédente), l’équipe dirigeante de la Cemac table surtout sur les priorités.

Bien que connues, celles-ci se heurtent à des difficultés structurelles et conjoncturelles. «Quand on parle de priorités, on connait nos priorités, mais il faut aussi un peu revoir la situation financière. Où est ce qu’on en est, surtout avec la contribution de nos Etats membres dans la TCI?». Voilà la grosse interrogation de Fatima Haram Acyl, vice-présidente de la Commission de la Cemac. Au-delà, le collège des commissaires croit que l’installation de la Cours de justice de la Cemac et la bonne gouvernance sont primordiales. «Quand on parle de bonne gouvernance, on parle de séparation des fonctions. Il faut par exemple avoir des comptables pour la Commission», pense la vice-présidente.

Didier Ndengue

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