Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun : De l’efficience à la résilience pour l’aide humanitaire

C’est le nouveau schéma de l’action coordonnée du Gouvernement et du système des Nations unies dans les régions anglophones du pays.

Allegra Maria Del Pilar Baiocchi

Ces dernières semaines dans la partie anglophone du Cameroun, une longue suite de situations difficiles et complexes montre les limites des organismes humanitaires internationaux en matière de prévisibilité, de coordination et d’efficacité. Aussi, en sa double qualité de coordonnateur résident des Nations unies et coordonnateur humanitaire au Cameroun, Allegra Maria Del Pilar Baiocchi se félicite des réflexions régissant les interactions des acteurs sur le terrain.

Ce 4 juillet 2019 à l’immeuble Étoile à Yaoundé, celles-ci sont menées avec le Premier ministre, les représentants du Gouvernement camerounais, les chefs de mission diplomatiques et le personnel humanitaire. « Je me félicite de la création des centres de coordination à Buea et Bamenda sous la tutelle de la protection civile nationale. Il incombe à ces centres de remplir leur rôle de soutien et de facilitation de l’action humanitaire. Les informations faisant état de retards dans l’acheminement de l’aide humanitaire m’ont préoccupée. J’ai insisté auprès du Gouvernement sur la nécessité de veiller à ce que ces centres reçoivent les pouvoirs nécessaires afin de servir de point d’entrée unique pour le partage de l’information et la coordination », déclare Allegra Maria Del Pilar Baiocchi au terme de la rencontre.

Pour la fonctionnaire onusienne, la priorité absolue pour les Nations unies et la communauté humanitaire opérant dans le pays est de veiller pour que protection et assistance soient fournies aux personnes dans le besoin, sans distinction d’identité ou du lieu de résidence. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, la priorité immédiate est d’atteindre les populations des communautés rurales coupées des services de base. « Cela ne peut se faire sans le respect et l’acceptation de notre travail », mentionne Allegra Maria Del Pilar Baiocchi.

Dans son récent rapport, publié fin mai, le Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (Unoca) observe qu’au Cameroun, les besoins humanitaires ont fortement augmenté au premier trimestre de l’année 2019. Pour la même période, indique l’Unoca, plus de 530 000 personnes ont été déplacées dans les deux régions anglophones du Cameroun et dans les régions du Littoral et de l’Ouest, et 35 858 personnes ont cherché asile au Nigéria.

Alors que ce conflit a déjà fait 1 850 morts en 20 mois de combats, selon un récent rapport d’International Crisis Group, la faible implication des acteurs internationaux fait craindre un pourrissement de la situation humanitaire. Dans la prospective, l’organisme onusien prévoit que le nombre de personnes qui auront besoin d’une aide humanitaire au Cameroun en 2019 s’élèvera à environ 4,3 millions, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2018. La réunion avec les autres parties impliquées devrait impacter sur la qualité des prestations des uns et des autres sur le terrain pour identifier de possibles améliorations.

Jean-René Meva’a Amougou

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