Paix et sécurité: Bangui se prépare au relèvement

Dans son entretien à la chaine de télévision panafricaine Afrique Media, le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra revient sur les défis du moment de son pays, ainsi que les changements positifs ayant déjà commencé à être observés.

Deux ans jour pour jour après son accession à la magistrature suprême, Faustin-Archange Touadéra a confié en exclusivité à Afrique Media, les secrets d’un retour imminent de la paix en Centrafrique, notamment avec le soutien de la Russie, plus que jamais engagée aux côtés des Forces armées centrafricaines (Faca). Mais la paix et la sécurité ne sont pas les seuls domaines d’interaction de la coopération riche et profonde entre Russie et la RCA, a prévenu le président Touadéra.

Le président centrafricain vient de fermer le 2e chapitre de son mandat à la tête du pays, il ouvre à présent le 3e, sous le regard et le soutien bienveillant de ceux qui aspirent à une paix véritable en RCA, aux côtés des Centrafricains. Pour marquer cette transition, le président a commencé ses propos en dressant un bilan de ces deux premières années passées à la tête du pays. Dans l’interview de 42 min, avec Afrique Media, il exprime très clairement qu’il veut atteindre l’objectif zéro mort en RCA; il salue l’amélioration sécuritaire dans le pays, insiste sur une profonde restructuration de l’armée, et prône le dialogue inclusif avec les milices et autres groupes.

Armée de garnison

Conscient de ce que «le pays a traversé et traverse encore des moments difficiles»; le chef d’Etat centrafricain annonce ipso facto la restructuration de l’armée, la mise en place, dans un avenir proche, d’une armée de garnison, avec des troupes qui seront positionnées un peu partout dans les régions du pays, principalement dans des zones proches des grands foyers de tensions.

L’objectif étant de rapprocher les forces armées des différents théâtres d’opérations pour que leur déploiement soit plus rapide et plus efficient. Faustin-Archange Touadéra affirme qu’avant «les gens étaient basés au Camp Kasaï, et étaient projetés dans des évènements. Compte tenu de la situation, une armée de garnison liée à des zones militaires, à identifier, s’impose», déclare le chef d’Etat.

Pour y parvenir, le président Touadéra, peut t compter sur la Fédération de Russie, «un partenaire stratégique» désormais, selon lui, déterminé à conduire la RCA vers le chemin de la paix. Il salue l’engagement des Russes qui le soutiennent gracieusement depuis décembre 2017 avec les efforts fournis aux Nations unies pour la levée partielle de l’embargo sur les armes; et avec leur ferme volonté d’équiper, d’entrainer et de former les Faca au maniement des armes russes.

Au cours de cet entretien, le président centrafricain, a affirmé que les derniers échanges au niveau du Conseil de sécurité de l’Onu, avec en tête la Russie, faisaient état du fait qu’il faudrait que des gens soit bien formés à l’utilisation de ces armes. Pour cela, «nous avons demandé à la Fédération de Russie de nous aider pour la préparation de nos forces à l’utilisation de ces équipements, et nous avons eu une réponse positive de la partie russe, mettant à notre disposition des instructeurs venus de Russie… qui forment les Faca et aujourd’hui les Faca sont prêtes à l’utilisation de ces équipements».

Diversification de la coopération

Selon de nombreux analystes, ces propos du président Touadéra, qui reçoivent chaque jour l’assentiment des populations centrafricaines, démontrent à suffisance que la Russie croit en la bonne étoile de la Centrafrique.

Les populations centrafricaines d’ailleurs voient d’un très bon œil la présence des instructeurs russes à Berengo. Seulement, au-delà du domaine stratégique de la Défense, le président prévient qu’il est favorable à plusieurs autres domaines d’interaction entre la RCA, et d’autres partenaires, des pays amis, et la communauté internationale qui soutiennent le peuple centrafricain.

«Notre souhait c’est de voir élargir cette coopération», a dit le président Touadéra aux journalistes, parlant du partenariat russo-centrafricain qui, selon lui, ne devrait pas seulement se limiter au strict domaine militaro-technique. Il a évoqué le souhait de voir la profonde coopération entre les deux pays s’étendre au niveau minier, à l’éducation, à la formation des cadres centrafricains. «Dans le domaine de l’éducation, dans le domaine des infrastructures notre souhait c’est de voir approfondir la coopération avec la Russie», a déclaré le président.

 

Vanessa Ngadikwa, correspondance particulière

 

Afrique centrale

Les petits pas de l’intégration numérique

Aidée par la Banque mondiale, la sous-région tisse progressivement son réseau de fibre optique.

 

La première phase du projet de dorsale à fibre optique en Afrique centrale, encore appelé Central African Backbone (CAB) s’est achevée le 6 avril 2018. Ce jour-là dans la ville frontalière de Lekoko, le Gabon et le Congo ont procédé à l’interconnexion de leurs réseaux terrestres de fibres optiques longs de 504 km pour la partie congolaise et 1100 km pour la partie gabonaise.

«Les deux pays viennent de franchir une étape décisive dans la réalisation de l’intégration régionale numérique. À terme, cela permettra de diversifier leur économie, de créer des emplois et de démocratiser l’utilisation des technologies et services de l’information et de la communication dans la sous-région», souligne Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Gabon, l’Angola, la Guinée Équatoriale et Sao Tomé & Principe et responsable du Programme d’intégration régionale de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale.

Initié en avril 2007 par les pays de la Cemac, le projet CAB vise à augmenter la capacité de liaison numérique entre les 11 pays de la Communauté. La Banque mondiale a financé les principales étapes de ce programme au Cameroun, au Tchad et Centrafrique (CAB1), Sao Tomé-et-Principe (CAB2), République du Congo (CAB3), Gabon (CAB4) et République démocratique du Congo (CAB5). D’ici 2020, le projet CAB entend s’élargir à d’autres pays de la sous-région. Il prévoit de raccorder le réseau du Congo à celui du Cameroun et de la Centrafrique d’une part, et le réseau du Gabon, à celui du Cameroun et de la Guinée Équatoriale d’autre part.

Bobo Ousmanou

 

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