Nkozoa : Dérives éveillées autour de 15 ha de terrain

Contre Antoine-Félix Samba, un pilonnage très calibré a été orchestré par les ayants droit d’un locataire foncier. Enquête.

Les pompiers parlent en général de «plusieurs départs de feu». Il suffit d’un peu de vent pour attiser les braises éparpillées et déclencher l’incendie. Par cette métaphore, on peut lire une affaire: celle qui a cours à Nkozoa (arrondissement de Soa, département de la Mefou-et-Afamba) et qui a à son centre Antoine-Félix Samba. Pour avoir gardé un œil sur les intérêts de ses oncles maternels, l’ancien directeur général du Budget au ministère des Finances est l’objet d’un dénigrement buté.

Les faits
De quoi s’agit-il au fond? Pour répondre à cette interrogation, une source au ministère du Cadastre et des Affaires foncières parle d’«une affaire ubuesque opposant quelques autochtones de Nkozoa aux ayants droit de feu Jacques Kam sur 15 hectares de terrain». Selon nos informations, les faits remontent à une quinzaine d’années. Au commencement était un deal de location de ladite parcelle. Auprès d’un notable (Etoundi), feu Jacques Kam avait sollicité et obtenu le droit d’y installer une ferme avicole. «Nous sommes des propriétaires réguliers de ce terrain, parce que nous en détenons les titres fonciers. Sachant que la caractéristique première d’un titre foncier. Je suis victime d’un braquage foncier devant lequel il est tout à fait regrettable que les autorités en place, connaissant la vérité et le droit, se refusent de crier au scandale», explique Samuel Sadja Kam.

De son côté, Me Opono Tsala, avocat d’Antoine-Félix Samba, soutient: «Ce terrain appartient aux Etoudi, plus précisément à la famille Mvog-Ekalla des Etoudi. Antoine Felix Samba est comme moi, il a des souches ici. Sa mère est de la famille, il ne sort pas de nulle part. Il s’est joint à moi afin de mener le bon combat pour récupérer nos terres». L’avocat ajoute: «à ma connaissance, il n’y a pas un titre foncier légal sur ce terrain. Je sais que les deux dossiers d’immatriculation que j’ai engagés doivent aboutir parce que nous exploitons ce terrain conformément à l’article 9 du décret du 27 avril 1976, qui régit les conditions de délivrance du titre foncier», précise-t-il. En attendant, les populations qui ont acquis des terrains sur cette parcelle se disent flouées et espèrent la résolution du conflit qui s’est très vite transporté dans les tribunaux.

Pour court-circuiter la légalité, les ayants droit de Jacques Kam ont fait établir des titres fonciers. Sauf que, observe-t-on au Mincaf, lesdits documents portent la mention «département du Mfoundi», en lieu et place de «département de la Mefou-et-Afamba». Depuis, les Kam ont fait migrer une affaire de droit vers une pièce de théâtre, plus proche du drame que de la comédie. Sur la base d’informations concordantes, elle est surtout une affaire dans laquelle les Kam font pleuvoir des bonus et des logiques d’influence. N’ayant pas encore été notifiés, ils en profitent pour introduire une requête avec ces titres annulés, en trompant la vigilance du tribunal pour demander la suspension des effets du titre du nouveau propriétaire. À ce dernier, l’un des ayants droit, du nom de Luc Akono, aura, entre temps, régulièrement cédé le terrain.

Il y a peu, quelques gros bras, probablement recrutés au quartier Briqueterie (Yaoundé II), sont descendus sur le site querellé pour y dire leur ras-le-bol. Dans leurs clameurs, l’on a plusieurs fois entendu le nom d’Antoine-Félix Samba. Pire, celui de Chantal Biya est également lézardé. Seule raison: tout comme Antoine-Félix Samba, l’épouse du chef de l’État est originaire de la Haute-Sanaga.

Jean-René Meva’a Amougou

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