Nelson Mandela : Icône ou cosmétique pour l’Afrique ?

A jamais, Nelson Mandela sera synonyme de paix, tolérance, pardon, compassion et dignité humaine. Des valeurs qui ont été magnifiées le 18 juillet dernier à l’occasion de ce qui aurait été le 101ème anniversaire du premier Chef d’Etat noir sud africain. L’organisation des Nations unies (Onu) a récemment institué le 18 juillet comme journée internationale de Nelson Mandela pour la liberté, la justice et la démocratie. Une gratification universelle de sa lutte contre le racisme et l’apartheid.

 

Appropriation questionnable
Désormais héritage universel, Nelson Mandela semble moins inspiré le continent. Le leadership politique du continent est ouvert de moins en moins au dialogue et à la tolérance. L’Afrique est un continent jonché de crises sociopolitiques conséquentes au manque de dialogue et de tolérance. Le leadership politique s’accommode très peu à la logique de bilan, de mandat et de missions.

Après un seul bail de cinq ans, le premier président noir d’Afrique du Sud renonce à la charge suprême. Un geste d’une grandeur politique certaine qui n’était en aucun cas un renoncement. Investi d’une mission, il venait de fonder l’Afrique du Sud de l’avenir grâce à une politique de réconciliation nationale qui donna naissance à la nation arc en ciel. Pour structurer tout cela, il confia la politique de black empowerment à Cyril Ramaphosa à l’époque Secrétaire général de l’ANC et aujourd’hui président de la République. Cette politique permit de créer une élite économique noire en lui permettant d’entrer dans le capital des entreprises publiques et même d’exceller dans le secteur privé.

Y a-t-il meilleure illustration pour démontrer que Mandela n’avait peur de sa succession? L’un de ses héritages en Afrique du Sud, c’est d’avoir formé des hommes. Et de son vivant, il a eu la possibilité de les couvrir de ses conseils même après son retrait. Pour une certaine élite africaine, l’évocation de la succession du leader est un répréhensible tabou.

Leadership
Dans son combat pour la dignité humaine, Nelson Mandela n’a eu de cesse de rappeler à ses pairs africains la légitime aspiration de tout peuple (noir en priorité) au mieux être. Toutefois, martelait-il, cette quête ne devait se faire aux dépens de personne. Fort de cette conviction, il s’est engagé à faire reconnaitre la cause palestinienne. Homme de paix, on se remémore son action en République démocratique du Congo près du président Mobutu.

C’est le leadership plein d’authenticité qui a permis à maintes reprises de faire exister le continent sur la scène internationale. Son engagement pour des causes fortes et nobles a donné à l’Afrique son originalité. L’Afrique est de moins à moins audible sur des grandes préoccupations mondiales. Sur la cause palestinienne, le continent échoue à s’aligner sur une solution guidée par des valeurs africaines. Le continent se déchire entre solidarité arabe, solidarité de lutte pour l’émancipation et soutien apporté aux «partenaires» israéliens. D’ailleurs, sur le continent, il est rare de voir l’Afrique parler d’une seule voix. Illustration de la dernière élection présidentielle en République Démocratique du Congo. Une véritable gageure ! Un anti-modèle pour les générations futures.

Zacharie Roger Mbarga

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