Nicoletta Mariolini : une flûte enchantée pour le vivre-ensemble

Durant son séjour au Cameroun, la semaine dernière, la déléguée fédérale suisse au plurilinguisme a vanté les vertus de la cohabitation dans la diversité.

«La Suisse est un pays aussi qui sait mener des actions concrètes et utiles, avec modestie mais avec détermination, qui y parvient par son impartialité, par le travail et par le dialogue. Un pays qui apporte de l’eau à ceux qui ont soif, quel que soit leur camp», dit Nicoletta Mariolini.

Nicoletta Mariolini a terminé, la semaine dernière, une visite officielle de travail au Cameroun. Officiellement, la déléguée fédérale suisse au plurilinguisme était l’invitée  de la Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPB) du Cameroun. Au centre des échanges entre les responsables de cette instance, les possibles domaines de coopération devant permettre de relever le défi de renforcement de la cohésion nationale et la promotion du vivre ensemble entre les différentes communautés culturelles et linguistiques du Cameroun.

De sources dignes de foi, Nicoletta Mariolini a, au cours de ses rencontres avec quelques hautes autorités camerounaises, marqué sa volonté de rester suisse, c’est-à-dire neutre tout en gardant la haute main sur le prestige de son pays. Les mêmes sources révèlent que les implications de la crise anglophone sur plusieurs échelles n’ont nullement permis à l’hôte du Cameroun de réfléchir à ce que la Suisse escompte tirer en terme d’influence. «La Suisse est un pays aussi qui sait mener des actions concrètes et utiles, avec modestie mais avec détermination, qui y parvient par son impartialité, par le travail et par le dialogue. Un pays qui apporte de l’eau à ceux qui ont soif, quel que soit leur camp», dit Nicoletta Mariolini.

«La Suisse est un pays aussi qui sait mener des actions concrètes et utiles, avec modestie mais avec détermination, qui y parvient par son impartialité, par le travail et par le dialogue. Un pays qui apporte de l’eau à ceux qui ont soif, quel que soit leur camp», dit Nicoletta Mariolini.

De ce fait, apprend-on, la déléguée fédérale suisse au plurilinguisme est venue écouter sans imposer des solutions tranchantes et péremptoires.

«Un meilleur futur n’est possible que si le Cameroun se débarrasse des facteurs de division». Durant son séjour à Yaoundé, Nicoletta Mariolini a repris et actualisé cette phrase. Une posture qui a trahi la thématique sans cesse reformulée de la modération, du «bon sens», qui devrait conduire les Camerounais à «dépassionner» le débat politique, à œuvrer à la «décrispation» de la vie politique, à promouvoir une «cohabitation raisonnable» entre majorité et opposition ou encore à prôner la «tolérance».

Au cours d’une conférence à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) sur le thème «Vivre ensemble : langue, culture et décentralisation Dialogue entre le Cameroun et la Suisse», la Suisse en a profité pour donner sa vision du  multiculturalisme. Selon elle, le projet multiculturaliste n’insinue pas que les individus n’ont pas d’existence hors de leur communauté de «référence» laquelle comporte toujours une dimension qui est largement mythifiée. Il ne consiste pas non plus à renvoyer les individus à une communauté culturelle ou religieuse, hypothétique ou réelle. «C’est une question d’acceptation de la diversité. Or la question de la diversité des cultures a pour enjeu l’intégration ; parce que la diversité linguistique et culturelle est constitutive du Cameroun ; cela pose la question de la nationalité différemment. C’est un appel à créer, ça invite à penser le futur de son pays, plutôt que s’accrocher à son passé», a-t-elle martelé.

Jean-René Meva’a Amougou

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