Opération de charme : quand la diplomatie s’invite dans l’éducation

Pour drainer le maximum d’étudiants vers leurs pays respectifs, les chefs de la diplomatie canadienne, française, tunisienne et chinoise à Yaoundé travaillent aux côtés des promoteurs d’universités. 

Nathalie O’Neil (au centre) coordonnant  Educ Canada à Yaoundé

Au haut-Commissariat du Canada à Yaoundé, l’on reconnaît l’existence de moments où «les universités transmettent bien mieux les valeurs canadiennes qu’un discours». A la faveur du forum «Edu Canada», ce 16 janvier 2019, la capitale camerounaise vibre au rythme d’une session dédiée à la vulgarisation des établissements universitaires de ce pays d’Amérique du Nord. Si celle-ci vient «d’en bas», elle est surtout entretenue «par le haut» via l’exploitation de divers dispositifs par la représentation diplomatique du Canada au Cameroun.

Dans le staff de cette chancellerie, l’on n’emprunte pas à la pluralité des voix. C’est Nathalie O’Neil elle-même qui est aux avant-postes. Elle montre aux jeunes désireux de poursuivre leurs études supérieures dans son pays quels avantages sont liés à la formalisation de leur ambition. Pour le haut-Commissaire du Canada au Cameroun, «l’éducation et la formation sont les clés de voûte du développement et l’une des priorités de l’aide canadienne au développement».

Ruée
Un discours à la même tonalité est livré côté français. Mme Christelle Nliba Mba, responsable de l’espace Campus France à Yaoundé, montre qu’ «en plus d’apporter la meilleure information aux étudiants et aux élèves pour favoriser les parcours d’excellence, l’objectif est de renforcer les liens de coopération existants entre les établissements d’enseignement supérieur français et camerounais dans une optique de complémentarité des deux systèmes». Pour tout couronner, deux institutions s’y impliquent: l’ambassade de France et l’Institut français du Cameroun.

Le pays est aussi exploré par d’autres. De temps en temps, Tunisiens et Chinois se bousculent devant les nouveaux bacheliers. Pour Jalel Snoussi, ambassadeur de Tunisie au Cameroun, «le faible coût des études et les bons résultats des universités tunisiennes sont les facteurs d’attraction clefs de l’opération de charme au Cameroun».

À écouter Wang Yingwu, ambassadeur de Chine au Cameroun, «deux facteurs principaux viennent expliquer la ruée vers d’autres pays du Sud. La première, ce sont les bons résultats des établissements chinois dans les classements universitaires internationaux. La seconde, ce sont les tarifs extrêmement avantageux pratiqués par ces établissements».

 

Jean-René Meva’a Amougou

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