Opération de sauvetage : le Minpostel porte les cris de la Campost

Par sa voix, Mme Minette Libom Li Likeng plaide implicitement pour l’entreprise publique en proie aux difficultés depuis des lustres.

La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng

« Cérémonie de lancement de l’opération de recouvrement des droits d’entrée des opérateurs privés de la messagerie au Cameroun ». Le libellé de la rencontre qui se tient à Yaoundé ce 18 avril 2019 est clair. Et comme pour mieux convaincre l’assistance,  Minette Libom Li Likeng se sert d’éléments de langage plus explicites. « L’opération de recouvrement des créances de la redevance postale dans toutes les régions du Cameroun rentre dans le cadre de la régulation du secteur postal et consacre l’engagement de l’État à en faire un outil majeur d’inclusion financière numérique », souligne la ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel). Sur le fil, l’offre de débat n’est pas communicante, même si, in fine, elle vise à  réveiller l’enthousiasme des opérateurs privés de messagerie à être en règle.

« Plaidoyer »

Mais au-delà de ces légitimes raisons directes de cette sortie de Minette Libom Li Likeng, une autre, plus profondément enfouie, explique tout aussi justement son discours. Il s’agit du sauvetage de la Campost (Cameroon Postal Services). Le 11 janvier 2019 à Yaoundé, lors de son conseil d’administration, cette entreprise publique présentait d’elle-même le visage d’un canari dans une mine menacée de s’écrouler. Suzanne Thérisia Béatrice Onana, présidente du conseil d’administration (PCA) rapportait alors que « la Campost dégage une légère baisse par rapport aux objectifs fixés, du fait principalement de la forte concurrence sur le marché postal qui demeure insuffisamment régulé au détriment de la Campost ». A la même occasion, la PCA avait d’ailleurs sollicité la Minpostel pour favoriser l’augmentation des parts de marché et du chiffre d’affaires de la Campost. Le plan de sauvetage de qu’elle suggérait alors ne cachait rien des efforts à accomplir par la tutelle: la régulation du marché local infesté de plus de 220 opérateurs privés hors-la-loi recensés en 2016 par les pouvoirs publics. Depuis novembre 2018, ceux-ci se sont engagés à soutenir la Campost à hauteur de 22, 87 milliards FCFA, afin de permettre à l’entreprise d’atteindre l’équilibre d’ici 2021.

Il est à relever qu’en 2004 déjà, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale estimaient qu’il faut concéder les services financiers de la poste camerounaise au secteur privé. En ces temps-là, les deux bailleurs de fonds évaluaient les besoins financiers nécessaires pour relever la Campost à 50 milliards de francs Cfa.

Jean-René Meva’a Amougou

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