Noix de cajou : les sillons de la valorisation de la filière en Afrique

Les experts des différents pays membres du Conseil international consultatif du cajou (CICC) ont accordé leurs violons le 20 décembre 2021 à Yaoundé pour l’expansion de cette culture.

 

Le Cameroun s’est vu honorer d’abriter la 4ème session du Conseil international consultatif du Cajou (CICC). Cette institution regroupe en son sein une dizaine de pays à savoir le Benin, la Côte-D’ivoire, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, le Nigéria, le Mali, le Sénégal, Ghana, la Guinée, Togo, et le Mozambique comme pays observateur. Et le siège se trouve en Côte-D’ivoire. Les experts venus de ces pays, ont conjugué leurs efforts pour le développement de la filière anacarde. Cette filière connait déjà un essor remarquable en Afrique du fait de la simplicité de sa culture d’une part et de la faiblesse des coûts de production qu’elle nécessite d’autre part.

 

«Le développement de cette culture est une très bonne alternative à la diversification et à l’amélioration des revenus agricoles. L’anacarde contribue considérablement au développement économique des pays producteurs, et à la préservation de l’environnement», explique Gabriel Mbaïrobe, ministre camerounais  de l’Agriculture et Développement rural (Minader).  Et il poursuit : «corrélativement, l’entrée des devises liée à l’exportation de la noix de cajou pourrait également participer à la nette amélioration du solde de la balance desdits pays».

 

Expansion

L’anacarde fait son entrée au Cameroun, pour des raisons liées à l’environnement. Pour éviter l’avancée du désert dans la partie septentrionale du pays, l’anacardier a été introduit comme plan de reboisement en raison de ces bénéfices sur le plan environnemental. C’est ainsi que plusieurs hectares d’anacardiers ont été plantés au Cameroun dès 1975.

 

50 années plus tard, le pays reste toujours un producteur modeste, et la filière encore embryonnaire. «Pourtant, cette dernière offre des perspectives de développement  important, de potentiel de production, et de nombre de marchés de  consommation  assez attractives. L’enthousiasme et l’engouement des producteurs sont perceptibles.  À travers ses produits phares que sont la noix de cajou exporté en priorité, la pomme de cajou consommée directement ou transformée à jour, confiture, liqueur, alcool, la filière cajou est une nouvelle niche de croissance, de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté», fait savoir le Minader.

 

Ainsi, la filière du cajou est une «niche de croissance qui permet de booster l’économie agricole, et d’apporter des revenus additionnels aux producteurs. Le gouvernement s’est doté en 2018 avec l’appui de ses partenaires techniques dont la GIZ, d’une stratégie nationale de développement de la chaîne de valeur de la filière anacarde d’une part, et d’autre part d’un projet de développement de la filière cajou en abrégé PADF-Cajou en février 2020.

L’objectif de cette stratégie est que d’ici 2023, le Cameroun soit visible sur le marché international du cajou, avec une production annuelle de 8000 tonnes de cajou de bonne qualité. Pour atteindre cet objectif un budget de 1 milliard FCFA par an est financé pour les plans anacardiers et alloué à l’Agence nationale d’Appui au développement forestier et à la Sodecoton qui encadrent les paysans», a  encore laissé entendre Gabriel Mbaïrobé.

 

Olivier Mbessité

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