Nord-Ouest : Sale temps pour les fonctionnaires absentéistes

Beaucoup craignent de subir le même sort qu’une centaine d’autres, suspendus, de solde sur dénonciation du gouverneur Adolphe Lele L’Afrique.

Depuis peu, des échos de grincements de dents sont perceptibles parmi les agents publics de la région du Nord-Ouest. Quelques-uns s’étranglent de découvrir que leur solde a été charcutée. D’autres n’y comprennent pas grand-chose. Parmi les grincheux, il y a des enseignants. S. Tankwi, professeur des lycées, a vu son salaire amputé de 70 000FCFA à la fin du mois dernier. «Lorsque je me suis présenté à la banque pour obtenir mon salaire, raconte-t-il, le guichet automatique n’a pas pu débloquer le montant que j’avais demandé. Lorsque je me suis plaint au directeur, on m’a remis un reçu indiquant que je devais 300 000FCFA au gouvernement et l’argent sera prélevé mensuellement». «J’ai seulement été informé à la banque que je devais au gouvernement un million FCFA. Ces cinquante-mille seront déduits de mon compte chaque mois pour rembourser ce prêt. Quelque chose ne va pas quelque part», relate une enseignante ayant requis l’anonymat.

Avis
«J’ai signé une décision suspendant les salaires des fonctionnaires qui ont abandonné leurs fonctions. Je suis conscient que la sécurité est un problème, mais les fonctionnaires devraient demander l’aide de la hiérarchie afin de continuer à s’acquitter de leurs fonctions». Ainsi s’exprimait Adolphe Lele l’Afrique au cours de la récente réunion de sécurité à Bamenda, le 30 juillet 2020. Le gouverneur de la région du Nord-Ouest a dit être parti du constat que «la majorité des fonctionnaires de la région touchée par le conflit ont abandonné leur travail et ont fui vers d’autres villes en raison de batailles et d’enlèvements ciblés de fonctionnaires». D’après une évaluation faite par l’autorité administrative, hormis Bamenda et Nkambe, plusieurs administrations publiques (écoles, tribunaux, hôpitaux…) de la région sont restées fermées et les travailleurs se sont réfugiés dans d’autres villes jugées plus sereines. Toutefois, ils étaient pris en charge financièrement par le gouvernement. Pour l’instant, aucune liste officielle de ceux dont les salaires ont été suspendus n’a été publiée.

Bobo Ousmanou

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