Parcs nationaux : nids de braconnage et de terrorisme

En Afrique centrale, plusieurs parcs nationaux sont devenus des abris pour terroristes. Ces réserves de biosphère sont transformées en repaires de bandits et autres adeptes des causes extrémistes à la recherche de locaux difficiles d’accès, et offrant des subsides. En guise d’exemple, on peut évoquer les parcs nationaux de Waza au Cameroun (1 700 km2), d’Andre-Félix (12 500 km2) et de Saint-Floris (17 400 km2) en Centrafrique.

Situées parfois dans des régions très excentrées et insuffisamment protégées au moment de leur prise, ces vastes étendues de terre, de flore et de faune, jadis de véritables paradis pour les amateurs de safaris, tiennent parfois lieu de centres d’opérations des nébuleuses terroristes.

Situation
Si le parc de Waza au Cameroun est aujourd’hui fortement protégé par un commando d’élite de l’armée appelé Bataillon d’intervention rapide (Bir), il n’en a pas toujours été le cas. Convoité par les hordes de Boko Haram qui ont, à plusieurs reprises, pris en otage des ingénieurs civils et touristes dans la localité, le parc de Waza est passé de lieu d’attraction touristique à zone de guerre fortifiée.

Les parcs centrafricains André-Félix et Saint-Floris subissent la loi des milices, qui profitent de l’insuffisante implantation des forces de l’ordre sur l’étendue du territoire. Le parc André Felix est situé dans l’extrême nord-est du pays, et est contigu au parc national soudanais de Radom. Il est surtout occupé par les Djandjawids du Darfour qui y pratiquent le braconnage à grande échelle et y ont constitué des bases arrière pour leurs rezzous en Centrafrique. Les trafics d’armes, de diamants et de faune se font en toute impunité des deux côtés d’une frontière désormais inexistante.

Le parc Manovo-Gounda-Saint Floris est frontalier du Tchad. Il est situé dans le nord-est du pays, dans le Bamingui-Bangoran, près de Ndele. Cette réserve de biosphère exceptionnelle, patrimoine de l’UNESCO, a été décimée par les braconniers soudanais et exploitée par les combattants Rounga du FPRC qui en ont fait leur fief du Dar-el-Kouti.

 

Zacharie Roger Mbarga

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