Nord-Ouest et Sud-Ouest : Début d’année heurté des populations

De l’avis des habitants de ces régions, différents indicateurs attestent de ce que la crise sécuritaire pourrait changer d’échelle courant 2021.

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Alors que l’on misait sur un début d’année synonyme d’accalmie dans les villes et villages des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), voilà que le 6 janvier dernier, l’illusion est vite devenue trompeuse. Ce jour-là, quatre militaires et une journaliste ont été tués suite à l’explosion d’un engin improvisé posé sur le chemin du cortège du préfet du département de la Momo. Deux jours plus tard, au poste de contrôle mixte de Matazen (frontière entre les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest), 2 gendarmes, 1 policier et 2 civils ont été abattus au cours d’une attaque officiellement attribuée aux activistes séparatistes. Ces derniers ont fait tonner les armes dans le département de la Menchum, ôtant la vie à 2 civils. À Mbingo (département du Boyo), un conducteur de moto-taxi a également été tué.

Interprétant ces actualités, les populations dénoncent un péril sécuritaire toujours présent et lancent un avis de mauvais temps dans le NOSO en 2021. «J’entrevois des combats plus sérieux entre les combattants séparatistes et les forces de défense et de sécurité», prédit Ignatius Nji, citoyen résidant à Bamenda. De son côté, Daniel B. montre que, jusqu’ici, les dispositifs militaires mis en place côte à côte par le gouvernement et les sécessionnistes ont un impact marginal sur la sécurité des populations locales. Cet habitant de Buea (Sud-Ouest) oppose la vitesse de réaction des soldats du Bataillon d’intervention rapide (BIR) à la bruyance des milices armées. «Les séparatistes et les forces de l’ordre ont perdu le sens de protection des civils dans certaines zones. En fait, c’est toujours le règne de la terreur», explique-t-il.

Moins pessimiste, John Fung estime que la situation reste toutefois moins préoccupante qu’auparavant. «2021 sera une année plus calme que l’année dernière». Il fonde son optimisme sur «le processus de déradicalisation des séparatistes couplé à l’appel incessant du chef de l’État à déposer les armes et à rejoindre les centres DDR». Bien plus, John Fung évoque que «l’implémentation effective des instruments et structures du statut spécial va de plus en plus construire la confiance entre la population et accroître la paix durable». Et de conclure : «le CHAN organisé dans l’une des régions anglophones ne doit pas être simplifié dans la stimulation de la concorde et l’esprit de l’indivisibilité du Cameroun».

Zéphirin Fotso Kamga

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