Paradis fiscal : L’île Maurice au banc des accusés

Le pays est devenu un pipeline pour l’évasion fiscale !

Avec une fiscalité très avantageuse (entre 0 et 15 % d’imposition) pour les entreprises domiciliées sur son territoire, son secret bancaire et les conventions de non double imposition, l’île Maurice a contribué au détournement fiscal dans plusieurs pays africains et occidentaux. La mèche est vendue par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) qui publie près de 200 000 documents. Ces derniers révèlent la contribution du cadre fiscal mauricien dans le détournement de recettes fiscales de 45 pays, dont 15 pays africains, entre 1990 et 2017. Il s’agit principalement des États liés par des conventions fiscales avec l’île Maurice. Le Sénégal, la Tunisie, l’Afrique du Sud et le Rwanda font partie des quinze pays africains signataires de ces traités, accusés de déposséder ces mêmes États d’importantes recettes fiscales.

Comme l’indique Jeune Afrique sur son site internet, les conventions bilatérales avaient pour but de favoriser l’investissement international. Elles permettent aux entreprises domiciliées à l’île Maurice de ne payer aux États signataires qu’un faible taux d’imposition sur leurs profits réalisés dans ces pays, puis de régler le reste de leurs impôts au fisc mauricien. C’est pourquoi l’impôt sur les sociétés est extrêmement bas, voire inexistant. Elles peuvent par la suite, grâce à d’autres conventions fiscales, rapatrier leurs profits vers leurs sièges sociaux et leurs actionnaires.

Manque à gagner
Le problème est préoccupant sur le continent. Le thème de l’année 2018 à l’UA était la lutte contre les flux financiers illicites. Le rapport Thabo Mbeki indiquait déjà que l’optimisation et l’évasion fiscales causent chaque année à l’Afrique des pertes estimées à 50 milliards de dollars. Avec un PIB de 14,22 milliards de dollars en 2018 (selon la Banque mondiale), Maurice accueillerait dans ses multiples services financiers et fiscaux 630 milliards de dollars d’actifs issus de firmes étrangères (d’après les estimations de l’ICIJ), et suivant l’OCDE.

Zacharie Roger Mbarga

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